Caroline Lesmerises a lancé sa série d’œuvres éphémères et gratuites pour remonter le moral des employés des services essentiels.
Caroline Lesmerises a lancé sa série d’œuvres éphémères et gratuites pour remonter le moral des employés des services essentiels.

Donner des arcs-en-ciel pour préserver le moral des travailleurs

Illustratrice de métier et préoccupée par le moral des employés des services essentiels, la Sherbrookoise Caroline Lesmerises a trouvé une façon originale et colorée de saluer leur courageux travail.

Elle peint gratuitement des arcs-en-ciel géants sur les vitrines des commerces qui continuent de servir les citoyens jour après jour, malgré les risques et les contraintes de la crise sanitaire.

«Chacun y va avec ses talents et ses forces. Je ne suis pas infirmière, ni couturière, mais je sais dessiner. C’est plus limité ce que je peux faire, mais ça je peux le faire», raconte l’artiste en entrevue avec La Tribune, après avoir signé une xième œuvre, mardi, sur la vitrine du marché d’alimentation Provigo à Windsor.

Son portfolio d’arcs-en-ciel est aussi garni qu’inspiré : ici une quincaillerie, là une animalerie et un CPE, ici un autre marché d’alimentation puis une pharmacie. À Sherbrooke, mais aussi à Magog, Saint-Denis-de-Brompton, Windsor et… Saint-Anicet qui a le plaisir d’admirer la première œuvre de la série.

«J’étais à l’épicerie du village à un moment donné, c’était avant que la Santé publique demande de ne pas se déplacer entre les régions, et l’équipe avait l’air tellement découragée… Je ne peux pas expliquer pourquoi, mais j’ai proposé de leur peindre un arc-en-ciel gratuitement, juste pour remonter le moral des troupes.»

Les commentaires ont été tellement gratifiants que Caroline Lesmerises était lancée. De retour à Sherbrooke, elle a eu le goût d’offrir son talent et son temps à ses clients qui devaient rester ouverts malgré la pandémie.

«Ça se fait beaucoup par le bouche-à-oreille, dit-elle. Je n’ai pas compté mes œuvres. Je peux en faire trois dans une journée et il y a d’autres journées où je reste chez moi pour m’occuper de mes enfants et de ma business.»

En temps normal, l’artiste derrière les Créations Lesmerises gagne sa vie principalement en dessinant des murales intérieures et en peignant des vitrines pour les occasions spéciales comme cette Pâques qui approche. Toutes des activités qui sont presque tombées au point mort en même temps que le Québec s’est confiné.

Les colorés arcs-en-ciel de Caroline Lesmerises ornent les vitrines de plusieurs commerces essentiels de la région, comme ici l’épicerie Le Silo du secteur Rock Forest.

«Un peu comme tout le monde, relate-t-elle, je me suis retrouvée à ne pas pouvoir travailler. J’étais un peu découragée et après deux semaines, je dois dire que je commençais à manger les murs!»

Outre cet art éphémère qu’elle parsème dans la région en prenant grand soin de respecter les nécessaires règles d’hygiène et de distanciation sociale et sans jamais entrer dans les commerces et organisations, assure-t-elle, Caroline Lesmerises a aussi adapté quelques produits qu’elle peut vendre en ligne, comme des autocollants d’arcs-en-ciel et des aquarelles sur le thème du Ça va bien aller.

«J’ai gardé mon site web ouvert. C’est comme ça que je vis en ce moment avec la vente de mes autocollants et de mes aquarelles en ligne. Mais on s’entend, vivre est un bien grand mot. Heureusement que l’aide [de l’État pour les travailleurs autonomes] s’en vient», confie-t-elle en espérant le meilleur pour bientôt.

«Je continue à remplir mon carnet de commandes et un moment donné quand on aura le droit, je vais repartir. Un jour ce sera bientôt fini!»

À Windsor, l’épicier François Gauthier n’avait que de bons mots pour l’œuvre de Mme Lesmerises. «C’est vraiment génial et généreux ce qu’elle fait. Ça met en peu de couleurs et d’espoir dans notre quotidien», a-t-il témoigné à La Tribune.

«Je pense que beaucoup de monde ont besoin de choses comme ça en ce moment, réplique avec humilité la généreuse artiste. Moi c’est ce que je connais. J’ai déjà le matériel pour le faire alors ça ne me coûte presque rien de rendre service. On est rendu là. N’importe quoi qui nous donne un peu le sourire.»