En 2014, François Legault promettait de couper 20 000 postes dans la fonction publique. Cette fois, il a choisi de présenter un plan plus «réaliste» et «conservateur».

Legault veut couper moins de fonctionnaires qu’avant

François Legault adoucit sa position sur le grand ménage à réaliser dans la fonction publique et promet de couper 5000 postes de fonctionnaires d’ici quatre ans, au lieu de 20 000. «On a mis un petit d’eau dans notre vin.»

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) a choisi de faire connaître ses cibles de réduction de la bureaucratie à Québec, parce que les gens de Québec «sont à même de constater qu’il y a du gaspillage» au sein de l’État, croit-il.

En 2014, M. Legault promettait de couper 20 000 postes. «À l’époque, on était plus ambitieux», reconnaît-il, avant d’ajouter que cette fois-ci, il a choisi de présenter un plan plus «réaliste» et «conservateur». 

Ce n’est pas la première fois que la CAQ adoucit l’une de ses positions. En mai dernier par exemple, M. Legault a indiqué qu’il laissait tomber le combat pour la démocratie et la transparence syndicale, parce qu’il fallait savoir choisir ses «batailles».

La CAQ trouve quand même que certains fonctionnaires alimentent encore une bureaucratie «qui n’est pas nécessaire» aujourd’hui. «Il y a des rapports qui sont inutiles actuellement», soutient M. Legault. 

Pas question pour lui toutefois de couper parmi les fonctionnaires qui donnent directement des services à la population. Des embauches pourraient même être possibles dans certains secteurs. 

En coupant 5000 postes, la CAQ appliquerait une cure d’amaigrissement de 1 % de la fonction publique. Un employé sur sept qui quitterait pour la retraite d’ici 2022 ne serait pas remplacé. 

C’est toutefois trop pour le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec, qui soutient que l’État est plutôt en manque d’effectifs à l’heure actuelle et a un problème d’attractivité. «Je trouve que c’est très gros. On est déjà, avec les années d’austérité, à la limite de pouvoir rendre les services», indique son président Christian Daigle. 

Pour M. Daigle, M. Legault ne fait que répéter un message électoraliste en ce moment. «Pour quelqu’un qui veut devenir premier ministre, de connaître aussi peu l’appareil public, c’est assez désolant.»

Informatique 

M. Legault a également promis de s’attaquer aux dépenses du gouvernement en informatique, afin de gagner en efficacité. Le Québec compte 457 Centres de traitement informatique à l’heure actuelle, alors que l’Ontario en compte deux. La CAQ promet de regrouper tous ces centres, de réformer les façons de faire et de rebâtir l’expertise informatique à l’interne. «On n’est pas efficaces en technologies de l’information. C’est un peu un bar ouvert avec les entreprises privées», exprime le chef. 

Le parti compte également réduire d’au moins 10 % les coûts d’approvisionnement en biens et services du gouvernement. Avec toutes ces mesures, la CAQ croit pouvoir générer des économies totales de 1,18 milliard $. 

Une pensée magique 

Pour le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, l’informatique représente un gouffre financier pour l’État. Chaque tentative de réforme est imprévisible», a-t-il prévenu en marge d’une visite au Musée national des beaux-arts du Québec. «Il n’y a aucun plan d’affaires qui peut dire qu’on va économiser 800 millions $ sur l’informatique, ça n’existe pas», poursuit-il. 

Selon M. Lisée, il faut investir, ce qui va permettre par la suite de faire des économies. 

Le projet du PQ est donc de transformer la fonction publique en la valorisant. «Si vous avez 90 jours pour émettre un certificat d’autorisation en environnement, vous allez être valorisé si vous le remettez en 10 jours», a-t-il illustré.  Avec Céline Fabriès