Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, s’est arrêté à Valcourt mercredi pour y présenter la stratégie qui, selon lui, protégera les fleurons économiques. Sur la photo, Christine Normandin, candidate à Saint-Jean, David Benoît, candidat à Compton-Stanstead, Yves-François Blanchet, Andréanne Larouche, candidate à Shefford et Simon-Pierre Savard-Tremblay, candidat à Saint-Hyacinthe-Bagot.

Le Bloc veut protéger les fleurons économiques québécois

Le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet était de passage à Valcourt mercredi afin d’y présenter une stratégie qui selon lui assurera la pérennité des entreprises québécoises et protégera les fleurons économiques.

Valcourt, qui, selon M. Blanchet, rayonne depuis plusieurs années en partie grâce à BRP, était l’endroit idéal pour y faire cette annonce. Il mentionne que depuis l’arrivée du gouvernement libéral, d’importantes entreprises québécoises ont été rachetées par des géants ontariens et américains. Notamment, les quincailleries Rona par Lowes ou encore les rôtisseries Saint-Hubert par Recipe Unlimited.

Ainsi, il se dit inquiet alors qu’Air Transat vient d’être achetée par Air Canada.

« L’économie canadienne est une économie assez classique. Tandis que l’économie québécoise a comme caractéristique d’avoir eu des transformations importantes. Nous avons développé notre propre modèle économique très appuyé sur la petite ou moyenne entreprise (PME). C’est le produit des efforts du gouvernement du Québec. Ces entreprises qui apparaissent petites à première vue sont dans certains cas devenues géantes. Éventuellement, il y en a dont on perd le contrôle. Elles sont achetées par des intérêts étrangers », a souligné le chef du Bloc québécois en conférence de presse.

Il dénonce l’inaction du gouvernement libéral et le désintérêt du Parti conservateur.

Ainsi il a présenté une stratégie comportant plusieurs solutions qui sont au profit de l’économie québécoise.

Stratégie

« Nous proposons de mettre en place un certain nombre de mesures. Il y a des choses que l’on peut faire pour protéger nos fleurons. D’abord, il s’agirait de mettre en place une stratégie de l’aéronautique. Le Canada est le seul grand pays avec une industrie aéronautique qui n’a pas de stratégie nationale. C’est une expertise et une signature du Québec. Ensuite, il faut que le Canada utilise la Loi sur Investissement Canada pour limiter les prises de contrôle étrangères », a-t-il affirmé.

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Pour le moment, le Canada peut intervenir pour les transactions d’entreprises ayant une valeur de plus d’un milliard de dollars. Le Bloc québécois pour sa part suggère donc de diminuer cette somme à 300 millions.

Dans le but de réduire la prise de contrôle des entreprises, Yves-François Blanchet souhaite négocier avec le gouvernement québécois sur la Loi sur les sociétés par actions.

Il mentionne aussi vouloir mettre des mesures en place qui accompagneront les petites compagnies en démarrage. « Les gens qui démarrent des entreprises en particulier dans les hautes technologies ou dans les secteurs numériques ont besoin d’un accompagnement de départ. Lorsque l’entreprise démarre, il faut conserver la motivation pour la gérer à partir du Québec. »

Enfin, il dit vouloir abolir le projet de commission pancanadienne des valeurs mobilières et créer un fonds d’investissement pour les technologies vertes, le multimédia, le transport avancé et l’aérospatiale.

« Pour nous, le nationalisme économique est un état d’esprit que l’on veut protéger. Nous devons être fiers de ce que nous avons construit et nous devons le partager. Nous voulons que les familles québécoises bénéficient de ce que nous avons construit. Ce n’est pas pour rien que nous sommes actuellement à Valcourt. La communauté bénéficie d’une petite entreprise québécoise qui est devenue géante. J’ai bon espoir que ces mesures vont contribuer à ce que les entrepreneurs aient envie de garder le produit et l’activité au Québec », a déclaré M. Blanchet.

Il note que ce ne sont pas des solutions miracles pour la fuite des sièges sociaux, mais qu’elles contribueront à éviter cette problématique.

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Pour que le Québec ne soit plus ignoré

Militante de longue date du Parti québécois et du Bloc québécois, Monique Allard a décidé de représenter le parti d’Yves-François Blanchet dans le cadre des élections fédérales. Elle aspire à reprendre la circonscription de Brome-Missisquoi des mains des libéraux.

Âgée de 68 ans et habitant dans le secteur de Magog, Mme Allard est une retraitée de Postes Canada. Elle a longtemps figuré parmi les dirigeants du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes, région du Québec.

Si elle connaît bien l’univers du syndicalisme, la candidate du Bloc québécois dans Brome-Missisquoi n’a jamais tenté sa chance en politique active. Elle occupe toutefois depuis un moment la vice-présidence du comité exécutif du Bloc dans sa circonscription.

« J’ai décidé de me lancer en politique, cette année, parce que je trouve que le Québec est de plus en plus ignoré. On l’a vu par exemple avec la Davie, avec la nomination de juges unilingues anglophones et avec l’aide financière donnée à Terre-Neuve pour qu’elle concurrence l’électricité du Québec. C’est sûr aussi que le discours de Yves-François Blanchet me plaît beaucoup », explique Monique Allard.

Pour Mme Allard, l’amélioration du sort des personnes aînées et des démunis constitue une priorité. Le dossier de l’agrandissement du site d’enfouissement de Coventry, aux États-Unis, la préoccupe également.

« Je voudrais travailler avec tous les paliers de gouvernement et tous les partis pour résoudre le problème causé par le site de Coventry. L’eau du lac Memphrémagog est bue par 175 000 Estriens et ce dépotoir est une menace pour elle », fait valoir la candidate du Bloc québécois.

Enfin, Monique Allard confie qu’elle s’intéresse de près à la sécurité ferroviaire. « Il faut que les rails soient mieux inspectés dans la région. On ne doit pas attendre un second Lac-Mégantic. »  Jean-François Gagnon