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Donald Trump et Steve Bannon.
Donald Trump et Steve Bannon.

Donald Trump gracie 73 personnes, dont Steve Bannon

AFP
Agence France-Presse
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WASHINGTON - Le président américain sortant Donald Trump a gracié 73 personnes, dont son ancien conseiller Steve Bannon, a annoncé mercredi la Maison-Blanche, peu avant la fin de ses fonctions.

«Le président Donald J. Trump gracie 73 personnes et a commué les peines de 70 autres», est-il indiqué dans un communiqué. Ni M. Trump ni ses enfants ne figurent sur la liste des personnes bénéficiant d’une grâce.

M. Bannon, 66 ans, avait été l’un des artisans de la campagne présidentielle victorieuse de Donald Trump en 2016 avant d’être poussé vers la sortie par le milliardaire républicain en 2017.

Il a obtenu la clémence du président alors qu’il était accusé d’avoir détourné des fonds prétendument destinés à la construction d’un mur à la frontière entre les États-Unis et le Mexique. M. Bannon avait plaidé non coupable.

«M. Bannon a été un leader important du mouvement conservateur et il est connu pour son expertise politique», ajoute le communiqué de la Maison-Blanche.

Cette grâce avait été annoncée auparavant par plusieurs médias américains.

Selon le New York Times, M. Trump a pris la décision de gracier son ancien conseiller à la dernière minute après s’être entretenu au téléphone avec lui.

La grâce présidentielle annulerait les charges portées contre Steve Bannon s’il était condamné, selon le journal.

Rappeurs et ancien maire de Detroit

Sur la liste des personnes graciées figure aussi son ex-collecteur de fonds Elliott Broidy, qui a plaidé coupable en octobre de lobbying illégal à l’étranger, et le rappeur américain Lil Wayne. Désigné sous son nom de Dwayne Michael Carter Jr, le rappeur a plaidé coupable le mois dernier de possession d’une arme à feu, délit pour lequel il risquait jusqu’à dix ans de prison.

Un autre rappeur, Kodak Black, incarcéré pour fausse déclaration, est également gracié, de même que l’ancien maire de Detroit, Kwame Kilpatrick, condamné en 2013 à 28 ans de prison pour corruption et extorsion de fonds.

M. Trump, qui doit s’envoler mercredi matin pour la Floride, a déjà utilisé ce pouvoir présidentiel ces derniers mois et exonéré des collaborateurs et des proches.

Il avait ainsi gracié plusieurs personnes ayant plaidé coupables ou été condamnées dans l’enquête sur une possible collusion entre la Russie et son équipe de campagne en 2016, comme Michael Flynn, Paul Manafort, Roger Stone, George Papadopoulos ou Alex Van Der Zwaan.

Il avait également accordé sa clémence au père de son gendre et conseiller Jared Kushner, Charles Kushner, qui avait été condamné en 2004 à deux ans de prison pour malversations fiscales, ou à quatre ex-agents de l’ancienne société de sécurité privée Blackwater reconnus coupables du meurtre de 14 civils irakiens en 2007 à Bagdad.

La tradition de la grâce présidentielle remonte à George Washington.

En fin de mandat, Barack Obama a commué la peine de l’ex-soldat Chelsea Manning, ex-informatrice de WikiLeaks condamnée en 2013 à 35 ans de prison en cour martiale.

Bill Clinton a gracié en 2001 juste avant de quitter la Maison-Blanche son demi-frère Roger Clinton, condamné pour possession de cocaïne, et le milliardaire Marc Rich (1924-2013) important donateur du parti démocrate, condamné pour évasion fiscale et alors en fuite.

George H. W. Bush a gracié en décembre 1992 l’ancien secrétaire à la Défense Caspar Weinberger, l’ex-conseiller à la sécurité nationale Robert McFarlane et quatre autres responsables américains impliqués dans le scandale de l’»Irangate», la vente secrète d’armes américaines à l’Iran, pour financer les Contras nicaraguayens.