Justin Trudeau était de passage dans une école primaire publique de Waterloo, en Ontario, lundi.

Trudeau promet plus d’aide pour les parents aux horaires atypiques

WATERLOO — Un gouvernement libéral réélu promet des centaines de milliers de places en services de garde - dont une portion réservée aux parents aux horaires atypiques - et d’en réduire le coût dans toutes les provinces.

De passage dans une école primaire publique de Waterloo, en Ontario, Justin Trudeau n’a pas caché que son initiative vise surtout à compenser pour les compressions du gouvernement Ford dans la province.

«Les gens comme Doug Ford qui disent qu’ils travaillent pour les gens finissent par imposer des compressions en éducation, en santé et dans tellement de services auxquels les Canadiens tiennent», a déclaré M. Trudeau, lundi matin.

«C’est pourquoi nous sommes là pour se tenir debout pour les Canadiens et faire les investissements nécessaires pour aider les familles même si les politiciens conservateurs à travers le pays ne le font pas», a-t-il poursuivi.

AbonnezvousBarometre

Il promet de créer jusqu’à 250 000 places en services de garde pour les enfants en âge scolaire de moins de 10 ans et 10 pour cent de ces places seront réservées pour les enfants de parents qui ne travaillent «pas juste de 9 à 5».

«Nous allons prolonger les heures pour mieux soutenir les parents qui jonglent avec plusieurs emplois ou travaillent tard», a expliqué M. Trudeau.

Un gouvernement libéral réélu compte aussi réduire de dix pour cent les frais de services de garde dans toutes les provinces.

Pour ce faire, les libéraux promettent de mettre sur pied un secrétariat national qui travaillera en collaboration avec les provinces et territoires pour élaborer un système de services de garde pancanadien.

Cette promesse s’inscrit dans le Cadre multilatéral d’apprentissage et de garde des jeunes enfants, qui prévoit un investissement de 7,5 milliards $ pour créer des nouvelles places en services de garde partout au pays.

Le Québec reçoit à l’heure actuelle 88 millions $ par année d’ici 2020 en vertu d’une entente-cadre conclue avec le fédéral et peut dépenser l’argent comme désiré pourvu qu’il aide les familles.

L’entente, qui doit être renouvelée tous les trois ans, devrait continuer de respecter le principe de fédéralisme asymétrique qui guide les négociations entre Québec et Ottawa, indique-t-on du côté des libéraux.

Ils promettent de doubler les sommes versées aux provinces afin d’atteindre leur objectif d’augmenter les places en service de garde à travers le pays.

L’engagement pris lundi représente un investissement d’au moins 535 millions $ de plus chaque année.

Critiques

La promesse libérale dévoilée lundi matin a été critiquée par les autres partis.

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, estime que les électeurs «ne peuvent faire confiance aux belles paroles et aux promesses creuses de Justin Trudeau».

Il a pointé du doigt une récente entrevue du Toronto Star où M. Trudeau a dit que les services de garde sont de responsabilité provinciale.

Le chef conservateur Andrew Scheer estime quant à lui que le gouvernement doit redonner de l’argent dans les poches des parents pour le dépenser selon leurs besoins.

Des explications sur le cas de Guillet

Justin Trudeau admet que son équipe a tenté de trouver une solution pour maintenir la candidature de Hassan Guillet dans Saint-Léonard-Saint-Michel. Elle a finalement été révoquée après que le B’nai Brith eut révélé des déclarations passées jugées «antisémites» du candidat.

«Dans toute situation, on essaie toujours de créer des façons de rassembler les gens et non de les diviser. Mais quand il est devenu évident que les propos étaient inacceptables, il a fallu qu’on lui demande de quitter», a déclaré M. Trudeau, lundi, en marge d’une annonce à Waterloo, en Ontario.

Il y a cependant un flou quant au moment où le PLC a été mis au courant de ces déclarations. M. Trudeau, qui s’exprimait pour la première fois à ce sujet, n’a pas souhaité éclaircir le mystère.

L’organisation B’nai Brith dit avoir porté à l’attention du parti, à la fin du mois d’août, d’anciennes déclarations que M. Guillet aurait faites sur les médias sociaux. Selon le groupe, ces déclarations sont «troublantes, antisémites et anti-israéliennes».

Dans un des commentaires, daté du 8 juillet 2017, et retransmis par le B’nai Brith, M. Guillet salue la libération, «après neuf mois dans une prison de la Palestine occupée», du militant Raed Salah qu’il qualifie de «résistant» et de «djihadiste».

B’nai Brith pointe également du doigt une entrevue donnée par M. Guillet à Radio-Canada International, en espagnol, en décembre 2017, où il commente la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël.

M. Guillet dit dans cette entrevue que le gendre de M. Trump, Jared Kushner, «un juif ultra-orthodoxe et un intégriste, pro-Israël», prône la politique «Israel first».

Le 30 août, le PLC publiait un communiqué de presse pour révoquer la candidature de M. Guillet.

«Si ces déclarations pouvaient être considérées offensantes à certains de mes concitoyens de confession juive, je m’en excuse», a-t-il alors affirmé dans une déclaration qui semblait avoir été préparée pour calmer le jeu et demeurer candidat du PLC.

Lors d’une conférence de presse, quelques jours plus tard, le principal intéressé a déclaré qu’il avait été «trahi» par l’entourage de Justin Trudeau, qui était au courant de ses affirmations controversées.

M. Guillet a aussi affirmé que le parti avait commencé à travailler sur un «plan d’action», dès le début du mois d’août, pour démontrer l’appui de membres de la communauté juive à sa candidature.

En mai, M. Guillet a obtenu l’investiture libérale dans la circonscription montréalaise de Saint-Léonard-Saint-Michel, traditionnellement représentée par un candidat d’origine italienne, après une chaude lutte.

Le PLC a finalement annoncé la semaine dernière que la nouvelle candidate est la conseillère municipale Patricia Lattanzio, qui était arrivée en deuxième place à la course à l’investiture.

Cela n’a pas empêché les conservateurs - qui ont eux-mêmes eu à gérer des problèmes avec des candidats au sein de leurs propres troupes - d’attaquer les libéraux au sujet de M. Guillet dans les derniers jours.

Ils considèrent que l’ancien candidat a tenu «d’horribles propos antisémites et anti-Israël» et ont accusé le PLC de vouloir balayer les propos de M. Guillet sous le tapis avec «une stratégie de relations publiques».