Pierre-Luc Dusseault a sursauté en prenant connaissance des propos de l'ambassadeur de l'Arabie saoudite à Ottawa invitant le Canada à freiner ses ardeurs dans sa volonté de faire libérer le blogueur Raif Badawi.

Dusseault dénonce les propos « ridicules » de l'ambassadeur saoudien

«Si ce n'est pas le Canada qui va défendre les droits de la personne, qui dans le monde va le faire?»
Le député de Sherbrooke à la Chambre des communes, Pierre-Luc Dusseault, a sursauté en prenant connaissance des propos de l'ambassadeur de l'Arabie saoudite à Ottawa invitant le Canada à freiner ses ardeurs dans sa volonté de faire libérer le blogueur Raif Badawi.
«Ce sont des commentaires inappropriés qui n'ont pas leur place dans le présent débat», s'insurge le député néodémocrate lors d'un entretien accordé à La Tribune.
«L'ambassadeur de l'Arabie saoudite devrait en savoir plus sur les droits de la personne de base qui doivent être respectés. C'est ridicule de tenir de tels propos. Les droits de la personne c'est l'affaire de tous les pays. Le Canada doit signer et persister en ce sens. Il ne doit pas baisser les bras.»
Rappelons que l'ambassadeur de l'Arabie saoudite au Canada a demandé au gouvernement Trudeau de cesser de se mêler du dossier de Raïf Badawi, dont l'épouse et les enfants habitent Sherbrooke. Naif Bin Bandir Al-Sudairy souhaite que le gouvernement Trudeau respecte ainsi les décisions des tribunaux du royaume saoudien. Mardi, lors d'une rare conférence de presse à Ottawa, il a soutenu que le sort du blogueur était entre les mains de la justice saoudienne.
Raïf Badawi est emprisonné depuis maintenant plus de cinq ans en Arabie saoudite pour avoir écrit des propos jugés trop libéraux au goût du régime.
L'Arabie saoudite est signataire de traités sur les droits de la personne, fait remarquer Pierre-Luc Dusseault. «S'il y a des droits qui de liberté de parole qui ne sont pas respectés en Russie, par exemple, le Canada les dénonce même si le gouvernement russe nous dit de nous mêler de nos affaires», dit-il.
«Et le Canada prend des sanctions économiques contre ce pays.»
Dans le cas de l'Arabie saoudite, le gouvernement de Justin Trudeau semble faire passer les intérêts économiques du Canada avant les droits de la personne, déplore toutefois Pierre-Luc Dusseault. Les libéraux martèlent qu'ils n'hésitent pas à faire des pressions en faveur de la libération de M. Badawi chaque fois que l'occasion se présente.
«Je constate que ça ne fonctionne pas», mentionne le député de Sherbrooke.
«Peut-être que le gouvernement ne fait pas les pressions au bon niveau. Les intérêts commerciaux passent avant les droits de la personne avec l'Arabie saoudite.»
Il n'a pas été possible possible d'obtenir les commentaires de la ministre Marie-Claude Bibeau mercredi, la députée de Compton-Stanstead se trouvant à l'exérieur du pays.