Frédérique St-Jean, présidente du Comité national des jeunes du Parti québécois

Les jeunes des partis veulent influencer les positions de leurs formations

MONTRÉAL — À l'aube des prochaines élections, les ailes jeunesse des partis politiques comptent se faire entendre pendant cette campagne et influencer la plateforme qui sera présentée aux jeunes Québécois, qui formeront cette année le tiers des électeurs.

«Le rôle d'une aile jeunesse, ce n'est pas d'acquiescer tout bonnement à toutes les idées du parti. Notre rôle avant tout, c'est de défendre les intérêts des jeunes au sein du parti et s'assurer que la voix des jeunes est entendue», a confié Frédérique St-Jean, présidente du Comité national des jeunes du Parti québécois (PQ).

Mme St-Jean, qui a 25 ans, affirme qu'il sera important de rappeler au parti qu'il doit adopter le «bon ton» en campagne, pour que l'idée de «faire de la politique autrement» soit réalité.

«Parfois, ça vaut la peine d'être plus revendicateur, brasser les choses. Mais en ce moment, il y a vraiment une belle écoute, une belle ouverture à nos idées», a-t-elle ajouté.

Stéphane Stril, du Parti libéral du Québec (PLQ), et Kevin Paquette, de la Coalition avenir Québec (CAQ), croient aussi avoir l'oreille du parti quant à leurs revendications, même s'ils reconnaissent qu'ils ne peuvent pas gagner toutes les batailles. Par exemple, les jeunes libéraux souhaitaient la tenue d'une consultation sur le racisme systémique, ce qui ne s'est finalement pas concrétisé.

«Le gouvernement a un agenda aussi, nous on est là pour mettre de la pression. On est conscient que tout ce qu'on demande ne peut pas être accepté», a soutenu M. Stril.

Le jeune homme de 24 ans souligne la contribution des jeunes aux débats sur Uber et la rémunération des stagiaires en enseignement.

«On est pratiquement tout le temps consultés», a indiqué pour sa part M. Paquette.

Il mentionne que ce sont les jeunes caquistes qui ont proposé la position constitutionnelle du parti, qui fait la promotion d'un «Québec fort dans un Canada uni». «C'est l'article 1 de la CAQ, a-t-il souligné. C'est une idée qui est partie de la commission de la relève.»

Influence sur les propositions

Trois des quatre grands partis ont des ailes jeunesse qui disent avoir une grande influence sur la plateforme qui sera présentée aux Québécois en octobre.

Au PLQ, la Commission jeunesse, qui regroupe les membres de 16 à 25 ans, a le tiers des voix dans chacune des instances. Au PQ, dans toutes les instances, au moins une personne sur trois doit être âgée de 16 à 30 ans.

Et à la CAQ, des membres de la Commission de la relève font partie de la Commission politique du parti, qui rédige le programme et la plateforme caquiste. L'aile jeunesse caquiste est formée des membres de moins de 30 ans.

De son côté, Québec solidaire n'a pas de comité jeunesse, car le parti juge que ses membres jeunes sont assez nombreux pour faire une différence dans les décisions du parti. Dans le parti de gauche, le tiers des membres ont moins de 35 ans.

«Les jeunes sont très nombreux à s'impliquer directement dans les postes décisionnels à Québec solidaire. Quand on pense au comité de coordination et à toutes les instances, les jeunes sont directement impliqués et ça se fait de façon très organique», a expliqué Viviane Martinova-Croteau, la candidate de Québec solidaire dans Acadie.

«Même parmi les candidats et candidates investis, la moyenne d'âge est de 41 ans, alors ça démontre qu'on est très bien représentés parmi les différentes instances», a ajouté la jeune
femme de 28 ans.

En comparaison, à la CAQ, 19% des membres sont âgés de 16 à 30 ans. Le PQ n'a pu fournir les données actuelles, mais il y a un an, le parti affirmait que parmi ses membres, 16% étaient
âgés de moins de 40 ans. Au PLQ, on ne divulgue jamais les informations sur l'âge des membres.

Implication en campagne

En entrevue au cours des dernières semaines, tous les dirigeants des ailes jeunesse ont indiqué qu'ils seraient bien présents avant et pendant la campagne pour rejoindre les jeunes.

Pendant l'été, ils débarqueront sur les campus des cégeps et des universités, mais on pourra aussi les voir aux côtés des différents candidats lors d'événements de campagne.

«Déjà, en tant que président de la Commission de la relève, je me fais solliciter par nos candidats pour visiter leur circonscription, les accompagner dans les événements et rencontrer les jeunes dans leur région», a indiqué Kevin Paquette, le dirigeant de 21 ans de l'aile jeunesse caquiste.

Pas candidats, pour l'instant

Questionnés sur la possibilité de se présenter aux prochaines élections, les trois représentants jeunesse des partis ont écarté la possibilité de se porter candidat, du moins pour ce scrutin.

En 2017, l'ex-président de la Commission jeunesse du PLQ Jonathan Marleau s'était retiré temporairement de ses fonctions pour se présenter à l'élection partielle de Gouin.

«Peut-être pour une autre campagne, mais pour celle-ci, je me concentre vraiment sur mon rôle de président de la Commission jeunesse», a déclaré son successeur, Stéphane Stril.

«Être dans un comté, ça va être un défi que je vais vouloir relever un jour probablement, mais pour l'instant, d'intéresser ma génération à la politique, c'est vraiment ce à quoi je veux
m'attaquer», a renchéri Frédérique St-Jean.

Pour sa part, Kevin Paquette préfère terminer ses études avant de faire le saut.

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Les candidats investis les plus jeunes des principaux partis:

William Lepage, 19 ans et un mois (Québec solidaire)

Blake Ippersiel, 19 ans et huit mois (Parti québécois)

Kevin Deland, 20 ans et un mois (Parti libéral du Québec)

Samuel Poulin, 27 ans et trois mois (Coalition avenir Québec)