L’annulation des services de raccompagnement de l’Opération Nez rouge entraîne des obligations additionnelles pour les autorités publiques, selon Éduc’alcool.
L’annulation des services de raccompagnement de l’Opération Nez rouge entraîne des obligations additionnelles pour les autorités publiques, selon Éduc’alcool.

Éduc’alcool exige des mesures pour pallier l’annulation d’Opération Nez rouge

Mélanie Noël
Mélanie Noël
La Tribune
L’annulation des services de raccompagnement de l’Opération Nez rouge entraîne des obligations additionnelles pour les autorités publiques, selon Éduc’alcool. L’organisme d’éducation et de prévention est convaincu que les entreprises de transport, les dirigeants politiques et les policiers doivent prendre des mesures pour compenser l’absence de ce service populaire à la période des fêtes de Noël et du Nouvel An.

Augmentation des fréquences de passage des autobus. Augmentation importante des contrôles et barrages routiers. Voilà deux exemples de mesures additionnelles proposées par Educ’alcool.

« L’an dernier, il y a eu près de 70 000 raccompagnements à travers la province. Cette année, il y en aura zéro. Personne ne peut prévoir ce qui se passera en décembre. Est-ce que les gens auront le droit de se réunir? Est-ce que les bars et restaurants seront ouverts?  On peut présumer qu’il y aura moins que 70 000 demandes. Mais si on respecte les consignes de la Santé publique en octobre et en novembre, on atteindra peut-être l’objectif du gouvernement de pouvoir respirer et sortir un peu en décembre. On doit donc prévoir des mesures pour compenser l’absence de ce service », explique Hubert Sacy, directeur général d’Éduc’alcool.

Éduc’alcool estime que la date de l’annonce, mercredi, de la suspension des services donne amplement le temps aux autorités publiques de prévoir la mise en œuvre de mesures compensatoires.

« Je veux féliciter l’Opération Nez rouge qui a été doublement responsable. Elle a protégé adéquatement ses bénévoles et ses clients. Et elle a annoncé ses couleurs suffisamment d’avance pour qu’on puisse s’organiser. C’est important, car c’est plus facile de planifier d’avance et d’annuler à la dernière minute que de s’organiser à la dernière minute », souligne M. Sacy.

En plus de demander aux sociétés de transports publics et aux entreprises de taxis d’augmenter leurs heures d’exploitation et de faire la promotion de leurs services, Éduc’alcool demande aux autorités d’augmenter la présence policière.

« Les recherches ont clairement démontré que la crainte d’être épinglé en cas de non-respect de la loi est l’un des moyens les plus efficaces pour contrer la conduite avec les facultés affaiblies », a souligné M. Sacy,

Hubert Sacy, directeur général d’Éduc’alcool

Collaboration des bars et des restaurants 

Éduc’alcool croit que les bars et les restaurants doivent assumer, eux aussi, leurs responsabilités sociales, dans la mesure où ils seraient autorisés à ouvrir leurs portes.

« On conseille aux restaurateurs et aux tenanciers de cesser de servir les clients qui auraient trop bu et de mettre à la disposition de leur clientèle des alcootests pour s’assurer qu’ils sont en état de conduire, car un client mort est un client qui ne reviendra pas », résume M. Sacy.

D’autres mesures devront aussi être prises sur une base individuelle, les hôtes et les invités pouvant apporter leur contribution à la réduction de la conduite avec facultés affaiblies. « On peut servir à nos invités ou au chauffeur désigné des breuvages sans alcool ou on peut aussi prévoir à l’avance de dormir chez son hôte », donne-t-il en exemple.

« C’est par un effort collectif où chacun assume ses responsabilités et fait sa part que nous pourrons combler – au moins partiellement – l’énorme vide que laisse cette année l’Opération Nez rouge », conclut M. Sacy.