Karine Vallières

Circonscription de Richmond : succéder à la famille Vallières

Ça y est, le Québec est plongé en campagne électorale depuis jeudi. Mais sur le terrain, la campagne est bien amorcée depuis des semaines, entre autres dans certaines circonscriptions particulièrement chaudes. Les journaux du Groupe Capitales Médias vous ont proposé les dimanches depuis six semaines six luttes qui feront jaser dans tout le Québec. La série se termine aujourd'hui, avec la circonscription de Richmond.

Le libéral Yvon Vallières y a régné sans interruption pendant 31 ans, puis sa fille Karine Vallières a repris le flambeau pour six années de plus. Maintenant qu’elle se retire, tous les scénarios sont possibles dans la circonscription de Richmond, en Estrie.

D’autant que s’y affrontent une libérale bien connue dans une partie du comté, la conseillère municipale de Sherbrooke Annie Godbout, et un caquiste solidement implanté dans l’autre pôle, l’ex-maire d’Asbestos André Bachand.

Karine Vallières a créé une surprise certaine quand elle a annoncé en février dernier qu’elle mettait une croix sur sa vie politique « à court et à moyen terme ». Âgée de 40 ans, la députée, qui est adjointe parlementaire du premier ministre pour le volet jeunesse depuis plus de deux ans, a évoqué son désir de consacrer davantage de temps à ses deux adolescentes et à ses proches pour expliquer ce virage.

« Je mets mon chapeau de politicienne, de maman et de fille de politicien, je comprends leurs besoins et je les partage », confiait-elle à La Tribune au moment d’annoncer sa décision, en rappelant que son père, Yvon Vallières, avait été député de Richmond de 1973 à 1976, puis de 1981 à 2012.

« Au terme de sa carrière, il avait déclaré dans son discours que son seul regret était de ne pas avoir vu grandir ses enfants. Là, je n’aurai pas de regret de partir à la fin de mon mandat, mais le risque serait grand de regretter plus tard de ne pas l’avoir fait. »

La circonscription de Richmond englobe essentiellement les municipalités d’Asbestos, Danville, Richmond, Windsor, Valcourt et le secteur Rock Forest-Saint-Élie-Deauville de la Ville de Sherbrooke.

L’économie d’une partie du comté est en repositionnement depuis la fin de l’industrie de l’amiante, l’industrie agroalimentaire et la ruralité préoccupent une autre partie des électeurs, tandis qu’un autre pan conjugue plutôt avec les défis de la vie en banlieue.

Profitant du contexte du départ de Mme Vallières, la Coalition avenir Québec a recruté une tête connue pour tenter de ravir la circonscription aux libéraux. 

Le chef François Legault martelait ce printemps que la candidature d’André Bachand envoie « un message fort aux gens de l’Estrie » voulant que la CAQ a l’intention de s’implanter durablement dans la région.

André Bachand (CAQ)

André Bachand (CAQ)

Maire d’Asbestos de 1986 à 1997 et député sous la bannière du Parti progressiste-conservateur de 1997 à 2003, M. Bachand a tenté sans succès un retour sous cette bannière en 2008. Il s’est également exilé de la région pendant quelques années pour être chef du Bureau du Québec à Ottawa puis ambassadeur canadien à l’UNESCO, mais est resté très attaché à sa région, assure-t-il. Natif d’Asbestos, il y réside toujours et est père d’un jeune adulte.

François Legault a vanté sa maîtrise de l’importance du développement économique pour les régions et lui destine « un rôle important dans un éventuel gouvernement de la CAQ ».

André Bachand a identifié trois priorités importantes pour le comté, soit la diversification économique, la couverture internet haute vitesse et la route 257.

