Éclairage sur l’imbroglio des camps de jour

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Ce n’est finalement pas une augmentation du nombre d’enfants admis dans les camps de jour que la Ville annonçait la semaine dernière, en portant sa cible maximale à 75 % des inscriptions enregistrées dans un été moyen. Elle utilisait plutôt un nouveau mode de calcul pour présenter autrement les données déjà connues.

Rappelons que les élus avaient adopté dans la confusion une résolution qui semblait faire passer de 60 à 75 % la capacité d’accueil dans les camps de jour.

« Nous ne voulions pas envoyer le message qu’il restait des places disponibles », précise Caroline Proulx, chef de la division loisirs et vie communautaire à la Ville de Sherbrooke.

En réalité, la capacité d’accueil avait au départ été calculée sur une cible maximum d’environ 26 000 enfants pendant l’été. Avec les inscriptions en cours, on estimait donc qu’on arriverait à combler 60 % de cette cible maximale. Or, au cours des trois dernières années, la moyenne d’inscriptions se situait plutôt autour de 22 708 enfants. En prenant le même nombre d’enfants inscrits, sur cette nouvelle cible maximum, on réalisait être en mesure d’atteindre, finalement, 70 % du maximum enregistré dans les dernières années. Autrement dit, la même règle de trois a été appliquée différemment.

« Nous aurions dû le présenter comme ça aux élus dès le départ. Ç’aurait été plus précis. Déjà, à 70 %, c’est un peu moins dramatique que ce que nous avions annoncé au départ. Nous avons ensuite ajouté 5 % de marge de manœuvre, pas pour faire passer les groupes à 15 enfants, mais pour en ajouter un ou deux quand c’est possible, ce qui nous permet de combler 789 places supplémentaires parmi ceux qui se trouvaient sur une liste d’attente. »

Ces données ont bel et bien été calculées avec les organismes désignés gestionnaires et une précision leur avait été envoyée par courriel avant le conseil municipal de la semaine dernière pour éviter la confusion.

« Nous avons reclarifié tout ça cette semaine. Nous avons beaucoup d’empathie pour eux parce qu’ils sont dans un sprint pour commencer les activités la semaine prochaine. On peut comprendre que les précisions envoyées par courriel ne se sont peut-être pas rendues dans les circonstances. »

Mme Proulx évoque que d’avoir refait les calculs de façon plus réaliste pourrait être un avantage au moment d’obtenir de l’aide du gouvernement, mais que les chiffres réels seront calculés à la fin de l’été.

À moins d’une semaine de l’ouverture des camps de jour, le plus gros problème encore perceptible est celui de la main-d’œuvre, puisque les organismes gestionnaires désignés ne sont pas tous parvenus à atteindre les cibles fixées en nombre d’animateurs. « Des jeunes qui recevaient leur formation nous ont quittés en cours de route. Dans certains secteurs, ça limite le nombre d’enfants que nous pouvons recevoir. »