En partageant une vidéo méprisante envers l’islam, le candidat bloquiste dans Sherbrooke, Claude Forgues, dit avoir voulu dénoncer les viols et les exactions commises par les combattants de Daech à l’égard des femmes. « Jamais je n’ai voulu porter offense à quiconque ou à quelque groupe que ce soit », a-t-il insisté.

Forgues se défend d'être islamophobe

Même s’il reconnaît avoir « manqué de jugement » en publiant du contenu anti-islam sur sa page Facebook, Claude Forgues n’a pas l’intention de retirer sa candidature en vue des élections du 21 octobre.

Le candidat du Bloc québécois dans Sherbrooke avait convoqué la presse vendredi après-midi, devant l’hôtel de ville de Sherbrooke, afin d’expliquer plus en détail le contexte dans lequel il a publié ces contenus.

Quelques instants auparavant, M. Forgues avait pris part à la 250e vigile hebdomadaire en faveur de la libération du blogueur Raif Badawi (voir autre texte en page 7), dans les marches de l’hôtel de ville.

Le 4 avril dernier, M. Forgues a partagé une vidéo affirmant que : « L’islam n’est pas malade!... l’islam est la maladie! » En juillet dernier, il avait publié une image où l’on voit une femme voilée sur une plage dire à une autre femme en bikini : « Tu vas finir en enfer salope ». Et cette dernière de lui répondre : « Plus tard oui, mais toi tu y es déjà. »

Visiblement embarrassé du fait que ces contenus se sont aussi retrouvés dans l’édition de jeudi du Journal de Montréal, M. Forgues s’est défendu d’être « raciste ou islamophobe ». 

Il dit avoir partagé ces contenus dans le contexte « d’un débat avec des amis sur Facebook » portant sur les dérives de l’islam. 

En partageant la vidéo, il dit avoir voulu dénoncer les viols et les exactions commises par les combattants de Daech à l’égard des femmes. « Jamais je n’ai voulu porter offense à quiconque ou à quelque groupe que ce soit », a-t-il insisté.  

À quelques heures du débat de chef de jeudi soir, M. Forgues a présenté ses excuses via sa page Facebook de campagne. Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, avait fait de même, au nom des cinq candidats de sa formation qui ont partagé de tels contenus dans un passé récent.

Interrogé sur la façon dont les électeurs devront interpréter ce « manque de jugement » lors du scrutin du 21 octobre, M. Forgues a dit espérer que ceux-ci retiendront qu’il a été impliqué au service de sa communauté pendant plus de 35 ans avant de prendre sa retraite comme directeur général de Centraide Estrie, en 2018. « Ce sera à eux de juger », a-t-il reconnu.