Annie Godbout (PLQ)

Annie Godbout (PLQ)

Conseillère municipale à la Ville de Sherbrooke depuis 2013, Annie Godbout a été pressentie pour la mairie aux élections de 2017. La mère de trois adolescents a finalement décliné la proposition pour « pouvoir continuer à concilier le travail, la famille et la politique » et pour « continuer à prendre de l’expérience ». Il semble que ce soit Karine Vallières qui l’a convaincue de faire le saut en politique provinciale sous la bannière libérale, bien qu’elle ait avoué avoir également été approchée par François Legault.

« La porte libérale s’est ouverte par le biais de Karine, et j’adhère au discours libéral qui est très inclusif, a-t-elle assuré au printemps dernier. (...) Avant toutes choses, j’étais kariniste, j’aime cette façon de faire de la politique en faisant travailler tout le monde ensemble. » 

Établie à Rock Forest, Annie Godbout est originaire de Windsor et est entrepreneure dans le domaine des technologies de l’information et des communications.

Véronique Vigneault (PQ)

Véronique Vigneault (PQ)

D’emblée, Véronique Vigneault s’est définie comme une candidate atypique. Devant les médias et son chef Jean-François Lisée, la péquiste a rendu hommage à la libérale Karine Vallières, dont elle souhaite désormais occuper le siège dans Richmond. « Je ne pourrais pas être ici aujourd’hui sans dire que Karine Vallières a fait un travail exceptionnel pour Richmond. Ce n’est pas propre à mon parti de faire de bonnes choses et ce n’est pas propre aux autres partis d’en faire des mauvaises. Il y a de bonnes personnes partout », selon Mme Vigneault.

La femme de 37 ans, mère de trois enfants et détentrice d’une maîtrise de l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke, est l’actuelle directrice de la plateforme de financement participatif La Ruche Estrie. Elle souhaite pouvoir débattre des grands enjeux liés à la condition féminine, aux inégalités sociales, à l’environnement et au développement régional. Pour y avoir vécu, Mme Vigneault dit bien connaître les réalités rurales et urbaines de la circonscription.

Colombe Landry (Qs)

Colombe Landry (Qs)

Citoyenne de Saint-Denis-de-Brompton et militante active de Québec solidaire depuis 2007, Colombe Landry fait figure de candidate tenace dans la région. Elle a représenté son parti dans la circonscription de Johnson en 2008 puis dans Richmond aux deux dernières élections après le redécoupage de la carte électorale. 

Cumulant 35 années d’expérience en travail social dans le Val-Saint-François, elle est une militante syndicale connue et est engagée dans la protection des sources d’eau potable et l’agriculture biologique et locale. « Je veux participer à arrêter la déconstruction néolibérale du Québec et participer à l’édification d’un Québec qui ne laisse personne derrière », a-t-elle dit à l’annonce de sa candidature.

Le ministre Fortin

Luc Fortin

En Estrie, la performance des libéraux de Philippe Couillard sera particulièrement intéressante à surveiller puisque quatre des cinq députés libéraux de la région (Karine Vallières, Guy Hardy, Pierre Reid et Ghislain Bolduc) ne sollicitent pas de nouveau mandat. Celui qui reste, Luc Fortin, est député de Sherbrooke, ministre de la Famille et considéré comme une étoile montante du gouvernement Couillard. 

Le Parti québécois lui oppose le professeur de droit à l’Université de Sherbrooke Guillaume Rousseau, qui se montre très actif sur le terrain depuis bien avant le déclenchement de la campagne électorale.

La Coalition avenir Québec a mis plus longtemps à dévoiler le nom de son candidat, l’ex-conseiller municipal et homme d’affaires bien en vue à Sherbrooke Bruno Vachon. 

Tandis que Québec Solidaire a confié le même mandat à la jeune universitaire Christine Labrie.

Résultats dans Richmond en 2014

Karine Vallières (PLQ) 41,16 %

Étienne-Alexis Boucher (PQ) 27,60 %

Alain Dion (CAQ) 22,04 %

Colombe Landry (QS) 6,79 %

Aurélie Dion-Fontaine (PVQ) 1,35 %

Vincent Proulx (ON) 0,57 

Dave Côté (PCQ) 0,50