Rémi Ducharme et Pascal Valade pensaient depuis un certain temps à mettre un lait de poule en marché. Après avoir travaillé avec leur équipe sur la recette, les copropriétaires de La Pinte lancent cette semaine leur version de ce classique breuvage du temps des Fêtes.
Rémi Ducharme et Pascal Valade pensaient depuis un certain temps à mettre un lait de poule en marché. Après avoir travaillé avec leur équipe sur la recette, les copropriétaires de La Pinte lancent cette semaine leur version de ce classique breuvage du temps des Fêtes.

Du lait de poule à La Pinte

Karine Tremblay
Karine Tremblay
La Tribune
CHRONIQUE / Il n’y a pas que les lumières de Noël dans les arbres et les vitrines qui annoncent que décembre est à nos portes.

Depuis mercredi, et pour un temps limité, La Pinte propose un tout nouveau lait de poule. 

Le breuvage classique du temps des Fêtes s’ajoute à la gamme de laits et de crèmes commercialisés par l’entreprise d’Ayer’s Cliff qui s’approvisionne auprès de producteurs laitiers de la région. 

Embouteillé dans l’habituel litre de verre consigné à l’effigie de La Pinte, le nectar parfumé se reconnaît au bouchon cuivré qui le coiffe.  

L’idée d’offrir le délice saisonnier mijotait depuis déjà une couple d’années dans la tête des copropriétaires Pascal Valade et Rémi Ducharme. 

« Notre région compte une importante communauté anglophone. Pour celle-ci, le lait de poule est particulièrement prisé, il fait partie de la tradition. On le voit, d’ailleurs, dans certains films américains, où le eggnog est préparé en grandes quantités, parfois même dans un bol à punch », note M. Valade. 

Pour arriver avec un produit à la hauteur des attentes, qui correspondait aussi à l’ADN de l’entreprise (laquelle privilégie les recettes les plus naturelles possible), l’entreprise a planché fort sur sa recette. 

« Les versions ‘‘maison’’ sont souvent très élevées en gras, parce qu’elles sont faites à base de lait auquel on ajoute de la crème et des œufs », souligne M. Valade. 

Vrai. J’ai souvenir de celui, pas très orthodoxe, que préparait ma mère lorsque j’étais enfant. 

Lait entier, œuf et riche crème glacée vanillée se mariaient en vitesse dans le mélangeur. Chez nous, ce qu’on appelait « lait de poule » n’était pas épicé et réservé à décembre. Il se buvait à l’année et il était synonyme de matins pressés. C’était le déjeuner express quand le temps manquait avant l’arrivée du bus scolaire au coin de la rue.  

La Pinte lance sa version du lait de poule. Le délice saisonnier, vendu dans les emblématiques bouteilles consignées de l’entreprise d’Ayer’s Cliff, sera disponible quelques semaines seulement.

Là, évidemment, c’est autre chose. On est ailleurs dans la palette gustative. 

« Les déclinaisons qu’on trouve en épicerie de nos jours comptent environ un à deux pour cent de matières grasses. Comme on voulait éviter l’ajout d’additifs, il nous fallait trouver un équilibre, mais on ne pouvait évidemment pas arriver avec un verre à 15 ou 20 % de matières grasses. »

Les gens auraient sans doute craint pour leurs artères à chaque gorgée... 

« Notre plus gros défi, c’était d’aller chercher la texture et le goût voulus tout en balançant le sucre et le gras, poursuit Pascal Valade. L’un de nos employés, qui a déjà travaillé en cuisine, est arrivé avec une recette. On a multiplié les tests avec lui, on a fait goûter, on a écouté les commentaires des gens. »

Ni colorant ni gomme n’entrent dans la composition du lait de poule signé La Pinte, qui affiche finalement 7 % de matières grasses. Lait, crème, sucre, jaune d’œufs, mélange (secret!) d’épices et carraghénine (un extrait d’algue souvent utilisé en alimentation) figurent sur la courte liste d’ingrédients. 

Verdict? Au nez, on détecte une réconfortante pointe de muscade ou peut-être de cardamome. Au goût, c’est délicat, crémeux et onctueux, pas trop sirupeux et juste assez gourmand. 

Une première gorgée me dit que ça risque de plaire aux papilles d’un grand nombre d’adeptes, même si le lait de poule, c’est un peu comme la tourtière, « chaque famille a sa recette! » résume Pascal Valade. 

Et chaque famille a aussi sa façon de déguster le blanc breuvage, a-t-il constaté. 

Ces dernières semaines, la clientèle qui se pointait à la boutique rue Westmount était invitée à goûter la festive nouveauté laitière. 

Certains repartaient avec un litre dont il ne restait plus aucune goutte deux jours plus tard. D’autres se demandaient quoi faire avec le lait épicé… qui terminait sa course dans un plat de pain doré pimpé. 

« Certains le dégustent aussi avec du rhum ou une autre boisson alcoolisée, ça dépend. » 

Dans tous les cas, et peu importe vos préférences, notez que le délice restera sur les tablettes quelques semaines seulement. Comme les lumignons qui éclairent arbres et vitrines.