«Nous nous sommes donné les moyens de faciliter la vie des Québécois», a répété Philippe Couillard, mercredi.

Finances publiques: Couillard promet l’équilibre

Grâce à ses marges de manoeuvre de 950 millions $, une croissance économique plus vigoureuse que prévu et une révision de programmes, le Parti libéral du Québec (PLQ) estime pouvoir financer ses promesses estimées à 2,45 milliards $ tout en maintenant l'équilibre des finances publiques.

En dévoilant son cadre financier, mercredi, à Montréal, la formation politique a également confirmé qu'elle ne pigera pas davantage dans la réserve de stabilisation si elle est reportée au pouvoir le 1er octobre.

Le PLQ est ainsi moins dépensier que la Coalition avenir Québec (CAQ), puisque dans son cadre financier, le parti dirigé par François Legault propose d'augmenter les dépenses de 2,67 milliards $.

«Nous nous sommes donné les moyens de faciliter la vie des Québécois», a plaidé le chef du PLQ, Philippe Couillard, dont les premières années du dernier mandat ont été marquées par d'importantes réductions de la croissance des dépenses de l'État.

Les 2,45 milliards $ d'engagements des libéraux s'échelonnent jusqu'en 2022-2023, mais cette somme tient compte de promesses qui n'ont pas encore été dévoilées.

Le PLQ prévoit également une hausse des revenus autonomes — qui ne proviennent pas des sociétés d'État et des transferts fédéraux — plus élevés en relevant ses prévisions de croissance du produit intérieur brut (PIB), qui demeurent toutefois légèrement inférieures aux prévisions du secteur privé.

Mieux que prévu

Puisque l'économie est plus vigoureuse que prévu, les libéraux tablent sur une croissance de 2,3 % cette année, soit 0,2 point de pourcentage de plus par rapport à la prévision du rapport préélectoral. Cela devrait permettre d'empocher un peu plus de 200 millions $.

«Nous sommes heureux et agréablement surpris du début de 2018, a dit M. Couillard. Peu de gens avaient prédit cela.»

En moyenne, la croissance du PIB devrait être de 1,7 % d'ici 2022, soit un dixième de point de plus que la cible précédente, prévoit le cadre financier du PLQ. Elle devrait toutefois ralentir à 1,4 % en 2021 et 2022, ce qui est bien en deçà de la prévision de la Coalition avenir Québec (CAQ), qui anticipe 1,8 % dans son cadre financier.

Quant à la croissance des revenus autonomes pour l'année en cours, elle est révisée fortement à la hausse, de 0,6 point de pourcentage, à 1,9 %, par rapport à la prévision précédente.

Pour M. Couillard, le cadre financier de sa formation tient compte de la «totalité des promesses» et de «leurs effets sur les finances publiques», décochant du même coup une flèche à M. Legault, le qualifiant de «pas fiable» pour gérer l'économie de la province.

«(Notre cadre financier) ne repose pas sur d'hypothétiques économies de dépenses de 4 milliards $», a-t-il poursuivi, faisant allusion aux objectifs des caquistes de récupérer ce montant dans les dépenses administratives de l'État.

Comme il était prévu dans le budget déposé au printemps dernier, le PLQ souligne qu'il pigerait 1,6 milliard $ cette année dans sa réserve de stabilisation pour équilibrer les finances publiques. Pour les deux autres années financières, les provisions seraient de 936 millions $ et 479 millions $.

En ce qui a trait aux dépenses de mission, il devrait y avoir une hausse minimale de 4 % du côté du portefeuille de l'éducation au cours d'un prochain mandat. En ce qui a trait à la santé, le plancher de la croissance des dépenses serait de 4,2 %.

Des critiques

Le chef caquiste, François Legault, s'est attaqué au document de 19 pages du PLQ, reprochant au parti de ne remettre qu'environ 1,2 milliard $ dans les poches des contribuables, comparativement à 1,7 milliard $ pour son parti.

«Après avoir crié au loup pendant longtemps, Philippe Couillard nous propose un plan qui est très agressif, a-t-il dit. C'est un plan beaucoup moins conservateur que celui de la CAQ.»

En point de presse à Montréal, la vice-cheffe du Parti québécois (PQ), Véronique Hivon, et le porte-parole en matière de finances, Nicolas Marceau, ont parlé de «triche» en commentant le cadre financier des libéraux.

Les représentants de la formation souverainiste ont notamment déploré une hausse de 6,3 % des dépenses consolidées pour l'exercice 2018-2019, qui fléchissent par la suite de façon importante, à 2,6 % lors de l'année financière suivante.

Par ailleurs, le PLQ croit avoir les moyens pour faire face à une crise économique grâce aux sommes qui seraient accumulées d'ici 2023 pour totaliser près de 8 milliards $. Il s'agit d'une somme de 4,1 milliards $ découlant des provisions pour éventualités, d'un fonds de suppléance et de provisions destinées au service de la dette.

À cela s'ajoute la réserve de stabilisation de quelque 3,8 milliards $.

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CERTAINES DES PROMESSES COÛTEUSES DU PLQ

• Allocation annuelle de 150 $ à 300 $ par enfant pour les parents: 380 millions $.

• Gratuité des services de garde à l'enfance pour les enfants de quatre ans: 250 millions $.

• Gratuité du transport en commun pour les étudiants à temps plein et aînés: 200 millions $.

• Encadrement des tarifs de stationnement des établissements de santé: 100 millions $.

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