Les commissaires Renaud Lachance et France Charbonneau.

Différends entre France Charbonneau et Renaud Lachance: «Des questions internes», selon Fortin

Le député Luc Fortin ne croit pas qu'il soit nécessaire de tenir une commission parlementaire à laquelle seraient convoqués France Charbonneau et le commissaire Renaud Lachance.
<p>Luc Fortin</p>
Radio-Canada a révélé une partie des échanges survenus entre Mme Charbonneau et M. Lachance au sujet des conclusions du rapport de la commission Charbonneau. Ces échanges tendent à démontrer que Renaud Lachance a voulu atténuer les critiques envers les partis politiques dans le rapport.
« Ce sont des questions internes qui relèvent de la commission. Vous comprendrez que je ne commenterai pas. La commission Charbonneau a remis son rapport. Nous en avons pris acte. Il y a 60 recommandations et le gouvernement entend donner suite à ces 60 recommandations, mais je n'entends pas commenter la dynamique interne de la commission », a réagi Luc Fortin vendredi.
Le Parti québécois avait réagi en demandant des explications de la part du commissaire.
« Je pense que les partis d'opposition devraient cesser de faire de la politique avec ça et de s'immiscer dans une commission qui était quasi judiciaire. C'est ça la réalité. C'est de s'immiscer dans un processus qui était indépendant. S'ils veulent faire de la politique avec ça, libre à eux. Nous n'embarquerons pas dans ce jeu-là. La commission a rendu son rapport. Ce que nous devons faire comme parlementaire, c'est de travailler pour mettre en place les recommandations. Au lieu d'essayer de réécrire le rapport comme veulent le faire certains, on devrait tirer des conclusions, continuer à avancer et mettre en place les recommandations. »
Les commissaires Charbonneau et Lachance «invités» à s'expliquer
La Coalition avenir Québec propose non pas de contraindre, mais d'«inviter» les commissaires Renaud Lachance et France Charbonneau à venir s'expliquer devant l'Assemblée nationale.
Au cours d'une conférence de presse vendredi à Montréal, les députés caquistes Nathalie Roy et Simon Jolin-Barrette ont affirmé que si le Parti libéral ajoutait sa voix à celle du Parti québécois, de la CAQ et de Québec solidaire, l'invitation aurait un poids moral certain face aux deux commissaires, à défaut de pouvoir les contraindre à témoigner.
Les récentes révélations de l'émission Enquête au sujet des courriels au ton acrimonieux échangés entre les deux commissaires et du brouillon de rapport annoté par le commissaire Lachance qui y a ajouté des commentaires comme «ridicule» laissent un goût amer, selon la députée caquiste Roy.
Les Québécois veulent connaître le fond des choses, d'autant plus que la commission a coûté 45 millions $ en fonds publics. Et la seule façon d'y parvenir est d'entendre les deux parties intéressées, ont fait valoir les deux députés caquistes.
La Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction a produit une soixantaine de recommandations, mais n'a pas émis de blâme formel.