La vice-présidente et présidente de Liaison réseau d’affaires Christine Rousseau et Aminta Ndiaye, ainsi que l’organisatrice de Diversité au Féminin, Liliane Carvalho, ont participé à l’événement.

Diversité et passion au féminin

Mettre les femmes en valeur : c’est l’objectif de Liliane Carvalho en organisant l’événement Diversité au Féminin, qui accueille des femmes de tous les milieux afin de partager leur passion. Que ce soit des femmes politiques, d’affaires ou issues du milieu communautaire, elles sont invitées à discuter et à assister aux panels. Bien sûr, les hommes aussi sont invités à l’Hôtel du Président, tout aussi gratuitement.

« On parle beaucoup de femmes au mois de mars, mais on voulait parler de femmes issues de différents domaines, explique Mme Carvalho. On trouve que parfois, les événements féminins tournent autour de sujets très féminins. On veut montrer que les femmes sont fortes partout, qu’elles prennent leur place. On veut aussi discuter de conciliation travail-famille et d’acceptation de soi. »

L’organisatrice est particulièrement fière de la qualité des intervenants qui prennent la parole à l’événement. De gros noms, comme celui de la députée de Sherbrooke, Christine Labrie et de la notaire Corrine Reid, qui font partie de la programmation. « Je suis particulièrement fière de cette programmation. 26 femmes ont accepté bénévolement de participer comme animatrice, panelliste, conférencière ou de passer en entrevue. Quand on a contacté ces femmes, dont ce sont des noms vraiment renommés dans la région, elles ont accepté tout de suite. Elles ont vu que c’était un événement très important pour la population. Comme l’entrée est gratuite, c’est de l’information gratuite pour les gens de la région », dit-elle, réjouie.

D’autres sujets que le féminisme sont abordés durant ces conférences. « On parle d’équité, qui est toujours un enjeu dans différents domaines. On est 2019, mais on a encore beaucoup de discussions à avoir. On a des statistiques qui nous montrent le petit nombre de femmes en politique, à titre d’exemple. On met également en valeur le nombre de femmes qui prennent leur place dans les domaines considérés comme étant masculins », analyse celle qui est également vice-présidente de la Fédération des communautés culturelles de l’Estrie.

« On veut que les gens sortent d’ici informés, motivés et inspirés. Par exemple, c’est rare que les gens aient l’occasion de rencontrer plus de 20 organismes dans la même salle pour parler de leurs services », résume-t-elle.

Les femmes ont la solution pour la pénurie de main-d'oeuvre

Est-ce que les femmes représentent une partie de la solution au problème de main-d’œuvre qui sévit au Québec? Selon la directrice du Centre d’intégration au marché de l’emploi, Geneviève Collette, oui. 

« De plus en plus, on a des employeurs qui se disent prêts à former chez eux, assure Mme Collette, qui a pris la parole à titre de conférencière lors de l’événement Diversité au Féminin. Ils sont prêts à accueillir des femmes et de les former. Par exemple dans le domaine du transport routier, où il y a une rareté de main-d’œuvre, les employeurs peinent à avoir des employés. Pour ça, il faut intéresser les femmes à s’en aller vers ce secteur. Il faut mettre en valeur les belles choses. On va le faire pour plusieurs secteurs. »

Aujourd’hui, beaucoup d’employeurs embauchent des immigrants, ce qui est excellent selon Geneviève Collette. « On a quand même un grand bassin de main-d’œuvre actuellement qui ne participe pas au marché du travail, dont une grande proportion de femmes, et de femmes immigrantes qui sont arrivées au Québec depuis longtemps. Il y a aussi une proportion de personnes en situation de handicap et de jeunes qui présentent certaines problématiques, mais qui peuvent contribuer. Travaillons avec le bassin qui est actuellement disponible. Donnons de l’appui aux entreprises pour les intégrer et les maintenir. Donnons accès à de la formation qualifiante, mais de manière non traditionnelle. Les bancs d’école, ce n’est pas pour tout le monde », analyse-t-elle. 

Ouverture mitigée

Est-ce que les employeurs sont ouverts à engager des femmes? « C’est un peu mitigé, répond Mme Collette. Quand on pose la question, les employeurs nous disent qu’ils sont ouverts. Mais l’ouverture a ses limites. Ils disent qu’elles sont les bienvenues, mais qu’ils n’adapteront pas le milieu. Des situations problématiques, souvent des petits détails, peuvent survenir. Par exemple, l’absence d’une politique en prévention du harcèlement. Si j’accueille une femme chez nous pour la première fois et qu’il se met à y avoir des comportements inacceptables, comme des blagues sexistes, si je ne suis par prêt, comment est-ce que je réagis? À l’inverse, il peut y avoir des milieux surprotecteurs. »

« À d’autres moments, ça peut être des violences hallucinantes, poursuit-elle. Le préjugé est carré, les employeurs disent que la femme n’a pas sa place ici, qu’elle n’est pas assez forte, qu’elle dérange. Souvent, ils ne s’en rendent pas compte au départ. C’est en creusant la question qu’on va entendre tous les préjugés. La majorité le réalise. »

Malgré cela, de plus en plus de femmes œuvrent dans des emplois considérés comme étant typiquement masculins. « Des industries comme celle de la construction, dans laquelle il y a un programme à l’accès à l’égalité, le pourcentage de femmes augmente lentement, mais sûrement. D’autres milieux viennent nous voir pour avoir des conseils et on leur donne », résume Geneviève Collette.