Cinq candidats pour la circonscription de Sherbrooke, soit Dany Sévigny (Parti conservateur du Canada), Pierre-Luc Dusseault (Nouveau Parti démocratique du Canada), Claude Forgues (Bloc québécois), Élisabeth Brière (Parti libéral du Canada) et Mathieu Morin (Parti vert du Canada) se sont affrontés mardi soir lors du Grand débat FEUS-REMDUS devant un salle remplie d’étudiants concernés.

Débat FEUS-REMDUS : les candidats se mouillent

Dany Sévigny s’est engagé à démissionner du Parti conservateur si un projet de loi abolissant le droit à l’avortement était adopté à la Chambre des communes. Attaqué à plusieurs reprises sur les antécédents pro-vie de certains membres de son parti, le candidat pour la circonscription de Sherbrooke a fait cette promesse, mardi soir, lors du Grand débat FEUS-REMDUS à l’Université Sherbrooke.

C’est peu après avoir été hué pour avoir été le seul à s’opposer à une taxe sur les émissions de carbone que Sévigny a cette fois récolté les applaudissements de la foule.

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L’heure était aux engagements pour les candidats, qui n’ont pas manqué de remettre en question la parole et la cohérence de leurs adversaires lors des périodes d’échange.

Lors de la section abordant l’environnement, où le public s’est montré très impliqué, Mathieu Morin a pour sa part promis sa démission si un gouvernement du Parti vert « n’interdit pas tout nouveau projet de développement, d’exploitation ou d’exploration d’hydrocarbures, ne coupe pas toute subvention aux énergies fossiles ou n’adopte pas une loi qui forcera l’atteinte des cibles de GES », avant d’inviter les autres candidats à s’engager à faire de même si « vos partis de respectent pas les demandes des étudiants en matière de climat ». Seul le député néo-démocrate sortant, Pierre-Luc Dusseault, a explicitement accepté.

« Dans ce cas, après le 22, vendez tous vos voitures, parce qu’il n’y aura plus d’essence nulle part », a rétorqué Sévigny.

Claude Forgues a toutefois signifié son intention de bloquer les projets de pipeline. « L’environnement est le principal argument en faveur de l’indépendance du Québec », a rappelé le bloquiste qui, tout au long du débat, s’est fait défenseur des compétences provinciales et de l’autodétermination de la province.

Dusseault s’est d’ailleurs servi de l’achat du pipeline pour accuser la libérale Élisabeth Brière et son parti d’avoir « un double discours » alors qu’elle avait promis plus tôt des investissements dans des énergies renouvelables. « C’est vrai que ça peut paraître dichotomique, mais qu’est-ce que vous diriez, ici au Québec, si on annonçait que l’hydroélectricité n’était pas une énergie propre et qu’il faudrait arrêter d’en produire? » a lancé Brière, qui avait par ailleurs présumé l’absence de Sévigny à la marche pour le climat de vendredi dernier. « J’étais là », a confirmé le conservateur.

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Crise médiatique

Interpellés sur la situation financière du Groupe Capitales médias, les candidats ont été invités à proposer des actions pour la survie des médias locaux. Mathieu Morin en a formulé trois : « Nous réformerons les lois antitrust pour permettre la séparation des conglomérats médiatiques, nous supprimerons l’échappatoire qui permet aux médias sociaux de ne pas avoir à percevoir d’impôt sur la publicité et nous nous assurerons que les publicités gouvernementales ne soient diffusées que dans des publications canadiennes. »

Dany Sévigny a rappelé l’engagement de son chef à maintenir l’aide financière annoncée par les libéraux.

Forgues a de son côté proposé l’imposition de la taxe fédérale sur la publicité en ligne, ainsi que la perception de redevances aux producteurs dont les contenus sont récupérés en ligne, une mesure également proposée par le NPD.

Brière a rappelé le programme d’aide aux médias qui entrera en vigueur en 2020. « Nous sommes le premier gouvernement du Canada qui a mis en place un programme d’aide. Il a été accueilli à bras ouverts par la presse écrite », a-t-elle dit.

Dusseault a désigné comme problématique la migration des revenus publicitaires vers les géants du Web, qu’il a rappelé avoir tenté d’imposer dans les quatre dernières années. « Si on est élus, c’est une des premières choses qu’on va effectuer. »

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La planète s’invite au débat

Les candidats et le public du débat ont été accueillis par une trentaine de manifestants de La planète s’invite à l’UdeS, qui s’étaient rassemblés de manière non partisane afin de demander aux aspirants députés de s’engager concrètement à agir contre les changements climatiques. 

« C’est de notre survie qu’on parle, et on se bat pour des votes électoraux. Cette élection-là est notre dernière chance d’agir. Ça doit aller au-delà de la partisanerie. Et s’ils décident de ne pas écouter le message de la science, on les qualifie de criminels climatiques », indique Vincent Boisclair, coporte-parole. À l’instar de ses collègues, M. Boisclair était vêtu d’un sarrau et d’un masque chirurgical. « C’est un symbole pour les scientifiques qui ne sont pas écoutés, et pour nous qui sommes bâillonnés », partage sa coporte-parole Marie Talaia.