Élections 2018

Indépendance: le ministère des Finances serait mandaté par QS

Québec solidaire met l’accent comme jamais sur l’idée d’indépendance du Québec pendant cette campagne électorale. Cela a encore été le cas ce dimanche.

Cette fois, ses représentants ont fait savoir qu’un gouvernement solidaire confierait au ministère québécois des Finances le mandat d’élaborer le cadre budgétaire des premières années d’un Québec indépendant. C’est ce qu’ont annoncé dans la capitale la porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, et les candidats du parti dans Taschereau et Jean-Lesage, Catherine Dorion et Sol Zanetti.

«Seul un Québec indépendant pourra déterminer lui-même son avenir au lieu de payer le gros prix pour les mauvaises décisions d’Ottawa», a indiqué Manon Massé, ne doutant pas de la réponse positive que fournirait le ministère des Finances — s’il était mandaté comme elle l’entend. 

Il serait appelé à se pencher sur «le service de la dette, les transferts aux particuliers, les dépenses de programme, les revenus et le déficit fédéral, ainsi que les économies dégagées par la fin des dédoublements de programmes et les dépenses qui servent le Canada, mais nuisent au Québec», énonce Québec solidaire.

Élections 2018

La caravane caquiste s’ébranle pour une grande tournée des régions

Le chef caquiste François Legault entame une virée des régions du Québec pour tenter de ravir un maximum de circonscriptions au scrutin du 1er octobre.

Le dirigeant de la Coalition avenir Québec (CAQ), qui avait considérablement ralenti la cadence au cours de la dernière semaine, passe à la vitesse supérieure.

Sa caravane doit visiter ces prochains jours les régions de l’Abitibi, du Nord-du-Québec et du Saguenay, entre autres.

«Je suis confiant que la CAQ va faire des grandes percées dans toutes les régions du Québec, donc je vais aller les visiter», a-t-il lancé en mêlée de presse à Gatineau, en Outaouais.

L’horaire caquiste a été revu au courant de la journée de dimanche. Il était prévu que les autocars de campagne se rendent notamment dans les régions de la Mauricie et de la Capitale-Nationale.

Le chef a nié les avoir fait passer à la trappe parce qu’il tient les électeurs de circonscriptions pour acquis.

«Pas du tout, il reste encore huit jours (...) Là, ce que je sens, c’est qu’il y a un appel des régions pour avoir un gouvernement de la CAQ. Il ne fera peut-être pas chaud à certains endroits, mais on va s’amuser», s’est-il enthousiasmé.

Ce changement de cap pourrait avoir un lien avec les premières données colligées sur le vote par anticipation.

Car les stratèges caquistes ont été en mesure de traquer plus étroitement la proverbiale «sortie du vote» grâce à leur «Coaliste», une application internet à 1 million $ qui centralise les informations sur les électeurs.

«Avec la «Coaliste», on est capable de voir chaque personne qui va voter, si c’est un sympathisant, si c’est quelqu’un qui a été «pointé», adversaire, indécis ou pas «pointé»», a noté François Legault plus tôt dans un autre secteur de Gatineau.

«Au cours de la journée, je parle avec notre directrice générale Brigitte Legault, et on est capable de suivre d’heure en heure le vote. Et je vous dirais que déjà, après quelques heures, ça va bien», a-t-il assuré.

Le chef de la CAQ a du même souffle lancé quelques heures plus tôt un appel aux électeurs du Québec, alors que le vote par anticipation se mettait véritablement en branle.

Et ce faisant, il a de nouveau écarté l’idée de former une coalition avec un autre parti. «Il est hors de question de faire une entente avec qui que ce soit», a-t-il tranché.

Pas question, donc, de recruter Manon Massé au sein d’un éventuel gouvernement caquiste, et ce, même si François Legault prêterait l’oreille aux propositions de la co-porte-parole de Québec solidaire en matière de lutte aux changements climatiques.

«Si Manon Massé a de bonnes idées et si je suis premier ministre du Québec, je vais les écouter ces idées-là», a-t-il souligné.

Il a fourni cette précision après que le chef péquiste Jean-François Lisée eut éventé samedi, dans une soirée militante, les propos tenus par son rival caquiste sur le plateau de «Tout le monde en parle», alors que l’émission n’a pas encore été diffusée.

