Dur coup pour le projet de la prison Winter

Le projet de revitalisation de l’ancienne prison Winter a pris du plomb dans l’aile avec la décision des élus sherbrookois de ne pas offrir de fonds à Destination Sherbrooke au budget d’immobilisations 2019.

L’un des principaux promoteurs, Marin Barrette, président de la Société de sauvegarde de la vieille prison de Sherbrooke, se dit très déçu du peu de considération pour le développement récréotouristique au centre-ville dont on entend parler depuis des années.

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«C’est comme si la Ville avait décidé de ne pas supporter les projets récréotouristiques de Destination Sherbrooke au centre-ville», lance-t-il.

«Je suis très déçu. En plus, on parle d’un gel de trois ans. Nous pensions que notre dossier avançait, mais on là on voit que ce n’est pas le cas.»

Rappelons que les élus sherbrookois ont adopté le budget d’immobilisations 2019 vendredi dernier et que le secteur récréotouristique est le grand perdant. À la ligne réservée à Destination Sherbrooke (DS), on trouve un 0 $ pour la prochaine année, malgré des demandes financières de l’ordre de 3,3 M$. DS utilisera donc un budget résiduel de 830 000 $ pour réaliser une murale, dont les coûts sont fixés à 200 000 $. 

De ce budget résiduel, une somme de 300 000 $ servira à l’acquisition d’équipements pour le Centre de foires et la place Nikitotek. DS entend également investir 260 000 $ dans l’amélioration des structures d’accueil et d’animation de la Ville et 40 000 $ dans l’amélioration du projet Muralis. Finalement, un 30 000 $ est réservé pour une étude de faisabilité de la vague de surf au centre-ville, à condition d’obtenir le feu vert du ministère de l’Environnement.

À La Tribune, Annie Godbout, présidente de DS, indiquait que trois projets majeurs, dont celui  de la prison Winter, pourraient se réaliser en cours d’année, advenant une aide financière d’un privé ou d’un palier supérieur de gouvernement.

Pour sa part, la Société d’histoire de Sherbrooke veut implanter un parcours d’interprétation, des jeux d’évasion et des soirées Meurtre et mystère dans l’enceinte de la prison. Les travaux de rénovation pour l’ensemble du projet pourraient coûter un peu plus de 7 M$.  Une étude de marché réalisée en 2016 révélait un marché potentiel d’une quarantaine de milliers de visiteurs par année.

En mai dernier, les promoteurs du projet considéraient que les astres semblaient s’aligner en faveur de la prison désaffectée.

Selon M. Barrette, un  investissement de 100 000 $ permettrait de réaliser des travaux en vue d’accueillir des petits groupes. «Présentement, nous ne pouvons accueillir des gens. Il faudrait faire des réparations, dit-il. 40 000 visiteurs, ça ne compte pas les groupes d’étudiants.»

«Avec des investissements (de la Ville), nous pourrions attirer des fonds d’autres paliers de gouvernement et du privé. Le projet total est de 7 millions $, mais ça se ferait pas étapes, peut-être quatre.»

On réaliserait un projet durable, assure-t-il. «Ça serait là pour les 50 prochaines années. Jusqu’à maintenant, c’est la Société d’histoire qui a le meilleur projet», analyse-t-il.

«On parle d’expositions, des activités spéciales comme lors de l’Halloween et des projections de films sur les murs de la prison l’été.»