L’abbé Stéphane Pouliot, qui exerce en Ontario, s’est rendu à Sherbrooke vendredi pour assister à la cérémonie d’ordination de son frère, maintenant le père Jean-François Pouliot, qui s’est tenue en soirée à la Basilique-cathédrale Saint-Michel de Sherbrooke.

« Doubles frères »

À un certain moment de leur vie, Jean-François Pouliot et son frère, Stéphane, ont tous deux prononcé les mêmes mots en priant : « Mon Dieu, c’est tellement beau ce que tu me montres. Je t’offre ma vie, fais-en ce que tu veux ». « Lui, ça a été à 22 ans, et moi, à 7 ans », raconte Stéphane à propos de son frère qu’il a vu ordonné prêtre, tout comme lui, vendredi soir à la Basilique-cathédrale Saint-Michel de Sherbrooke.

« Ce soir, on est non seulement frères de sang, mais aussi frères prêtres. Doubles frères », partageait fièrement l’abbé Stéphane Pouliot quelques heures avant la cérémonie. 

Son cadet, désormais connu comme le père Jean-François Pouliot à l’âge de 37 ans est plus que jamais certain de sa vocation. Mais les questionnements ont été insistants. 

« Un prête dans la famille, je trouvais ça déjà très généreux. Dans ma tête, Stéphane était formaté comme ça. Moi, j’étais celui des deux frères qui allait continuer le nom de Pouliot », sourit le Beauceron d’origine, qui s’était présenté avec une conjointe à l’ordination de son frère, il y a 16 ans.

Lorsqu’il a reçu l’appel, à 21 ans, le père Pouliot terminait son baccalauréat en soins infirmiers et revenait d’un voyage humanitaire au Sénégal. 

En relisant sa vie, il a finalement compris le reproche que lui faisait souvent une ancienne copine. « Elle me disait : “ on dirait que tu veux être avec moi, mais en même temps, tu veux être avec tout le monde. ” Ça me faisait mal, je me disais que j’avais un problème de fidélité. Quand j’ai découvert la vie consacrée, j’ai renoncé à la beauté du mariage, mais pas à l’amour. L’amour qui est en moi va me permettre de me donner d’une manière différente. Non, je n’aurai pas d’enfants, mais il y aura une foule de personnes que j’aurai aidées et dont j’aurai pris soin. »

Des « portes se sont ouvertes »

Si la foi avait toujours été présente dans la famille, notamment grâce aux récits de miracles que leur ont transmis les générations précédentes, c’est surtout grâce à l’orientation de son frère qu’il a confirmé cette révélation. « Je ne pouvais pas le faire pour lui, mais je pouvais certainement lui indiquer les belles places à voir et les rencontres à faire », dit l’abbé Pouliot. 

Des « portes se sont ouvertes » tranquillement, notamment lorsqu’il a fait la rencontre d’un prêtre qui, enfin, lui ressemblait, et qu’il a passé une année à explorer avec la Famille Marie-Jeunesse (FMJ). « Je voyais un jeune prêtre missionnaire qui était heureux, qui jouait de la guitare électrique, qui faisait du sport et qui avait un bac en sociologie. Ça a fait tomber des œillères », indique-t-il. 

« Maintenant, les jeunes qui deviennent prêtre le font beaucoup plus tard et arrivent avec une expérience de vie. Ils ont parfois un couple, une carrière. On a tous eu nos questionnements. On n’est pas des extra-terrestres », partage monseigneur Luc Cyr, archevêque de Sherbrooke, qui a présidé l’ordination vendredi soir.

Même le père Pouliot en a appris sur son aîné, qui exerce comme curé en Ontario. « Il avait une vision très droite de mon parcours, étant de 8 ans mon cadet, mais il y avait une version “ adulte ” qu’il devait connaître. Quand on a l’appel à sept ans, on prend pas mal plus de détours qu’à 22 ans », confie l’abbé Stéphane Pouliot, qui a lui aussi fréquenté des femmes dans le passé.

Le père Pouliot conservera son rôle de berger pour la maison de la FMJ à Sherbrooke, où il présidera sa première messe samedi, à 16 h. Il rendra également des services chez les Sœurs clarisses et se mettra au service de l’Église catholique pour exercer dans l’Archidiocèse de Sherbrooke.