Le chef péquiste, qui se concentre sur le thème de la santé en ce 16e jour de campagne, propose également que les CLSC soient ouverts sept jours sur sept, jusqu’à 21 heures, et que les infirmières praticiennes spécialisées (IPS) y exercent de façon autonome.

Le PQ rembourserait un premier cycle de fertilisation in vitro, dit Lisée

SOREL-TRACY — Un gouvernement péquiste rétablirait «immédiatement» la couverture publique du premier cycle de la fertilisation in vitro (FIV).

Le régime public des traitements de fécondation in vitro est passé à la trappe en 2015, avec l'adoption du projet de loi 20, parrainé par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

Cette abrogation «a eu des conséquences réelles dans les vies des gens», a déploré le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, en confirmant son engagement, vendredi.

«C'est une condition médicale, l'infertilité. Ce n'est pas un choix de vie, ce n'est pas comme se faire percer les oreilles, là!» a-t-il plaidé en conférence de presse devant le centre hospitalier de l'Hôtel-Dieu, à Sorel-Tracy, en Montérégie.

Ce programme coûtait en moyenne 66 millions $ par année et permettait jusqu'à trois cycles de FIV.

Depuis qu'il a été aboli, une personne (ou un couple) incapable de concevoir un enfant qui a recours à ce type de traitement n'a droit qu'à un crédit d'impôt modulé en fonction du revenu, qui rembourse entre 20 et 80 % des coûts y étant associés.

Or, la facture pour un cycle de fécondation peut atteindre plusieurs milliers de dollars.

«Imaginez un jeune couple qui a 25, 30 ans, et à qui on demande d'avancer 10 000 $ pour un processus de fécondation in vitro. Ces gens-là ensuite ne sont pas sûrs de ce qu'ils vont recevoir», a illustré Diane Lamarre, qui était porte-parole du parti en matière de santé à l'Assemblée nationale.

Le PQ évalue qu'il en coûterait environ 31 millions $ par année pour ramener un régime public de FIV.

Mais cette nouvelle mouture devrait être mieux encadrée et tenir compte, notamment, des recommandations contenues dans un avis produit en 2014 par le Commissaire à la santé et au bien-être (CSBE), a-t-on souligné au parti.

Ce rapport notait entre autres que «le taux de succès potentiel» devrait «être un critère d'accès» au régime, et donc qu'«aucune intervention ne devrait être entamée si le taux de succès se trouve sous un seuil minimal de 5 à 10 %».

Une telle approche permettrait d'«éviter des interventions futiles et coûteuses qui, de surcroît, comportent des risques», écrivait le CSBE.

Le PQ avait déjà fait part en février dernier de son intention de rétablir la couverture publique de la fécondation in vitro.

Abolition controversée

L'abolition du régime de procréation assistée, qui a été adopté sous l'ancien ministre de la Santé, le libéral Yves Bolduc, avait fait couler beaucoup d'encre.

Son successeur à la barre du ministère, Gaétan Barrette, avait descendu le programme en flammes, le qualifiant de «bar ouvert» en entrevue avec le Journal de Québec.

Il avait aussi soutenu, lors de cet entretien réalisé en janvier 2015, que les techniques sophistiquées de FIV pouvaient mener à une forme de trafic d'organes éthiquement douteux et permettre à ceux qui le souhaiteraient de verser dans l'eugénisme.

«Il y a des gens qui sélectionnent des embryons, ça se fait pour avoir accès à un patrimoine génétique chez l'enfant qui va être compatible avec le parent», avait argué le ministre Barrette.

Horaires des CLSC

Le PQ a également proposé vendredi que les portes des CLSC soient ouvertes sept jours sur sept, jusqu'à 21 heures, avec en tout temps une infirmière praticienne spécialisée au poste.

La porte-bannière péquiste dans la circonscription de Taillon, Diane Lamarre, a nié que cela équivaudrait à transférer le problème d'achalandage des salles d'urgence des hôpitaux vers ces établissements.

«Les CLSC sont proches des gens; les gens vont y aller. Pour évaluer une otite ou faire des points de suture, ça ne prend pas des heures. Actuellement, on fait attendre des heures et des heures à des gens et on congestionne l'urgence de l'hôpital», a-t-elle dit.

À l'heure actuelle, les jours et les heures d'ouverture des CLSC varient d'un établissement à l'autre.

Pas de rebrassage de structure

Le chef péquiste a par ailleurs fait part vendredi de son intention de mettre «un cran d'arrêt à toute forme de centralisation» dans le réseau de la santé.

Mais le plan n'est «surtout pas» de replonger le réseau dans une nouvelle réforme de structures — un gouvernement du PQ ne répondrait pas au «traumatisme» infligé par les libéraux avec un «autre traumatisme», a plaidé Jean-François Lisée.

«Quand on regarde la réforme Barrette, on se dit que ça aurait été mieux qu'elle n'existe pas», mais «on va garder les structures actuelles des CSSS et des CIUSSS et on va les déconcentrer» et les rendre «plus démocratiques», a-t-il signalé.

La décentralisation se ferait à coût nul, a indiqué Jean-François Lisée.