Le Parti libéral du Québec en Mauricie va perdre sa seule femme, Julie Boulet. On aperçoit Philippe Couillard et sa ministre, avec les députés Marc H. Plante et Pierre Giguère, lors d’une visite du premier ministre du Québec au Digihub plus tôt cette année.

Élections: les partis fourbissent leurs armes en Mauricie

Trois-Rivières — Dans deux mois, les électeurs du Québec seront appelés à se rendre aux urnes pour élire leur gouvernement. Même si les candidatures du Parti québécois et de la Coalition Avenir Québec ne sont pas encore officialisées dans Maskinongé, les principaux partis seront prêts en région pour le déclenchement de la campagne électorale.

Dans Maskinongé, l’investiture péquiste de Nicole Morin aura lieu le 6 août tandis que la candidature caquiste de Simon Allaire sera confirmée dans les prochains jours.

Le député libéral sortant, Marc H. Plante, se garde bien de tirer une conclusion quelconque de ces candidatures tardives. «On a toujours des adversaires. Malheureusement, on ne les choisit jamais. J’affronterai les gens que les formations politiques auront décidés. Leur stratégie d’annonces de candidats leur appartient», a-t-il confié.

Chose certaine, l’adjoint parlementaire du premier ministre pour les régions n’a pas attendu de connaître le nom de ses opposants pour se mettre au boulot et participer à plusieurs activités au quotidien. «Je vais faire la même campagne qu’en 2014, soit aller à la rencontre des gens, proposer des idées, défendre un excellent bilan. Une élection dans la vie, ce n’est jamais gagné. J’offre une seule chose, tout mon amour et mon dévouement envers les citoyens de Maskinongé», a-t-il indiqué.

Et à ceux qui reprochent à son gouvernement de multiplier les annonces ces jours-ci, le président du caucus régional rappelle qu’un dossier, « ça prend parfois plus que deux semaines à régler».

«Et parce que c’est la première fois qu’on a des élections à date fixe, à écouter certaines personnes, toute annonce depuis janvier devient une annonce préélectorale ou électoraliste», souligne M. Plante.

Et quand on lui parle de l’impression d’usure du pouvoir qui se rattache à son parti, il dit ne pouvoir l’appliquer à son cas. «J’ai 37 ans et j’ai été élu en avril 2014», se plaît-il à mentionner.

À son avis, le gouvernement Couillard a opéré «la plus grande transformation des systèmes du fonctionnement de l’État». «Les gens voient en nous une équipe solide au niveau économique. Ça va bien. On a le plein emploi quasi partout en Mauricie, ce qui fait que le gros enjeu est maintenant la pénurie de main-d’œuvre. On a livré la marchandise en Mauricie», affirme M. Plante.

Interrogé à savoir si la perte de Julie Boulet aura pour effet d’affaiblir l’équipe libérale en région, le député de Maskinongé rétorque «qu’elle fait toujours partie intégrante de l’équipe et travaille toujours avec nous».

Si les libéraux de la Mauricie perdent leur seule femme, le Parti québécois peut se targuer de présenter une équipe largement féminine en région, à l’exception du candidat dans Champlain, Gaétan Leclerc. Un scénario qui plaît visiblement à la vice-cheffe, Véronique Hivon.

«Il y a eu beaucoup d’intérêt de femmes très compétentes dans la région. On est très heureux de ça, ce sont des femmes engagées, tout comme notre candidat. Ce sont des gens bien enracinés dans leur milieu, avec des expériences extraordinaires. Nous sommes très ravis de la qualité des candidatures», a-t-elle fait savoir au Nouvelliste.

Alors que la Mauricie est entièrement libérale et que le vent qui souffle est caquiste, la députée de Joliette se dit confiante de reconquérir les comtés de la région.

«Pendant très longtemps, on a eu beaucoup d’élus. On a des assises très solides, une organisation terrain et des objectifs de financement qui sont déjà dépassés», fait-elle remarquer.

À son avis, ce qui va amener les électeurs mauriciens à ignorer la CAQ au profit du PQ, c’est qu’ils peuvent constater que «les candidats du PQ sont des gens de conviction». «Ils sont engagés au Parti québécois, pas selon l’humeur du jour, mais parce qu’ils ont des convictions fortes», soutient Mme Hivon.

Cette dernière dit miser sur un programme et des idées «qui collent à la réalité des gens et répond aux besoins concrets», entre autres, dans le domaine de la santé. «On est le parti des régions», plaide celle qui prévoit débarquer souvent dans sa région voisine.

Du côté de la CAQ, à deux mois du scrutin provincial, les sondages sont plutôt favorables. «On est confiant, mais on ne prend absolument rien pour acquis. On va avoir une excellente équipe de la Mauricie pour la CAQ. C’est fondamental. Notre objectif, c’est de prendre le pouvoir. C’est important de gagner la Mauricie. Sur le terrain, il y a vraiment un désir de changement. On l’entend très régulièrement. Notre défi, c’est de se montrer à la hauteur», raconte le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel.

D’ailleurs, son chef, François Legault, devrait profiter de ses nombreux déplacements entre Montréal et Québec pour s’arrêter en région. «C’est évident qu’il va venir en Mauricie très souvent», prédit-il.

Quand on lui parle du bilan libéral par rapport à un taux de chômage historiquement bas, ce dernier signale que «ce n’est pas le nombre d’emplois, mais la qualité des emplois et le salaire, inférieur à la moyenne du Québec, qui posent problème».

«On veut être plus agressif pour attirer des investissements privés ici, supporter les entrepreneurs dans leur croissance et travailler de concert avec l’université pour des centres d’innovation», a-t-il énuméré comme solutions.

Dans son comté, M. Martel devra affronter, entre autres, un candidat de Québec solidaire, François Poisson. Or, ce parti aura également des représentants dans toutes les circonscriptions de la Mauricie. Et pour l’instant, le Parti vert du Québec sera présent dans Maskinongé, Champlain et Trois-Rivières.