Les employés du département de psychiatrie de l’Hôtel-Dieu ont eu la vie dure cet automne. Une opération policière a même eu lieu le 11 décembre dans le but de trouver de la drogue sur les étages.
Les employés du département de psychiatrie de l’Hôtel-Dieu ont eu la vie dure cet automne. Une opération policière a même eu lieu le 11 décembre dans le but de trouver de la drogue sur les étages.

Du soutien pour l’infirmier suspendu en psychiatrie

Des collègues de l’infirmier Jean-Sébastien Blais ont organisé une campagne de financement pour lui venir en aide après sa suspension sans solde de trois semaines. Cet infirmier, qui travaille en psychiatrie à l’Hôtel-Dieu depuis 15 ans, a été suspendu le 23 décembre après avoir lancé un cri du cœur sur Facebook dans lequel il dénonçait le manque de ressources en santé mentale et où il critiquait aussi l’administration de l’établissement.

Lundi, un peu plus de 2000 $ avaient été amassés pour lui venir en aide sur la page GoFundMe « Supportons JSB! »

À deux jours de Noël, Jean-Sébastien Blais s’est vu privé de trois semaines de salaire alors que lui et sa conjointe ont cinq enfants à eux deux et que sa conjointe combat actuellement un cancer.

« La situation n’est certes pas facile et elle est frustrante pour moi et ma famille. Malgré tout... J’ai le soutien de collègues hors pair ainsi que de beaucoup de gens, d’employés du domaine de la santé un peu partout au Québec, au Canada et même d’ailleurs dans le monde. Je pense et surtout j’espère que ma sortie publique aura pu servir à ce que les choses bougent enfin », explique Jean-Sébastien Blais à La Tribune.

Le collègue de travail qui a lancé la collecte de fonds tient à expliquer pourquoi il l’a fait. « Cet infirmier est un homme avec une patience et une approche qui vaut de l’or auprès de sa clientèle. Il adore son travail en santé mentale, mais il déplore les conditions dans lesquelles il doit le pratiquer. C’est impensable que nous ne puissions pas venir en aide à cette famille qui subit une perte de salaire parce que Jean-Sébastien a eu le courage de dénoncer et d’avoir dit tout haut ce que plusieurs d’entre nous ruminent chaque jour », explique son collègue.

La collecte a même eu des échos dans le département où l’infirmier exerce au quotidien. « Les patients s’ennuient de Jean-Sébastien. Une de ses patientes a même tenu à faire un don pour l’aider en disant que Jean-Sébastien l’avait tellement aidée que c’était normal qu’elle lui vienne en aide à son tour », indique un employé de la psychiatrie.

Rappelons que les employés de la psychiatrie ont eu la vie dure cet automne. Le Service de police de Sherbrooke a mené une perquisition dans le but de trouver de la drogue sur trois étages du département de psychiatrie à l’Hôtel-Dieu le 11 décembre dernier. Aucune drogue n’a été saisie sur place.

Cette opération policière « n’a mené à rien », se désolent des employés à bout de souffle qui ont contacté La Tribune à plusieurs reprises au cours du mois de décembre. 

Cette opération policière avait été rendue nécessaire après que plusieurs événements inquiétants se soient déroulés dans le département au cours des dernières semaines.

Par exemple, des employés de la psychiatrie se sont fait crever leurs pneus dans le stationnement de l’hôpital et plusieurs d’entre eux ont reçu des menaces de mort dans les semaines précédentes. Il y avait aussi des soupçons de consommation et de revente de drogue au sein du département. De mémoire, tant au CIUSSS de l’Estrie-CHUS qu’au SPS, c’est la première fois qu’une perquisition d’une telle ampleur est organisée en milieu hospitalier à Sherbrooke en plus de 30 ans.