Véronique Barbara Viens, l’hôte du chapitre sherbrookois de CreativeMornings, a partagé son expérience en Écosse avec d’autres hôtes venant des quatre coins du globe.

Du savoir-être pour déjeuner

Une fois par mois depuis bientôt deux ans, les lève-tôt de l’Estrie se rejoignent au centre-ville pour discuter d’art, de culture ou de santé. Par dizaines, les Sherbrookois se déplacent pour assister à des déjeuners-conférences CreativeMornings, un mouvement qui devient de plus en plus populaire.

Les sujets sont multiples. Les conférenciers peuvent parler autant de conservation d’œuvres d’art que de leur expérience de voyageur handicapé, à titre d’exemple.

« Ce qui est intéressant par rapport à autre chose, c’est qu’on est beaucoup dans le savoir-être, décrit l’hôte du chapitre sherbrookois de CreativeMornings, Véronique Barbara Viens. Beaucoup de gens sont dans le savoir-faire, donc comment gérer telle chose ou sécuriser telle autre chose. Ils sont dans les cours pour apprendre, pour acquérir des outils. On n’est pas vraiment dans les outils, c’est plus : qu’est-ce que ça veut dire ce qu’on vit dans cette circonstance? Comment peut-on aborder et penser à ce sujet et s’améliorer globalement à ce sujet? La personne part avec une piste de réflexion. »

Environ 70 personnes se présentent à chacun des événements. « Ce ne sont pas toujours les mêmes personnes. On a un bassin de personnes qui viennent souvent, mais il y a toujours des nouveaux. Ils connaissant parfois le lieu ou le conférencier », dit-elle, expliquant que l’objectif est d’organiser l’activité assez tôt pour que les gens ne manquent peu ou pas de travail.

« Tout le monde est bienvenu, enchaîne-t-elle. On se fait souvent demander pour quel type de personne c’est fait, et c’est très difficile de donner une réponse, car on a des retraités, des jeunes du cégep, des enfants, des travailleurs autonomes, des gens qui travaillent dans les institutions, etc. C’est le style de personne à avoir une ouverture d’esprit pour entendre toutes sortes de sujets. »

Cependant, l’argent demeure « le nerf de la guerre » pour l’organisatrice des CreativeMornings, qui œuvre de manière bénévole auprès de l’organisation qui est présente dans de grandes villes, telles que Montréal et New York. « Étant un organisme à but non lucratif (OBNL), on ne fait pas de publicité. On est connus par le bouche-à-oreille. On a 10 ou 20 % de nouvelles personnes par fois. Le pourquoi est aussi différent. La gratuité entre en ligne de compte », analyse-t-elle.

« C’est gratuit, donc il y a toujours le volet financement, ajoute-t-elle. Des OBNL, il y en a plein. Si tu donnes le choix aux gens entre donner aux enfants malades et à la créativité, le choix n’est pas long. Mais je pense qu’il faut vivre cette matinée pour comprendre. Il y a une notion de communauté et de réflexion sur ce qu’on fait. »

Voyage

Récemment, Véronique Barbara Viens a pris le chemin de l’Écosse pour participer à un camp de CreativeMornings. « J’ai assisté à leur événement et après, on était entre 40 et 50 organisateurs au travers le monde à aller dans un genre de camp pour parler de ce qu’on fait. »

Le prochain objectif pour le chapitre de Sherbrooke? Une édition annuelle en anglais. La première est prévue quelque part en juin à Lennoxville. « Je suis très sensible à la réalité française et anglaise d’ici. Je voulais en faire au moins un par année. J’avais tenté de faire des contacts l’an dernier et ça n’avait pas fonctionné. C’est tellement différent, ils ont été habitués à être séparés. Récemment, j’ai lancé une perche et on m’a envoyé des noms », résume-t-elle, réjouie.