Il a ainsi brisé l’embargo que tout invité s’engage à respecter en accordant une entrevue à l’animateur Guy A. Lepage. Celui-ci a d’ailleurs adressé des reproches au leader du PQ sur Twitter.

Le fautif a écrit sur le même réseau social qu’il avait présenté ses excuses à celui qui préside la grand-messe dominicale sur les ondes de Radio-Canada.

Selon François Legault, la sortie de son opposant politique démontre que ce dernier «n’a pas aimé ça» et prouve qu’»au fond, il encourage les gens à être partisans».

Élections 2018

Couillard remet en question les intentions de Legault sur l'indépendance

VAUDREUIL — À huit jours du scrutin, la question de la souveraineté revient dans la campagne alors que le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) estime que l’idée de l’indépendance n’était pas «complètement disparue» de l’esprit de son rival caquiste François Legault.

Tout en agitant de nouveau l’épouvantail de l’immigration afin de dénigrer le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), Philippe Couillard a remis en question dimanche les convictions fédéralistes de celui qu’il présente comme son «principal adversaire»

«Il a dit lui-même, il y a un moment: «je n’en parle pas (de la souveraineté) parce que les chiffres ne sont pas là», a lancé le chef libéral, en point de presse à Vaudreuil, en Montérégie. Est-ce que ce cela veut dire que si les chiffres changent il (M. Legault) va être d’accord encore? C’est à lui qu’il faut poser la question.»

À Gatineau, M. Legault - a été ministre de l’Éducation et de la Santé dans des gouvernements du Parti québécois (PQ) - ne s’est pas gêné pour répliquer, accusant son adversaire d’être «désespéré».

«Il essaie de faire peur au monde. Il ressort l’épouvantail référendaire. Le seul référendum, c’est «est-ce que l’on veut 19 ans de Parti libéral? On en eu 15 ans, est-ce qu’on en veut encore quatre autres années. Les Québécois ont tourné la page sur la souveraineté, en particulier les jeunes.»

M. Couillard a aussi reproché à son rival de laisser entendre qu’il pouvait obtenir de nouveaux pouvoirs auprès du gouvernement fédéral sans expliquer ce qu’il ferait advenant le refus d’Ottawa.

À son avis, personne, dans le reste du Canada, ne prend au sérieux la démarche de M. Legault.

«La suite logique de ces demandes, c’est de dire ‘ok, qu’est-ce que je vais faire si la réponse est non?’, a demandé la chef du PLQ. C’est à lui de répondre, pas à moi.»

Oeil au beurre noir

Par ailleurs, tout en décochant des flèches à Québec solidaire (QS) en raison de la trop grande générosité des promesses de la formation de gauche, M. Couillard a également suggéré que l’élection d’un gouvernement caquiste projetterait une image négative de la province sur la scène internationale.

Le leader libéral faisait notamment référence à la proposition de la CAQ d’imposer un test de valeur et de français aux nouveaux arrivants. M. Couillard s’en est pris à ce qu’il a qualifié de «mea culpa de façade» de son rival de la CAQ sur ses erreurs en immigration, affirmant que la question de l’expulsion est toujours sur la table en cas d’échec au test caquiste sur les valeurs.

Il a affirmé qu’il ne souhaitait pas que l’on parle du Québec comme un endroit «fermé, craintif» et où l’on s’en remet au gouvernement fédéral pour d’éventuelles expulsions, comme le propose la CAQ.

«C’est presque du ridicule cette affaire-là, a-t-il dit. C’est mauvais pour le Québec d’avoir ce genre d’image.»

Trop généreux

Par ailleurs, si le leader libéral n’a jamais évoqué le PQ dans le cadre de la période des questions, il a remis en question le «réalisme» des promesses de Québec solidaire, estimées à 12,9 milliards $.

Ces critiques surviennent au moment où les solidaires gagnent des points dans les intentions de vote, au point de menacer les libéraux à certains endroits, comme dans la circonscription montréalaise de Laurier-Dorion ou Sherbrooke, en Estrie.

D’après le chef libéral, l’impact budgétaire des promesses de QS allait enrichir les poches des banquiers.

«L’idée de prendre une partie du Fonds des générations, ce qui va entraîner la décote immédiate du Québec et faire en sorte qu’il faudra payer des centaines de millions de dollars en frais d’intérêt, ce n’est pas bon, a-t-il dit. La situation économique du Québec va se détériorer, nos paiements d’intérêt vont augmenter et ceux qui vont en profiter ce sont les banquiers à l’étranger.»

