Le directeur national de la Santé publique du Québec Dr Horacio Arruda était de passage à Sherbrooke vendredi et s’est adressé aux médias avec le directeur de la Santé publique de l’Estrie Dr Alain Poirier.
Le directeur national de la Santé publique du Québec Dr Horacio Arruda était de passage à Sherbrooke vendredi et s’est adressé aux médias avec le directeur de la Santé publique de l’Estrie Dr Alain Poirier.

Dr Arruda amorce en Estrie une tournée du Québec

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Le Dr Horacio Arruda a amorcé à Sherbrooke vendredi une tournée des régions. Le directeur national de la Santé publique du Québec souhaite rencontrer ses équipes sur le terrain parce que la santé publique, dit-il, « c’est sur le terrain que ça se passe ». Et ce n’est pas sans raison qu’il a souhaité commencer sa tournée sur le territoire estrien : c’est l’Estrie qui a été la région la plus durement touchée par la COVID-19 au début de la pandémie.

« Une opération aussi complexe que celle qu’on vient de traverser connait nécessairement des succès et des faiblesses, et c’est bon de prendre le pouls des équipes sur le terrain », a souligné le Dr Arruda.

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D’abord, rappelons un peu les faits. C’est le 11 mars dernier qu’un premier cas de coronavirus était recensé en Estrie. Trois semaines plus tard, il y en avait près de 450. Dix jours après, le nombre de personnes malades avait grimpé à près de 700. Une éclosion de coronavirus est notamment survenue à la Direction de la santé publique de l’Estrie. Sur les quelque 160 employés en train de mener des enquêtes épidémiologiques, 62 ont contracté la maladie.

« Dans le premier mois, on pourrait dire qu’on perdait 8 à 0 après la première période », a imagé le Dr Alain Poirier, directeur de la Santé publique de l’Estrie, qui accompagnait le Dr Arruda lors du point de presse.

Puis la situation s’est stabilisée. Le bilan se porte aujourd’hui à 955 cas. De ce nombre, 26 personnes sont décédées des complications de la COVID-19. Il ne reste plus qu’une dizaine de personnes toujours considérées malades et qui se trouvent donc en quarantaine dans la grande région sociosanitaire de l’Estrie.

« Je dois dire que je ne m’attendais pas à ce que ce soit en Estrie qu’on ait le plus grand nombre de cas au départ, et qu’une des premières éclosions se produise dans une équipe de santé publique, une équipe qui n’a pas de contacts avec les patients. Oui, ça m’a surpris », a indiqué le directeur national de la Santé publique du Québec.

Il a toutefois été fort impressionné par « l’agilité de l’organisation » à répondre au défi, saluant au passage le travail du CIUSSS de l’Estrie-CHUS et de ses partenaires pour faire face aux multiples défis, y compris aux quelques éclosions dans les résidences privées pour aînés.

« J’ai deux messages importants à transmettre aujourd’hui. Le premier, c’est merci à la population de l’Estrie. Merci aux employés du CIUSSS de l’Estrie et des partenaires, qui ont permis qu’il n’y ait pas de drames comme ceux qu’on a connus dans des CHSLD. Merci aux employeurs, merci à tous ceux qui ont respecté les consignes sanitaires », a-t-il lancé.

« Et le deuxième message, c’est : il fait beau, c’est l’été, on a envie de revenir à la normalité. Mais n’oubliez pas les mesures sanitaires : lavage des mains, deux mètres entre les personnes et le port du couvre-visage dans les endroits publics », a-t-il encore martelé.

Le Dr Poirier a profité de l’occasion pour appeler la population estrienne à plus de vigilance : « Lors de nos enquêtes, en mai pendant le grand confinement, les gens avaient environ deux contacts significatifs (des gens qui ont eu des contacts prolongés sans port d’équipement de protection). Aujourd’hui, le nombre de contacts significatifs est remonté jusqu’à huit. »

La Santé publique de l’Estrie et le CIUSSS de l’Estrie-CHUS profitent de ce répit estival pour dresser des bilans et tirer des leçons de la première vague et pour se préparer à voir déferler sur la région une seconde, voire plusieurs autres « vaguelettes ».

« Je suis de ceux qui croient qu’une deuxième vague est inévitable. Des cas, il y en aura, des morts, il y en aura, des cas dans des CHSLD aussi. Mais il faut que tout ce qu’on a appris nous serve pour la deuxième vague et qu’on évite que chacun des cas s’enflamme comme on l’a vu la première fois », a souligné le Dr Arruda.

Québec reprendra la publication des bilans quotidiens

Par ailleurs, le gouvernement du Québec reprendra le bilan quotidien du nombre de personnes contaminées et de décès dus à la COVID-19, disant avoir été à l'écoute des critiques.

Québec avait indiqué que les données seraient désormais dévoilées sur une base hebdomadaire, le jeudi. Le bilan quotidien reprendra finalement dès lundi.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, l'a annoncé sur Twitter, disant que son gouvernement a toujours été transparent et qu'il allait continuer de l'être.

Lors de son point de presse à Sherbrooke,  le directeur de la santé publique, Horacio Arruda, a apporté quelques explications en réponse aux questions des journalistes.

M. Arruda a parlé d'une décision «conjointe» de «gouvernance» compte tenu des préoccupations exprimées.

Il a de nouveau fait valoir qu'il n'avait jamais été question de «cacher des informations».  Avec La Presse canadienne