Écoles ouvertes malgré la neige, la CSRS s'explique

La Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) a-t-elle pris la bonne décision en maintenant les écoles ouvertes vendredi alors que la neige abondante a rendu les routes difficilement praticables en matinée? « Quand nous avons pris la décision à 5 h 45 avec les données que nous avions en main à ce moment-là, c’était la bonne décision. À 7 h 30, on s’est rendu compte que c’était la mauvaise décision. Mais il était trop tard pour reculer », résume Carl Mercier, directeur général adjoint à l’administration de la CSRS.

Quand la situation se dégrade rapidement comme ce fut le cas vendredi matin, la CSRS ne peut pas changer d’idée et revenir sur sa décision. « Nous n’avons pas de marge de manoeuvre pour changer la décision après coup. La décision de maintenir les écoles ouvertes ou de les fermer, ça touche 20 000 enfants et leurs familles. Ça demande beaucoup de réorganisation familiale. Il y a aussi 180 chauffeurs qui sont partis pour faire 800 circuits », ajoute M. Mercier.

À lire aussi: Écoles ouvertes : bonne ou mauvaise décision?

Carl Mercier répète que selon les prévisions météorologiques que les décideurs de la CSRS avaient en main à 5 h 45, on annonçait « 4 cm de neige en 3 heures », ce qui n’est pas suffisant pour fermer les écoles.

« Mais ce n’est pas ça finalement qui est tombé, on le sait, c’est beaucoup plus », soupire Carl Mercier.

La CSRS compte trois « journées de reprise » à son calendrier scolaire pour remplacer les journées d’école perdues à cause des tempêtes.

« Pour nous, ce n’est pas compliqué de décider de fermer les écoles. On n’hésite jamais à le faire quand c’est problématique ou qu’on pense que ce le sera. On tente toujours de prendre la bonne décision. Si nous avions fermé et qu’il était tombé 4 cm en 3 heures, dont l’indiquait les prévisions à 5 h 45, il y aurait eu d’autres types reproches à notre endroit », nuance Carl Mercier.

« Journée difficile », mais pas exceptionnelle

La journée de vendredi a été « difficile » pour les conducteurs d’autobus de Sherbrooke, mais ils n’ont pas non plus été placés dans une situation exceptionnelle, affirme Stephen P. Gauley, président du Secteur transport scolaire (STS) à la Fédération des employées et employés de services publics-CSN (FEESP-CSN).

« L’hiver, dès que l’on débarque des artères principales, nous avons souvent des situations difficiles. Les tempêtes qui commencent à la fin de la nuit sont les pires. Ça arrive aussi que l’on se retrouve dans des conditions difficiles à la fin de la journée parce que le matin, ça semblait tolérable, mais que ç’a été pire que supposé dans la journée », ajoute M. Gauley.

Les chauffeurs d’autobus sherbrookois ont donc connu un vendredi difficile. Plusieurs sont restés enlisés, certains ont cumulé des retards importants. Mais les conducteurs d’autobus sont aptes à faire face à ce genre de situations, même si elles sont difficiles.

« Quand les enfants sont à bord, c’est plus difficile parce qu’on sait que chaque minute de retard cause du stress aux parents. Aussi, après un certain temps, les enfants deviennent tannés aussi d’être dans l’autobus. Quand il y a un enfant qui est plus turbulent à l’école, on peut sortir de la classe avec lui, le calmer. Mais dans l’autobus, le conducteur doit le gérer avec les autres. Mais on y arrive! Chaque conducteur développe ses trucs pour calmer les enfants. Et le but, c’est de réussir à les ramener chez eux, en sécurité », ajoute M. Gauley­.