Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

Le Bloc «pas contre» le 3e lien à Québec

Ancien ministre québécois de l’Environnement, le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet se pose comme «militant écologiste» et se dit «admiratif» devant les résultats obtenus par la jeune activiste Greta Thunberg. Ce qui n’empêche pas le Bloc et son chef d’être «pas contre» la construction d’un troisième lien routier interrives sous-fluvial à Québec.

«Je vous avouerai que la volonté exprimée qu’il y ait des équipements à caractère environnemental et de transport collectif et les intentions dans ce sens-là ont tendance à me rassurer», a convenu M. Blanchet, jeudi après-midi.

«Être vert ne veut pas dire de créer de l’impossibilité. Ça veut dire de créer des conditions qui respectent l’environnement. Sinon, on arrête tout projet routier et on demande aux agriculteurs d’arrêter d’utiliser des pesticides demain matin», a-t-il illustré, lors d’un point de presse tenu à l’hôtel Hilton Québec, juste en face de l’Assemblée nationale.

Ce parlement provincial que le Bloc voudrait voir à la tête d’un pays souverain. Mais d’ici là, le Bloc s’échine au parlement fédéral canadien à protéger avec acharnement tout ce qui est de juridiction québécoise.

Comme la loi 21 sur la laïcité, sur laquelle M. Blanchet demande à chacun des chefs des autres partis fédéraux en campagne de s’engager à ne pas la contester en cour «ni directement, ni indirectement, ni financièrement», a-t-il clamé. Là était la raison première de son invitation aux médias. Ça et demander de mettre fin à la prière quotidienne à la Chambre des communes,

Mais le troisième lien s’est invité dans la conversation. Et comme pour la loi sur la laïcité, le Bloc martèle que «le gouvernement fédéral n’a pas de juridiction en matière d’infrastructures au Québec». «Alors on demande de prendre l’argent qui appartient au Québec, de l’envoyer au Québec et le Québec prendra ses décisions.»

Bien. Mais l’avis du Bloc sur le troisième lien? «Sur le fond et sur le principe, le BQ n’est pas contre le troisième lien. Mais c’est une discussion qui appartient aux gens de Québec et au gouvernement du Québec. On veut respecter ça. C’est dur de demander aux autres partis fédéralistes de respecter les compétences du Québec, si nous-mêmes on s’en mêle un petit peu trop», élude M. Blanchet.

Transport électrique

Ancien président du Jour de la Terre au Québec et premier chef de parti fédéral signataire de la Déclaration d’urgence climatique en mai, le meneur bloquiste n’allait quand même pas s’arrêter là au sujet du troisième lien, avec un peu d’aide des journalistes.

«J’ai toujours dit que si la bouchée est trop grosse en partant, les chances sont que personne ne va vouloir l’avaler. On ne fait pas avancer les grandes idées en étant dogmatique. Si le Québec transite à la vitesse où on devrait le faire vers le transport électrique, tout ça devient tout à fait travaillable, croit-il.

«Avant longtemps, on va demander à quelqu’un qui vient de s’acheter une voiture si elle est à essence ou électrique, estime M. Blanchet. Puis pas longtemps après, on va assumer qu’elle est électrique. Ce jour-là, on n’analysera pas les projets d’infrastructure de la même façon. Et on veut toujours utiliser chaque projet pour accrocher du transport collectif.

«Mais dans l’intervalle, je ne souhaite pas davantage que le parlement canadien, le parlement allemand ou le parlement japonais se mêle des affaires du Québec», conclut le chef du Bloc.

Yves-François Blanchet participera à la marche pour le climat à Montréal vendredi, tandis que les candidats bloquistes de la région de Québec feront de même à Québec.

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