L’écrasement du Boeing 737-800 d’Ukraine International a fait 176 morts; de ce nombre, 63 étaient citoyens canadiens.
L’écrasement du Boeing 737-800 d’Ukraine International a fait 176 morts; de ce nombre, 63 étaient citoyens canadiens.

Écrasement d'avion en Iran: 63 Canadiens périssent

Le premier ministre Justin Trudeau a révélé que 138 passagers de l’avion qui s’est écrasé mercredi matin en Iran avaient le Canada pour destination finale. Parmi les victimes, on dénombre au moins 63 citoyens canadiens. Au moins cinq Québécois ont péri dans l’écrasement.

L’écrasement du Boeing 737-800 d’Ukraine International a fait 176 morts; de ce nombre, 63 étaient citoyens canadiens. Le premier ministre Trudeau a déclaré qu’un avion avait atterri mercredi après-midi à Toronto avec 138 sièges vides : ces places devaient être occupées par des personnes qui ont péri dans l’écrasement et qui se rendaient au Canada en passant par Kiev, en Ukraine.

Le ministre canadien des Transports, Marc Garneau, a indiqué mercredi après-midi qu’il était trop tôt pour spéculer sur les causes de l’écrasement. Mais pour lui, il est clair que quelque chose de « très inhabituel » s’est produit. M. Garneau rappelle que le pilote a perdu la communication avec les contrôleurs peu de temps après un décollage normal.

L’armée iranienne dément de son côté la thèse d’un missile. Un porte-parole du ministère iranien de la Route et des Transports a déclaré par ailleurs que le pilote avait perdu le contrôle après un incendie dans un des moteurs de l’avion. Il n’a pas expliqué comment il avait pu confirmer cette information.

Cinq victimes québécoises

Parmi les 138 personnes en route vers le Canada qui ont péri, mercredi matin en Iran, on retrouve cinq victimes québécoises. L’Université Concordia a indiqué mercredi après-midi que deux de ses anciens étudiants étaient au nombre des victimes : un ami proche a déclaré que Siavash Ghafouri-Azar et Sara Mamani s’étaient mariés en Iran il y a environ une semaine.

L’École de technologie supérieure (ÉTS) a dit sur Facebook avoir appris avec une très grande tristesse le décès d’Aida Farzaneh, doctorante et chargée de cours au Département de génie de la construction, et d’Arvin Morattab, doctorant de l’ÉTS. L’ÉTS est une constituante du réseau de l’Université du Québec.

Une cinquième victime québécoise a été confirmée par son employeur, Bombardier Produits récréatifs. La porte-parole de l’entreprise, Elaine Arsenault, a indiqué que Mohammad Moeini « fait malheureusement partie des victimes » (voir texte en page 7).

Un professeur d’Edmonton, une famille de trois personnes de la région de Toronto et plusieurs étudiants d’universités canadiennes qui devaient reprendre leurs études en janvier font aussi partie des disparus.

Alors que l’identité des victimes commençait à émerger dans les heures qui ont suivi l’accident, les universités du Canada mettaient tour à tour leurs drapeaux en berne et commençaient à pleurer les enseignants et les étudiants figurant sur la liste des passagers, qui comprenait au moins 63 Canadiens. Selon cette liste fournie par le transporteur aérien, qui comprend les dates de naissance, plus d’un tiers des passagers étaient âgés de 30 ans ou moins.

Situation « fluide »

Le ministre canadien des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a prévenu que le bilan de 63 victimes canadiennes pourrait évoluer, car certains passagers possédaient la double citoyenneté, ce qui rend la situation « extrêmement fluide ».

Pour sa part, Payman Paseyan, un membre de la communauté irano-canadienne d’Edmonton, a affirmé que de nombreux résidants de cette ville étaient à bord de l’avion et qu’il connaissait personnellement plusieurs des passagers. M. Paseyan, un ancien président de la Société du patrimoine iranien d’Edmonton, a ajouté que la communauté iranienne de la ville était déjà très inquiète des répercussions des vives tensions entre l’Iran et les États-Unis. Le maire d’Edmonton, Don Iveson, a aussi indiqué que plusieurs résidents de la ville avaient péri dans l’écrasement.

Le Boeing 737-800 avait quitté l’Aéroport international Imam-Khomeini de Téhéran avec près d’une heure de retard pour se rendre à Kiev, la capitale ukrainienne. Il aurait cessé de transmettre toute donnée de vol immédiatement après son décollage. Selon les autorités iraniennes et ukrainiennes, un problème mécanique pourrait être à l’origine de l’écrasement de l’avion à Shahedshahr, dans une zone agricole à l’extérieur de Téhéran.

Yevhen Dykhne, président d’Ukraine International, a affirmé peu après l’écrasement que l’avion était l’un des meilleurs de la flotte du transporteur et que l’équipage était très fiable. Le Boeing 737-800 ne volait que depuis trois ans et demi. Ukraine International a par la suite suspendu tous ses vols à destination de Téhéran.

Les autorités iraniennes ont par ailleurs affirmé avoir retrouvé parmi les débris de l’avion les deux boîtes noires contenant notamment l’enregistrement des conversations de l’équipage du poste de pilotage.

L’écrasement est survenu quelques heures à peine après l’attaque de missiles balistiques de l’Iran contre deux bases militaires en Irak, où se trouvaient des soldats américains et d’autres États alliés. Ces tirs constituent une réplique à l’assassinat par les États-Unis du général Qassem Soleimani, responsable des Gardiens de la révolution.

Le président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky, a transmis ses condoléances aux familles des victimes de l’écrasement. Il a aussi ordonné une inspection générale de tous les avions civils ukrainiens. Le ministre Garneau a assuré que le Canada offrira de l’aide technique dans le cadre de l’enquête à venir.