Richard Martel s’est défendu contre les accusations des candidats bloquistes.

Richard Martel pris dans un quiproquo

Le caractère bouillant de l’ex-entraîneur Richard Martel est ressorti, vendredi soir, provoquant la première tempête régionale dans l’actuelle campagne électorale. Le candidat conservateur dans Chicoutimi-Le Fjord a vivement réagi contre les médias qui ont mis l’emphase sur les candidats bloquistes, eux qui ont dénoncé la supposée proposition de Martel de joindre le tracé de Gazoduq avec un pipeline du corridor énergétique pancanadien promis par Andrew Scheer.

Tout de suite après des bulletins régionaux, Richard Martel est entré en contact avec Le Progrès pour apporter des nuances, menaçant de se plaindre à « l’ombudsman » si le journal tenait des propos similaires. Le candidat conservateur est même allé jusqu’à menacer de ne pas participer au débat du 9 octobre prochain, organisé par Le Quotidien et Radio-Canada, en collaboration avec la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord, si l’on colportait « des menteries ».

« Demain matin, je ne sais pas c’est quoi votre texte, mais si c’est : ‘‘Richard Martel propose un pipeline au Saguenay’’, je vous actionne », a-t-il menacé.

Les bloquistes réagissent

L’histoire commence par une simple phrase parue dans une chronique d’Antoine Robitaille, du Journal de Québec, mercredi. « Le tracé de GNL-Québec pourrait même constituer un bout de ce ‘‘corridor énergétique’’ promis par Andrew Scheer, admet Martel », était-il écrit.

Dans la journée de vendredi, les candidats bloquistes ont jeté de l’huile sur le feu, en réagissant à cette déclaration de prime abord anodine. Ils ont tenu une conférence de presse pour dénoncer le passage d’un pipeline au Saguenay-Lac-Saint-Jean en attribuant cette proposition à M. Martel.

« Il faut rappeler que le projet des conservateurs, c’est essentiellement de faire passer un pipeline de pétrole sale sur le territoire québécois pour de l’exportation. Il n’y a aucun appétit pour ça », a affirmé la candidate dans Chicoutimi-Le Fjord, Valérie Tremblay.

« J’ai été surprise de voir Richard Martel lever la main pour appuyer ce projet et même suggérer que ça passe par ici. Il se déclare nationaliste, mais il est en totale contradiction avec les intérêts du Québec dans ce dossier », a-t-elle ajouté.

Les bloquistes, Mario Simard, Valérie Tremblay et Alexis Brunelle-Duceppe, lors de leur point de presse.

Appelé à réagir dans la journée, Richard Martel a réitéré les positions de son parti à propos du projet de GNL Québec, du pétrole albertain et du corridor énergétique.

« Pourquoi il n’y aurait aucun avantage quand on achète notre pétrole des États-Unis et qu’on peut s’autosuffire avec notre Canada à nous autres ? C’est quoi le rôle d’un leader canadien ? C’est qu’il y a ait de l’harmonie entre les provinces, qu’il y ait des discussions et qu’on favorise les échanges interprovinces. C’est ça qui est important, c’est le Canada. »

Il nuance en soirée

Richard Martel insiste sur ce point à plusieurs reprises pendant l’entrevue qu’il donne pour préciser sa pensée sur le corridor. Il n’a jamais proposé qu’un pipeline passe par la région.

« Moi, je ne suis même pas au courant de cette chose-là énergétique, de ce corridor-là. Je ne sais même pas comment [Andrew Scheer] va le négocier, pis il va l’appliquer. Pis là ce soir j’arrive, pis j’écoute les nouvelles et ils sont en train de changer ça. Ils partent l’émission en disant que je propose un pipeline qui va passer dans le corridor de GNL pis que le pétrole de l’Alberta va venir au Saguenay », affirme-t-il.

À sa décharge, Richard Martel n’a jamais affirmé qu’il voulait que le pipeline du corridor énergétique passe par la région.

Il ajoute lors de l’entrevue qu’il est possible « qu’un bout » du tracé du gazoduc qui desservirait GNL coïncide avec le tracé du corridor, mais qu’ils ne seront pas entièrement identiques.

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« Un bout, je suis d’accord. Un bout, ça peut arriver, mais pas au Saguenay. [...] Ce corridor-là on ne sait pas comment il va être », lance-t-il, ajoutant que le tracé n’était pas encore mis en place.

Selon lui, le corridor énergétique doit déboucher à Terre-Neuve, et « pas chez nous ». L’ancien entraîneur de hockey n’a cependant pas pu expliquer pourquoi ce pipeline était inacceptable à ses yeux, tandis qu’un gazoduc le serait. Avec Annie-Claude Brisson