À Québec, la coalition syndicale a acheté des espaces publicitaires sur des panneaux en bordure des autoroutes.

Pancartes préélectorales des syndicats: direction, les tribunaux

La Ville de Québec a refusé la demande d’affichage de la coalition syndicale derrière les pancartes préélectorales anti-caquistes et anti-libéraux. Les parties se donnent donc rendez-vous en Cour supérieure la semaine prochaine.

Les six syndicats affiliés à la FTQ, dont le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), ont l’intention de demander une injonction provisoire devant les tribunaux. Ils souhaitent une ordonnance qui leur permettrait de remettre en place leurs 200 affiches dans les rues de Québec. 

Les syndicats estiment que la Ville brime leur droit à la liberté d’expression. L’administration municipale a retiré toutes les pancartes la semaine dernière, les jugeant illégales. Elles avaient été installées la semaine précédente sur des poteaux d’utilité publique dans la circonscription de Taschereau. 

«On va aller en demande d’injonction le plus rapidement possible. On espère pouvoir débattre en cour mardi ou mercredi prochain», a confirmé mercredi Denis Bolduc, président québécois du SCFP. 

Ce dernier a admis mercredi que cette saga allait plus loin qu’anticipé. «On savait que ça ferait réagir. Mais est-ce qu’on s’attendait à ce qu’il y ait un concert de villes qui fassent des démarches et qui soient autant hargneuses? Ça va au-delà», a-t-il soufflé, refusant toutefois de baisser pavillon. 

Outre Québec, Saint-Jérôme et Sherbrooke ont ordonné à la coalition syndicale d’enlever rapidement leurs pancartes ciblant la Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ).

M. Bolduc s’est désolé de la position unilatérale des municipalités qui ont choisi d’interdire l’offensive syndicale. Il aurait souhaité que les villes la tolèrent étant donné «le flou» réglementaire, lequel serait en partie explicable, peut-être, par le fait que le Québec vit pour une première fois des élections à date fixe au palier provincial. 

«Ils ont juste à endurer pour cette fois-ci. Après, ils [les villes] auront quatre ans pour le faire [réglementer]. Ils aiment mieux museler les syndicats, engager des dépenses devant les tribunaux. Ils pensent peut-être qu’on bluffe, mais on va y aller [en Cour supérieure]», a pesté M. Bolduc. 

Les syndicats estiment que leur affichage est électoral et tout à fait légal. Mais les villes ne le voient pas du même œil. Dans la capitale, on invoque le Règlement harmonisé d’urbanisme, qui indique que tout affichage sur un poteau d’utilité publique est interdit. La Ville soutient que l’affichage électoral est seulement autorisé lors d’une campagne électorale, laquelle se tiendra du 30 août au 1er octobre cette année.

Mais les syndicats répliquent que la période électorale, évoquée par la Ville dans ses communications expliquant son rejet des affiches, n’est pas précisée dans le règlement en question.

Espaces publicitaires

Toujours à Québec, la coalition a acheté des espaces publicitaires sur des panneaux en bordure des autoroutes. Ces affiches faisaient partie du plan de match initial, a assuré M. Bolduc. «C’est une façon d’aller au-delà [de la circonscription] de Taschereau», a expliqué Denis Bolduc. Ces affiches géantes ne semblent pas contestées par la Ville. Cette dernière n’émet toutefois aucun commentaire depuis qu’une mise ne demeure lui a été envoyée par la coalition syndicale. 

Avant que le dossier ne se judiciarise, la Ville avait menacé d’imposer des amendes de 2000 $ par jour par affiche illégale. À 200 unités, les amendes pourraient donc aller jusqu’à 400 000 $ par jour, dans l’éventualité où les syndicats remettraient en place chacune d’entre elles. La coalition pourra d’ailleurs récupérer ses affiches auprès de la Ville jeudi. L’administration municipale doit envoyer une facture aux syndicats pour leur retrait la semaine dernière.

Selon le SCFP, la campagne actuelle coûte 1,25 $ par membre représenté, ce qui exclut les frais engendrés par la contestation judiciaire.