Dominic St-Laurent : dans la cour des grands

Simon Roberge, Initiative de journalisme local
Simon Roberge, Initiative de journalisme local
La Tribune
Du petit village de Saint-Herménégilde au Théâtre St-Denis, en passant par la comédie musicale Grease, l’artiste Dominic St-Laurent en a parcouru du chemin. L’ancien élève de l’école La Frontalière de Coaticook a développé son amour de la scène ici, en Estrie.

« Je me souviens en troisième année du primaire d’être allé voir la pièce Grease à l’école, et j’ai dit à ma mère que j’aimerais faire ça dans la vie, se rappelle Dominic St-Laurent dans une longue entrevue téléphonique avec La Tribune. Mes premières expériences de scène ont été les oraux en classe que j’aimais énormément. »

Un autre moment marquant pour Dominic St-Laurent a été un spectacle du Grand Rire Bleue lorsqu’il était en secondaire 1.

« Des gens montaient sur scène pour faire des imitations et en revenant dans l’auto je faisais des imitations et ma mère m’a dit que j’étais vraiment bon et que je devrais m’inscrire à la soirée artistique de l’école. Ce n’était pas évident pour moi parce qu’en secondaire 1 je n’avais pas beaucoup d’amis et j’avais un peu peur de faire rire de moi. En secondaire 3, j’ai finalement pris mon courage à deux mains et je me suis inscrit. Et ç’a été un moment tournant, ça s’est super bien passé. J’avais préparé un mixte d’imitations des Grandes Gueules, de chansons de Michael Jackson et de breakdance. Dans les années suivantes, j’ai sauté sur toutes les occasions de faire des spectacles. »

Sa première vraie chance, Dominic l’a plus tard obtenue grâce à un concours de circonstances pendant le tournage de La petite séduction avec Normand Brathwaite à Saint-Herménégilde.

« Un moment donné, les caméras ont brisé à cause de la pluie et tout le monde est rentré dans une église le temps que la tempête passe, relate-t-il. Je suis monté sur la scène et j’ai fait des blagues sur ce que j’avais observé pendant les quelques jours de tournage et c’est là que quelqu’un m’a spotté et je me suis retrouvé au Grand Rire Bleue. J’étais parmi les grands comme Mike Ward, les Denis Drolets, j’avais 17 ans, c’était incroyable. »

De fil en aiguille, Dominic a ainsi bâti son répertoire. Il a notamment fait partie de la distribution de la comédie musicale Grease et du spectacle Blue Suede Show. Plus récemment, il a été en vedette dans une publicité de la Roue de fortune.

Se remettre en question

Mais comme dans n’importe quel métier, les remises en question reviennent souvent. Pour Dominic, c’était la pertinence même de son métier qu’il avait parfois de la difficulté à accepter.

« Il y a des choses terribles qui se passent dans le monde et moi je fais des “steppettes” sur une scène. J’avais tendance à me remettre en question et me demander si c’était vraiment important. C’est juste cette année que je me suis réconcilié avec le fait que ce n’est pas banal de créer du beau et du bon. »

« J’ai même eu une passe, un été, où je me suis demandé si j’avais mis mes efforts à la bonne place, admet-il. J’avais lu un article sur l’intelligence artificielle et c’est comme jouer avec le diable parce que ça peut être très dangereux. Mais j’ai finalement accepté de faire une différence là où mes habiletés sont au lieu de recommencer dans un domaine que je ne connais même pas et où je vais espérer avoir un impact. »

Bénévolat payé

L’un des projets importants de Dominic St-Laurent au cours des dernières années est son spectacle J’ai ben l’droit, qui présente les 12 droits des usagers dans le système de la santé. C’est un projet qui s’inscrit justement dans une volonté d’avoir un impact plus profond sur les gens.

« J’ai embarqué là-dedans parce que j’aime beaucoup avoir un juste milieu entre contenu et contenant. C’était pertinent pour les personnes âgées de faire ce spectacle et c’était bon pour moi aussi de me donner un défi. J’ai monté un spectacle sur un sujet important qui semble très dry à première vue. On ne parle pas des droits des usagers en se disant que ça va faire une bonne histoire. Ça m’a donné confiance d’être capable de prendre un sujet comme ça et de le rendre intéressant. »

« On va se le dire, ce n’est pas très glamour d’aller chanter dans un CHSLD dans un fond de cafétéria. On est loin du St-Denis devant 2000 personnes, mais pour avoir vécu les deux expériences, je peux dire que ça m’apporte énormément d’aller chanter pour les personnes âgées parce que ça me fait réaliser la chance que j’ai d’être en santé. Je vois que les personnes âgées l’apprécient aussi, c’est un bel échange. J’appelle ça mon bénévolat payé. »

Repères

— Il a étudié en théâtre musical au Cégep Lionel-Groulx

— Il est un grand admirateur d’Elon Musk, fondateur de la compagnie Tesla

— Il souhaite se diriger vers des projets en télé et éventuellement vers le cinéma