Le chef libéral a donné le coup d’envoi à une semaine où il compte entre autres rappeler les engagements de sa formation politique. Dimanche, la caravane du PLQ a effectué une série d’arrêts dans les circonscriptions de Vaudreuil, Soulanges, Beauharnois, La Prairie et Montarville.

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Des soins ininterrompus pour les enfants autistes et handicapés, promet le PQ

SAINT-JEAN-SUR-RICHELIEU — Le Parti québécois (PQ) promet des diagnostics plus rapides et des services soutenus dans le temps pour les enfants vivant avec un handicap, une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme. Une centaine de millions de dollars de plus seront investis annuellement par un PQ élu, à terme, pour bonifier les services, dont certains aux adultes - et ainsi permettre aux familles de souffler un peu.

De l’argent serait aussi versé - quelque 200 millions $ récurrents - aux organismes communautaires qui soutiennent ces personnes, ainsi que les proches aidants.

En conférence de presse à Saint-Jean-sur-Richelieu, dimanche en matinée, le chef Jean-François Lisée a soutenu qu’en raison des compressions budgétaires du gouvernement sortant, ces enfants ne peuvent compter que sur des «épisodes de soins» à l’heure actuelle.

«Le système leur rend la vie plus difficile qu’elle ne l’est déjà», a poursuivi M. Lisée au sujet des familles.

Sans oublier que lorsqu’un seul service a été offert, l’enfant peut être retiré d’une liste prioritaire, a déploré la vice-cheffe et candidate péquiste dans Joliette, Véronique Hivon, qui a aussi dénoncé les longs délais pour l’obtention d’un diagnostic, qui peuvent aller jusqu’à deux ans dans certaines régions.

Les parents sont laissés à eux-mêmes, a-t-elle renchéri, et certains n’ont ni temps ni énergie pour sortir dans la rue et défendre leur cause.

Elle a aussi déploré ce qu’elle a appelé le «trou noir de services» qui survient, trop souvent dit-elle, lorsque les jeunes vivant avec un trouble de l’autisme ou une déficience intellectuelle atteignent l’âge de 21 ans; l’école est terminée et «pour beaucoup d’entre eux leur vie bascule». Le PQ veut remédier à cette situation, a dit la vice-cheffe.

Pour garantir des soins, le PQ s’engage à accorder des enveloppes de 60 millions $ pour les personnes avec une déficience intellectuelle, de 30 millions $ pour ceux avec un trouble du spectre de l’autisme et de 24 millions $ pour les enfants handicapés. Il s’agit de montants à terme, donc représentant le financement alloué au bout du premier mandat d’un PQ élu.

Ils permettront entre autres de bonifier les prestations pour les enfants handicapés, d’engager des professionnels pour poser des diagnostics plus rapidement ainsi que pour offrir des activités de jour et des emplois encadrés pour les adultes vivant avec une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme.

Accompagné également de Dave Turcotte, son candidat dans la circonscription de Saint-Jean, M. Lisée a martelé que la situation actuelle est inacceptable pour une «société riche et avancée comme le Québec».

La formation péquiste a aussi réitéré sa promesse qui ferait en sorte que les proches aidants pourraient bénéficier de huit heures de répit par semaine.

Autres propositions pour les gens vulnérables

M. Lisée a annoncé que s’il est élu, il entend modifier le mandat de la Régie du logement, afin qu’elle vérifie à l’avance si les résidences privées pour aînés n’augmentent pas le coût de leurs logements au-delà des recommandations faites par la Régie.

Selon lui, juste le fait que les responsables des résidences sauront qu’ils peuvent avoir des ennuis s’ils augmentent la facture aura un effet dissuasif.

Et si cela n’est pas le cas, «ils seront vus, connus et disciplinés», a-t-il ajouté.

Pour les aînés, mais aussi pour les adultes vivant avec un handicap intellectuel ou physique, le PQ propose aussi d’augmenter le financement du soutien à domicile d’au moins 100 millions $ par année pendant cinq ans.

Il s’agit de faire en sorte que le CHSLD ne soit plus la seule option de milieu de vie pour ces personnes, dit le PQ.