Le député sortant de Sherbrooke, Pierre-Luc Dusseault, souhaite mettre de l’avant un plan de couverture universelle des soins dentaires pour les Canadiens.

Soins dentaires : «La carte d’assurance maladie et non de crédit», propose Dusseault

Le député sortant de Sherbrooke, Pierre-Luc Dusseault, souhaite mettre de l’avant un plan de couverture universelle des soins dentaires pour les Canadiens. Le projet du Nouveau parti démocratique du Canada (NPD) prévoit l’inclusion de ce type de soins dans la loi canadienne pour la santé, qui détermine les paramètres de couverture des 13 régimes d’assurance-maladie provinciaux et territoriaux.

« Le tiers des Canadiennes et Canadiens n’ayant pas d’assurance dentaire, la situation est désormais si importante qu’environ six millions de ceux-ci évitent de consulter leur dentiste à cause des coûts », indique-t-il.

Pour Dusseault, puisque la bouche et les dents font partie du corps humain, ceux-ci devraient naturellement être inclus dans la couverture des soins de santé. Il aimerait ainsi que tous puissent « sortir leur carte d’assurance maladie, et non leur carte de crédit » lorsqu’ils se présentent chez le dentiste.

Dans un premier mandat, le parti viserait tout d’abord la couverture des soins dentaires pour les citoyens ayant un revenu de moins de 70 000 $ par année. Le directeur parlementaire du budget a estimé le coût d’une telle aide à 1,9 milliard $ en 2020-2021, précise M. Dusseault.

« Ça s’accompagne d’une négociation avec les provinces pour déterminer la valeur de ces soins-là. On prévoit aussi des transferts fédéraux en santé ajustés en fonction du fardeau supplémentaire demandé aux provinces. On veut être un partenaire pour les provinces » partage M. Dusseault, qui ne peut cependant pas assurer de manière définitive que tous les frais encourus seraient assumés par le fédéral.

Des discussions avec les ordres professionnels seraient également à l’ordre du jour, note-t-il. « Ils vont entrer dans le système public. Il faut en parler avec eux pour ce que soient des termes avec lesquels ils sont d’accord et que ça représente des coûts raisonnables pour les contribuables.

[...] Ça ne veut pas dire que du jour au lendemain, il n’y aurait plus de clinique dentaire privée, mais il aurait certainement un accès le plus large possible pour des soins gratuits à toute la population. »

Les soins esthétiques ne seraient pas inclus dans cette couverture.

L’an dernier, Québec Solidaire annonçait un plan similaire. La couverture dentaire des moins de 18 ans et des personnes bénéficiant de l’aide sociale, de même que de 80 % des soins de prévention et 60 % des soins curatifs chez les adultes avait été estimée à 950 M$ par année pour la province.

Un gouvernement néo-démocrate réaugmenterait, de manière globale, les montants versés par le gouvernement fédéral aux provinces en matière de santé.

« Les hôpitaux et le système de santé en général sont sous-financés. On veut donner plus aux provinces », partage M. Dusseault.

Depuis 2017, la hausse annuelle des transferts en santé est fixée à 3 %, taux qui avait été décrété par le gouvernement Harper en 2014 et qui a été maintenu par les libéraux de Justin Trudeau. Les dix années précédentes, il s’élevait à 6 %.

« Nous voulons ramener le taux à ce qu’il était avant l’entente signée par les conservateurs », indique Pierre-Luc Dusseault.

Andrew Scheer a pour sa part affirmé en août dernier vouloir maintenir le taux d’augmentation des transferts en santé à « au moins 3,0 pour cent par année ».