La sécurité ferroviaire ainsi que le projet de train de passagers entre Montréal et Sherbrooke ont fait partie des thèmes abordés lors du débat.

Débat régional : Transports Canada critiqué

Luc Berthold a profité de la question sur la sécurité ferroviaire pour insister sur la lenteur selon lui des actions libérales. Il a été rejoint par les candidats des autres partis dans ses attaques contre Marie-Claude Bibeau et Transports Canada.

« J’ai écrit personnellement au ministre [Marc] Garneau pour lui demander de mettre fin au transport de matières dangereuses tant et aussi longtemps que des experts ne viennent pas nous assurer sur place que le transport est sécuritaire, indique M. Berthold. Malheureusement, je n’ai pas de réponse de M. Garneau. Les gens de Lac-Mégantic s’attendent à des gestes concrets. Encore récemment il y avait des wagons de matières dangereuses qui étaient stationnés à un endroit qui n’est pas permis. J’ai transmis l’information au ministre Garneau et il n’y a rien qui bouge. »

Marie-Claude Bibeau a insisté pour sa part sur le fait que des gens de Transports Canada sont venus à Sherbrooke pour faire une présentation devant le conseil municipal et que les 253 anomalies de la voie ferrée ont été corrigées.

« On travaille avec les gens de Mégantic depuis le tout début pour s’assurer qu’on va mettre les investissements nécessaires pour la voie de contournement. On va aussi déplacer la gare de triage dans une zone industrielle. Les inspecteurs de Transports Canada font 33 000 inspections par années. Ils sont là et les vérifications sont faites pour assurer la sécurité des citoyens. »

« C’est un dossier que j’aborde de façon non partisane depuis le début, M. Garneau a fait des efforts, mais la voie n’est pas encore construite, a répliqué M. Berthold. Il y a encore du triage qui se fait dans le haut de la pente. »

« Ça aurait pu être beaucoup plus rapide, les gens de Lac-Mégantic déplorent la lenteur », a pour sa part mentionné Andréanne Larouche.

Jean Rousseau a affirmé que le problème était connu depuis plus de 10 ans et que ni les libéraux ni les conservateurs n’avaient été en mesure de le régler.

Pierre-Luc Dusseault y est allé d’une rare piste de solution en appuyant le projet de train entre Montréal et Sherbrooke afin de mettre les rails à niveau.

Pas d’engagements

Robert Bellefleur, porte-parole de la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire de Lac-Mégantic, ne semblait pas impressionné par le débat lorsqu’il a été interrogé par La Tribune.

« J’avais demandé des engagements et je n’en ai pas entendu beaucoup, explique-t-il. J’ai vu des gens qui étaient conscients de la problématique, mais qui ne semblait pas savoir comment la régler. Je n’ai pas vu ombre de solution. »

M. Bellefleur voit toutefois d’un bon œil le projet de train qui relierait Sherbrooke et Montréal.

« J’ai aimé à la fin qu’on fasse transparaître que le projet d’un train de passagers entre Sherbrooke et Montréal ait été retenu comme un sujet important pour les auditeurs. Pour moi c’est un bon gage de sécurité, car à partir du moment où nos voies ferrées vont transporter des passagers, ça va exiger un niveau de rail beaucoup plus sécuritaire. »

+

Tous pour la qualité de l’eau potable

Les candidats de tous les partis se sont entendus pour défendre la source d’eau potable des Estriens lors de l’agrandissement du site d’enfouissement de Coventry au Vermont. 

« Il faut s’asseoir avec le gouvernement américain pour mandater des études scientifiques pour s’assurer qu’il n’y a pas de danger relié à l’eau potable qu’on consomme à Sherbrooke et dans toute la région », mentionne Pierre-Luc Dusseault.

Marie-Claude Bibeau a mentionné que son gouvernement avait travaillé via la commission mixte avec les Américains, avec le Québec ainsi qu’avec Memphrémagog Conservation.

« Il faut continuer à veiller au grain », a soulevé Mme Bibeau.

Andréanne Larouche et Luc Berthold ont noté qu’il subsistait une certaine inquiétude de la population relativement au site de Coventry. 

Concernant la question posée par la famille Russell de Windsor qui a créé le mouvement #RemplisVert, les candidats ont présenté leurs moyens d’action pour « améliorer le sort de notre planète ».

Jean Rousseau a mentionné que le Parti vert du Canada s’engageait à bannir le plastique pour 2020 et le suremballage.

Pierre-Luc Dusseault a profité de la question pour interpeller la candidate libérale sur l’achat du pipeline TransMountain du gouvernement Trudeau.

« Nous avons un plan pour lutter contre les plastiques à usage unique. Pour répondre à monsieur Dusseault, pour chaque dollar investi dans ce pipeline pour assurer la transition énergétique, on investit 15 $ dans les mesures environnementales de transition énergétique », a expliqué Mme Bibeau.

Elle a relancé Luc Berthold sur l’engagement du Parti conservateur concernant le pipeline « est-ouest ».

« La décision de mon chef est d’implanter un corridor énergétique qui va permettre enfin de ne plus dépendre pour notre pétrole. Les États-Unis nous tiennent à la gorge en nous donnant une fraction du prix que ça vaut. Un corridor énergétique va permettre d’exporter l’énergie du Québec vers les autres provinces », mentionne Luc Berthold.

Des candidats déconnectés

Invitée à commenter la portion environnementale du débat, la directrice du Conseil régional de l’environnement de l’Estrie Jacinthe Caron aurait souhaité que le thème de l’environnement teinte davantage les échanges entre les candidats.

« L’environnement ne semble pas être un enjeu prioritaire pour les partis. Le débat sur les questions environnementales manquait de substance. Nous avons entendu bien peu parler de solutions. Je sens une différence entre ce que l’on entend de la population et ce qui revient dans les débats. Avec les manifestations de la semaine dernière, nous avons constaté que les gens réclamaient haut et fort du changement, mais ça ne parait pas dans le discours des politiciens », estime Mme Caron.

Selon elle, un projet de transport collectif concret comme le train Sherbrooke-Montréal devrait être davantage considéré.

« J’aurais aimé entendre parler d’innovation, de solutions à la crise climatique ou de crédits de carbone. Au moins, les partis semblent unanimes sur la surveillance concernant le maintien de la qualité de l’eau », indique Jacinthe Caron. René-Charles Quirion

+

Ce qu'ils ont dit à propos de la couverture internet en région

« Il y a trop d’endroits qui sont mal desservis. On va faire une proposition à la Chambre des communes pour pouvoir développer nos régions. »

Andréanne Larouche, Bloc québécois

/////

« On a déjà investi un demi-milliard de dollars, mais on s’est rapidement aperçu que c’était insuffisant. Notre engagement pour les prochaines années est de 5 à 7 milliards de dollars. »

Marie-Claude Bibeau, Parti libéral

/////

« Le CRTC doit obliger les grands diffuseurs à diffuser leur signal partout en région. C’est une question de développement et de culture. » 

Jean Rousseau, Parti vert

/////

« C’est un besoin essentiel pour nos régions, mais il y a aussi le réseau cellulaire. Ce n’est pas toutes les régions qui sont couvertes. »

Pierre-Luc Dusseault, Nouveau Parti démocratique

/////

« Quand on va réussir à brancher la dernière maison au bout, ce sera déjà dépassé. Il faut y aller rapidement et faire de ce dossier une priorité gouvernementale. »

Luc Berthold, Parti conservateur