L’école primaire Saint-Antoine devra faire l’objet de travaux correctifs en raison de quantité de plomb dans l’eau potable qui dépasse la norme de Santé Canada.
L’école primaire Saint-Antoine devra faire l’objet de travaux correctifs en raison de quantité de plomb dans l’eau potable qui dépasse la norme de Santé Canada.

Eau potable: le seuil de plomb dépassé dans des écoles sherbrookoises 

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
Plusieurs écoles du Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSSRS) se retrouvent avec des quantités de plomb qui dépassent la norme établie par Santé Canada.

À l’instar des autres organisations scolaires, le CSSRS devait mener une opération d’analyse de la concentration de plomb aux points d’eau à des fins de consommation dans les écoles. 

Au total, 417 points d’eau potable ont été testés, des fontaines, des éviers de cuisine et des buvettes. Du nombre, 197 sont non conformes. 

L’opération a été menée dans 20 écoles primaires construites avant 1981.

Résultats de tests de 20 écoles primaires du Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke.

La situation est particulièrement problématique à l’école Saint-Antoine, dans l’arrondissement de Lennoxville.  

Dans cette école primaire, l’ensemble des points d’eau analysés, soit 16 au total, ont été jugés non conformes. Le CSSRS demande aux élèves d’apporter leurs gourdes et fournira des stations de remplissage. Ce genre de mesures était déjà en place en raison de la pandémie. Des affiches ont aussi été installées dans les écoles. 

À l’Académie Sacré-Cœur du secteur de Brompton, 10 points d’eau ont été jugés non conformes, sur une possibilité de 12. 

Dans l’ensemble des 20 écoles soumises à l’échantillonnage, deux mesures sont prises en cas de seuil trop élevé : condamner le point d’eau ou la laisser couler. Par exemple, dans certains cas, le taux revient conforme après avoir laissé couler l’eau une minute.

Selon le gouvernement du Québec, le plomb est « un métal reconnu pour avoir des effets néfastes à long terme sur la santé. » « Bien qu'aujourd’hui, l’exposition au plomb soit considérée comme très faible, toute concentration de plomb dans le sang comporte un danger. C’est pourquoi les autorités de santé publique à l’échelle internationale recommandent la plus faible exposition au plomb raisonnablement possible », peut-on lire dans un document du gouvernement provincial.

Les enfants sont plus vulnérables au plomb.

Dans certains cas, le problème semble localisé. 

Quelque 417 points d’eau potable ont été testés dans 20 écoles primaires du CSSRS. Du nombre, 197 sont non conformes. Des affiches ont été installées, notamment à l’école primaire Saint-Antoine.

« Ça peut être la fontaine qui a un problème ou l’évier. On peut soit laisser couler l’eau ou condamner le point d’eau, mais ça se répare plus facilement rapidement. Plus c’est généralisé, comme à Saint-Antoine, ça nous indique que c’est soit la plomberie dans les murs ou dans les plafonds ou peut-être carrément la conduite entre l’école et la rue », commente Donald Landry, directeur du service du secrétariat général et des communications du CSSRS.  

Une expertise plus poussée sera menée pour déterminer la source du problème (fontaines, plomberie, canalisation, etc.). Des travaux correctifs s’échelonneront dans les prochaines semaines. Selon les causes, des robinets et de la tuyauterie pourraient être remplacés et des filtres certifiés ajoutés.

La nouvelle norme de Santé Canada a été établie à 5 microgrammes par litre. 

Les directives ministérielles prévoient que les organisations ont jusqu’au 1er novembre 2020 pour tester l’eau dans les écoles primaires de la province. 

Le centre scolaire sherbrookois testera 18 autres écoles primaires d’ici la fin du mois de septembre, des établissements plus récents. Il informera les parents lorsque les résultats seront connus.

L’échéancier est le 1er mars 2021 pour les écoles secondaires et les autres établissements d’enseignement, de même que le centre de services. Le CSS a toutefois déjà réalisé les analyses à l’école secondaire Mitchell, en raison de l’âge de l’établissement. Selon le tableau des analyses, quatre points sont conformes et cinq ne le sont pas sur les 9 points d’eau au total.

Donald Landry note que les impacts négatifs du plomb ne sont pas négatifs à court terme, mais avec une exposition à long terme. « On prend les mesures, on est loin de banaliser. On va faire les mesures correctrices nécessaires. Mais on veut aussi rassurer les parents que ça se fait dans une optique de prévention, de diminution de risque à l’exposition au plomb. » 

Ailleurs aussi

La semaine dernière, la Ville de Sherbrooke annonçait que 15 fontaines de son territoire, sur les 89 dans les parcs, affichent des concentrations supérieures à 5 microgrammes par litre. La Ville a pris la décision d’interrompre la distribution d’eau dans les fontaines et les lavabos dans les parcs visés. 

Les directives ministérielles prévoient que les organisations scolaires ont jusqu’au 1er novembre 2020 pour tester l’eau dans les écoles primaires de la province. Ci-dessus, l’école Saint-Antoine.

En juin dernier, on apprenait que les analyses de concentration de plomb dans l’eau étaient problématiques dans quatre écoles primaires du Centre de services scolaire des Sommets (CSS) : l’école Christ-Roi de Saint-Camille, l’école de la Passerelle à Asbestos et les écoles Saint-Gabriel et Saint-Philippe à Windsor.

Les quatre établissements avaient un taux de plomb dans l’eau supérieur aux normes établies par Santé Canada qui est de cinq microgrammes par litre.

Les centres de service scolaire de la Région-de-Sherbrooke et des Sommets n’ont pas voulu dévoiler à quel taux se chiffrent les résultats problématiques. 

Afin de réduire l’exposition au plomb, Santé Canada établit à 5 microgrammes par litre le seuil acceptable de plomb dans l’eau. 

La norme était auparavant de 10 microgrammes par litre.