Le chef du PCQ, Adrien Pouliot

Le Parti conservateur du Québec veut faire élire son premier député en octobre

MONTRÉAL — Le Parti conservateur du Québec (PCQ) aspire à faire élire son premier député à l’Assemblée nationale aux prochaines élections d’octobre, ou à tout le moins augmenter ses appuis, quatre ans après avoir récolté moins d’un pour cent des voix au scrutin provincial.

En entrevue avec La Presse canadienne au début de la semaine, le chef du PCQ, Adrien Pouliot, a dit qu’il avait bon espoir d’obtenir plus de votes des Québécois cette fois-ci, mentionnant qu’il était en voie de recruter plus de 100 candidats, alors que le parti n’en avait eu que 59 en 2014. Le parti espère présenter ses 125 candidats pour l’élection.

M. Pouliot perçoit beaucoup de potentiel chez les anglophones et auprès des citoyens de la région de Québec, qu’il côtoie dans la circonscription de Chauveau, où il se présente.

Selon lui, le PCQ est la seule formation politique de droite au Québec, et il classe les quatre autres partis comme étant à gauche, dont le Parti libéral du Québec (PLQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ).

«Il y a vraiment une «écoeurantite» des libéraux et les gens cherchent une alternative, a soutenu M. Pouliot au bout du fil. Et ils voient M. Legault (François, le chef de la CAQ) comme ce qu’il est: une peinture neuve sur un vieux «char». Ça n’en fait pas une auto neuve, ça.»

Le dernier test électoral du PCQ remonte à la fin de l’année 2017. Lors de l’élection partielle dans la circonscription de Louis-Hébert, dans la région de Québec, la candidate du PCQ, Sylvie Asselin, avait terminé cinquième avec un peu plus de 4 pour cent du vote.

Faire connaître le parti

M. Pouliot croit que le défi de son parti est de se faire connaître, car selon lui, ses idées résonnent auprès des Québécois, notamment en matière de santé.

«Les Québécois sont les Canadiens les plus intéressés à augmenter le rôle du privé dans la gestion de la santé. Alors, oui, je pense que clairement les gens sont tannés d’attendre 15 ans à l’urgence pour se faire soigner», a-t-il fait valoir.

«Les Québécois sont prêts à entendre des solutions nouvelles. Ça fait 40 ans au Québec qu’on a la même recette d’étatisme, d’implication du gouvernement, puis qu’on change de chef. Nous, on propose de changer la recette.»

M. Pouliot n’a pas voulu divulguer immédiatement les engagements de son parti pour la campagne, mais il souligne qu’ils refléteront les valeurs du PCQ, qui défend notamment les droits et les libertés individuelles, ainsi que la diminution de l’interventionnisme de l’État.

«Oui, ça prend un État, mais on trouve que l’État au Québec est trop gros. Donc on veut réduire la taille de l’État, pour réduire le fardeau fiscal des Québécois», a souligné le chef conservateur, qui a utilisé le terme «gouvernemaman» plusieurs fois au cours de l’entrevue.

Un certain conservatisme social

Le PCQ est d’abord et avant tout un parti conservateur sur le plan économique, soutient M. Pouliot, même s’il avoue que certains de ses candidats sont plus conservateurs que lui sur le plan social.

La «Zone Assnat» du «Journal de Québec» révélait mardi dernier que le candidat du PCQ dans Matane-Matapédia était ouvertement contre l’avortement et contre le mariage entre conjoints de même sexe.

«Moi personnellement, je suis pour l’avortement, je suis pour le mariage gai», a nuancé M. Pouliot.

Ces deux enjeux n’apparaissent pas dans le programme du parti adopté en mai 2018.

M. Pouliot souligne que le PCQ est davantage conservateur social lorsqu’il est question de justice et de famille. Selon le programme, par exemple, le parti abolirait la Loi sur l’immatriculation des armes à feu et adopterait une «Charte québécoise des droits des victimes».

Par ailleurs, il verserait une allocation de garde imposable de 100 $ par enfants aux familles, une idée prônée par la défunte Action démocratique du Québec (ADQ).