Les adeptes du zéro déchet dans Rock Forest n’auront qu’un seul arrêt à faire. Les propriétaires du Silo épicerie Bio-Vrac, Nancy Squires et Dorothée Gallant, ainsi que de l’Écolo Boutique, Pierre Bolduc et Michel Gaudreau (absent de la photo), ont choisi d’installer leurs nouvelles succursales côte à côte.
Les adeptes du zéro déchet dans Rock Forest n’auront qu’un seul arrêt à faire. Les propriétaires du Silo épicerie Bio-Vrac, Nancy Squires et Dorothée Gallant, ainsi que de l’Écolo Boutique, Pierre Bolduc et Michel Gaudreau (absent de la photo), ont choisi d’installer leurs nouvelles succursales côte à côte.

Double offre écolo dans Rock Forest  [VIDÉO]

Dès lundi, les propriétaires respectifs du Silo épicerie bio-vrac et de l’Écolo Boutique n’auront plus à répondre à la question qui leur était quotidiennement relancée : « À quand une ouverture dans Rock Forest? » Non seulement ont-ils eu envie de répondre à la demande grandissante, mais ils ont aussi vu l’occasion de contribuer à faire des environs un quartier qui mise sur la proximité.

Dans un concept qu’ils estiment unique au Québec, les commerçants ont choisi de s’installer côte à côte dans le nouveau bâtiment du 4756, boulevard Bourque.

« On s’est rendu compte rapidement qu’on partageait les mêmes clients. Même sur King Est, on avait eu ce discours-là, parce qu’en étant un à côté de l’autre, les gens n’ont pas à se déplacer une deuxième fois pour faire leur épicerie. En ce moment, c’était inévitable », avance Pierre Bolduc, président fondateur de l’Écolo Boutique. Depuis maintenant dix ans, son entreprise se spécialise dans les options écologiques de la consommation courante non alimentaire, comme les produits ménagers, de soins corporels, ou de préparation alimentaire.

« On partage la même mission tous les deux, indique Nancy Squires, fondatrice du Silo et copropriétaire de la succursale de Rock Forest. On s’en va à la même place. On essaie de créer des commerces de proximité qui sont attachés à leur milieu et qui sont à la couleur des gens du quartier. On veut créer un milieu de vie accueillant. Puis ici, il y avait déjà le Bières dépôt Au Vent du Nord, le Osé Sushi-Grill et la brûlerie Hubert Saint-Jean tout près. Et ça nous permet d’embarquer encore plus de gens dans notre beau projet qu’est le zéro déchet. »

C’est « autour du rack à bananes lors d’une belle journée de janvier » au Silo originel qu’a germé l’idée de ce Silo 2.0, raconte Mme Squires. « Dorothée Gallant, qui était une cliente à l’époque, m’a dit spontanément qu’elle voulait ouvrir une épicerie vrac et bio à Rock Forest. De fil en aiguille, on a dit “ go, on le fait’’. J’étais rendue là. »

Mme Gallant caressait depuis longtemps le désir de démarrer une entreprise. « J’étais dans un revirement de carrière après 25 ans dans le service à la clientèle en restauration, dit-elle. J’ai toujours été amoureuse de la bouffe. L’idée est simplement montée en moi. Je me suis dit que j’avais enfin trouvé ma voie. »

Plus d’un an après une conversation autour d’un présentoir à bananes, Nancy Squires et Dorothée Gallant ouvrent le Silo 2.0 à Rock Forest, une nouvelle succursale de l’épicerie de produits en vrac et biologiques qui saura répondre à une demande grandissante.

Mais selon elle, le projet dépendait entièrement de la venue de l’Écolo Boutique à la porte d’à côté. « J’avais entendu dire que le propriétaire voulait aussi ouvrir dans Rock Forest, alors on s’est rencontrés plusieurs fois, et ça marchait. On avait tous les yeux qui pétillaient. »

« Avec mon cinq ans d’expérience, celle de nos employés et le nouveau cerveau de Dorothée, on croit être arrivées à une expérience beaucoup plus optimale, plaide Mme Squires. Il y a toute la question de l’ergonomie du vrac. Tout doit être pensé pour que ce soit agréable pour le client. Où est-ce que je peux laver mes pots, où est-ce que je peux les peser? Il ne faut pas oublier de mentionner que le vrac, c’est de l’organisation en amont, mais l’après est tellement plus facile. En fait, il n’y a pas d’après, parce qu’on ne jette rien. »

La nouvelle Écolo Boutique de Rock Forest, tenue par Pierre Bolduc et son associé Michel Gaudreau, pourra offrir une plus grande sélection de produits et de marques, en plus d’offrir près de 25 produits ménagers en fûts.

Déferlante verte

Si une telle croissance a été rendue possible, c’est que les deux entreprises ont été frappées de plein fouet par une récente vague écologique.

« Depuis deux ans, on sent qu’il y a une ouverture d’esprit beaucoup plus large. Depuis l’été 2018, il y a un espèce de regain. En cinq ans, on a triplé notre chiffre d’affaires. On a le vent dans les voiles, comme on dit. Avec la nouvelle boutique, on pense pouvoir offrir encore plus de marques et de produits. Elle va également nous servir d’entrepôt tampon pour celle de l’Est », témoigne M. Bolduc, qui partage maintenant son entreprise avec un partenaire d’affaires, Michel Gaudreau.

La tendance « fais-le-toi-même », ou DIY (Do it yourself), a également eu une grande influence sur les tablettes de la boutique, note celui qui compte en plus mettre au moins 25 fûts de produits ménagers à la disposition de ses clients d’ici quelques semaines.

Pour certains mois de 2019, le Silo a pour sa part connu des augmentations de ventes entre 60 et 70 % comparativement à l’année précédente.

« On oublie souvent que le plus important, c’est de réduire à la source, fait valoir Mme Squires. Et les gens ont réalisé qu’ils avaient un pouvoir en tant que consommateurs. Je pense aussi qu’ils cherchent la cohérence, aujourd’hui. Il y a tellement de dissonance d’information. D’avoir tracé une ligne qui est concentrée sur le produit le plus local possible, le plus bio et avec le moins d’emballage possible, ça fait du bien au consommateur. Il sait que le Silo fait tout ce qu’il peut pour rester dans ce sens-là. »

Des emplois prisés

En plus de Mme Gallant, huit employés veilleront sur le nouveau Silo. À l’Écolo Boutique, ce sont 12 emplois qui ont été créés. Le recrutement a-t-il représenté un grand défi, alors que la région vit une véritable pénurie de main-d’œuvre? « Absolument pas », affirme-t-on des deux côtés.

Avec un affichage sur Facebook et Instagram, la Silo a récolté une cinquantaine de candidatures. Avec une publicité radio et une offre d’emploi sur Facebook, l’Écolo Boutique en a reçu plus de 150. Comme quoi la mission de l’employeur est de plus en plus importante pour l’employé, croit M. Bolduc. « On a embauché des gens qui étaient dans différents types de commerces, mais qui travaillaient contre leurs valeurs, conclut-il. Il y avait par exemple des produits qu’ils n’avaient pas envie de vendre. »