Jean Rousseau, ex-député néodémocrate de Compton-Stanstead

Dure année pour l'ex-député Jean Rousseau

« Le frigidaire est vide, il n'y a plus d'essence dans la voiture qui tombe en ruine, il n'y a pas de cadeaux sous l'arbre de Noël... ni pour les parents ni pour les enfants. L'électricité, le chauffage, le téléphone, les comptes, tout ça déborde de retard... »
Voilà le triste portrait que dresse l'ex-député néodémocrate de Compton-Stanstead Jean Rousseau du Noël qu'il s'apprête à passer avec sa famille. Depuis qu'il s'est retiré de la vie politique après avoir été défait lors des élections d'octobre 2015, rien ne va plus pour l'homme de 55 ans.
Bien qu'il détienne un baccalauréat en droit du travail et une mineure en économie, M. Rousseau peine à se trouver un emploi bien rémunéré, probablement en raison de ses antécédents politiques et de son âge avancé, avance-t-il. Il a dû postuler sur des dizaines de postes pendant plus d'un an avant de finalement parvenir à se faire engager par une entreprise manufacturière, où il gagne 12,50 $ de l'heure.
« J'ai envoyé 150 CV, autant en personne qu'au téléphone et par Internet, raconte M. Rousseau. Et tous ces emplois-là, je savais que c'était des emplois que j'étais capable de combler. Au total, j'ai eu cinq appels et j'ai fait trois entrevues. »
« Pour trouver l'emploi que j'ai présentement, j'ai dû tout effacer de mon CV : mes quatre ans à Ottawa, où j'ai travaillé d'arrache-pied, mes diplômes universitaires... Et c'est là que j'ai commencé à recevoir des appels! Au début, j'ai passé six semaines à laver des toilettes dans des restaurants. »
Même si sa conjointe est secrétaire administrative à l'Université de Sherbrooke, Jean Rousseau affirme que leurs deux salaires ne suffisent pas à nourrir leurs enfants d'un an et de quatre ans.
« On accumule les bouteilles de liqueur pour pouvoir les échanger contre des sous et acheter des couches pour la plus petite, dit-il. On réduit le chauffage et l'éclairage au minimum. »
« Les gens pensent que quand tu as passé trois ou quatre ans à Ottawa, tu as un emploi et une pension à vie, mais ce n'est pas comme ça que ça marche », insiste M. Rousseau.
Tout de même : un poste de député vient avec un salaire plus que confortable. Pendant ses quatre années en fonction au gouvernement, M. Rousseau n'a-t-il fait aucune économie?
« Oui, j'ai gagné un bon salaire pendant quatre ans, mais on a vécu en fonction de ce salaire-là, explique-t-il. L'emploi vient avec un certain mode de vie : tu as des soirées, des voyages, on appuie des causes. Et on ne s'imaginait jamais que le téléphone ne sonnerait pas pendant un an après! Tu t'habitues à une vie où tu ne regardes pas les dépenses, tu achètes tout ce que tu veux. C'est ce qu'on a fait, et on est peut-être coupables de ça. On savait qu'après, on devrait ralentir notre rythme de vie, mais on n'aurait jamais cru que ce serait aussi difficile de trouver du travail. »
« Des économies, on en a faites, mais tout y est passé dans la dernière année, ajoute-t-il. On a encore plein de comptes à payer, on a perdu la maison... C'est pathétique. Et je suis certain que je ne suis pas le seul à vivre ça après une défaite électorale. »