Interrogé à savoir si ses adversaires agissaient de la sorte parce qu’ils étaient confiants de l’emporter le 1er octobre — une position qui n’est actuellement pas la sienne, étant troisième dans les sondages — M. Lisée a rétorqué que les Québécois n’aiment pas les gens «trop confiants», ni ceux qui décident pour eux.

Lisée raille ses adversaires qui choisissent déjà des ministres

MONTRÉAL — Alors que le chef des libéraux et celui de la CAQ ont commencé à distribuer les portefeuilles, le chef péquiste Jean-François Lisée les raille, soulignant que ses adversaires en sont déjà rendus à leurs deuxièmes choix pour leurs futurs ministres.

Et puis, agir de la sorte avant l’élection — et dans les premiers jours de campagne — est pour le moins inhabituel, juge-t-il.

«Les Québécois n’aiment pas qu’on les prenne pour acquis», a-t-il lancé vendredi. Le chef libéral Philippe Couillard et le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) François Legault présument du résultat de l’élection, à son avis.

«Ce n’est pas dans la poche. Ne faites pas vos conseils de ministres, n’achetez pas vos rideaux», leur a-t-il dit «amicalement».

Le chef des péquistes a tenu ces propos vendredi après-midi, dans un marché public de Laval. Il s’y est adonné à un bain de foule et a répondu aux questions des journalistes.

Sur les deuxièmes choix des deux chefs, il a fait valoir qu’il n’y a pas si longtemps, M. Couillard disait tout le bien du monde de son ministre de la Santé, Gaétan Barrette. Pourtant, il placerait maintenant plutôt en poste Gertrude Bourdon, la PDG du CHU de Québec, à qui il aurait offert le poste de ministre. Il a toutefois promis le Conseil du trésor à M. Barrette.

Le chef caquiste, qui avait envisagé, avant son changement de cap, Mme Bourdon comme ministre de la Santé, semble maintenant se tourner vers Danielle McCann, pressentie pour ce poste.

Interrogé à savoir si ses adversaires agissaient de la sorte parce qu’ils étaient confiants de l’emporter le 1er octobre — une position qui n’est actuellement pas la sienne, étant troisième dans les sondages — M. Lisée a rétorqué que les Québécois n’aiment pas les gens «trop confiants», ni ceux qui décident pour eux.

Les fournitures scolaires

Plus tôt vendredi, la campagne péquiste a fait une promesse électorale qui vise à faciliter la vie des parents d’élèves. Il s’agit de demander à chaque école primaire et secondaire de leur offrir la possibilité d’obtenir directement cahiers, crayons et cartables.

Les parents ne seraient toutefois pas obligés d’adhérer à cette mesure. Mais s’ils l’adoptent, leur facture devrait être moins élevée, disent les péquistes.

«C’est de plus en plus cher», s’est insurgé le chef, «à cause des compressions, de l’austérité libérale».

En cette deuxième journée de campagne électorale, le Parti québécois (PQ) a poursuivi son offensive pour séduire les familles, mais aussi les électeurs de Montréal et de ses couronnes nord et sud. Car après un début de journée dans la métropole, l’équipe s’est dirigée vers Chambly, puis à Laval. Elle était aussi restée dans la grande région montréalaise la veille.

Et, pour une seconde journée consécutive, la colorée caravane péquiste s’est rendue dans des circonscriptions qu’elle veut ravir à ses adversaires. Vendredi matin, l’annonce a été faite dans Gouin, détenue par Gabriel Nadeau-Dubois de Québec solidaire (QS), à qui le PQ dispute souvent le titre de parti des politiques prosociales. Les circonscriptions visitées en après-midi sont aux mains des libéraux.

«Comme hier (jeudi), on est dans des comtés qu’on veut prendre», a déclaré Jean-François Lisée.

Sur sa mesure concernant les fournitures scolaires, le parti juge l’offre des plus favorables. Car qui dit «achats regroupés dit moindres coûts», fait-il valoir.

«C’est gagnant-gagnant. On produit des économies d’échelle», a commenté la vice-cheffe Véronique Hivon, présente à l’annonce, tout comme la candidate dans Hochelaga-Maisonneuve, Carole Poirier.

Fini la pénible chasse au cartable bleu quand tous les magasins les ont vendus et les enfants qui réclament du matériel — plus cher — aux images de leurs films préférés.

Bref, les parents auront le choix entre s’inscrire au forfait «tout prêt», ou prendre les 100 $ actuellement offerts pour les fournitures scolaires et faire leurs achats eux-mêmes.

Les écoles pourraient d’ailleurs se regrouper, notamment sous la forme de coopératives scolaires, afin d’offrir ce service aux parents.

Le PQ estime qu’il s’agit d’une mesure à coût nul qui donnera plus de temps aux familles.

Certaines écoles québécoises offrent d’ailleurs déjà ce service.

Appelé à réagir, le ministre de l’Éducation sortant, Sébastien Proulx, a souligné que l’intention d’un gouvernement libéral est d’embaucher dans les écoles.

«Mais moi j’aime mieux embaucher des profs, des orthophonistes, des orthopédagogues qui offrent des services à des enfants plutôt que des gens qui font davantage d’administration», a-t-il précisé.

Mercredi, la veille du déclenchement de l’élection, le PQ avait aussi fait l’annonce d’un service de repas abordables dans les écoles, disant vouloir «libérer les parents des lunchs».