Diane Bélisle, conseillère municipale, souhaite des communication neutres et inclusives.

Diane Délisle souhaite des communications épicènes

Le Collectif Sherbrooke féministe demande à la Ville d'adopter une politique de communication épicène et inclusive, c'est-à-dire d'éviter les communications où l'utilisation du masculin générique est la norme. La lettre déposée aux élues, et publiée en partie dans nos pages mardi, comptait la conseillère Diane Délisle parmi ses signataires.
« Les communications épicènes et inclusives permettent d'affirmer de façon concrète une préoccupation pour l'égalité entre toutes et tous par l'utilisation de termes neutres. C'est aussi l'occasion de faire preuve de cohérence avec les principes égalitaires défendus par la classe politique et faire en sorte que le langage utilisé reflète la considération, l'engagement, le respect et la reconnaissance du travail trop souvent invisible des femmes. Les autres paliers de gouvernement appliquent ce principe, de même que plusieurs organismes publics, parapublics et communautaires », lit-on dans ladite lettre.
Selon le même document, l'Université de Sherbrooke a adopté sa Politique rédactionnelle non sexiste en 2008.
Diane Délisle avoue avoir été sensibilisée à la situation alors qu'elle siégeait comme commissaire lors de l'étude du plan particulier d'urbanisme de la rue Wellington Sud. Le Collectif Sherbrooke féministe y avait entre autres critiqué le nom du Quartier de l'entrepreneur, devenu Quartier Well inc.
« Une politique de rédaction épicène ne m'était pas venue à l'idée, mais ce serait tellement logique que la Ville en adopte une. Il suffisait que quelqu'un nous y fasse penser. Dans leur présentation, les membres du collectif insistaient beaucoup sur le fait que nous devons aussi penser l'urbanisme en fonction des besoins des femmes », indique Mme Délisle.
« Quand on se promène au centre-ville, on a besoin de se sentir en sécurité plus que quand on est un mâle grand et fort. Ce serait bon qu'on prenne le temps de penser par exemple à avoir des portes sur lesquelles on peut juste pousser pour entrer et se sentir en sécurité. Ce n'est pas que nous n'y pensions pas du tout avant, mais nous n'utilisons par l'analyse intersectionnelle et différenciée selon les sexes. Ça ne veut pas dire que nous ne sommes pas soucieux, mais qu'il y a encore place à l'amélioration. »
Le collectif souhaite une politique de communication épicène avant la fin de l'année. « Ça pourrait être plus long, mais dans le prochain mandat, je m'attaquerai à ça. S'il y a d'autres actions que nous pouvons poser, nous nous ajusterons. Je serai à l'écoute de ce groupe-là. »
Mme Délisle a d'ailleurs recommandé au collectif d'inviter les autres élus à signer la lettre pour une politique de communication épicène. « Quand on la signe, il y a une espèce d'engagement moral. »
Marie-Danielle Larocque, membre du collectif, indique qu'il est trop tard pour signer la lettre. « Ce n'est plus le temps de signer cette lettre, mais plutôt de passer à l'action. Nous avions prévu laisser un temps aux personnes élues pour prendre connaissance du document et des arguments en faveur de l'implantation d'une telle politique avant de les relancer. Nous prévoyons donc les relancer dans deux séances du conseil. »
Le maire Bernard Sévigny a signalé l'ouverture du conseil lundi. « Vous avez des alliés au conseil. À preuve, le nom du Quartier de l'entrepreneur a été changé. Ça témoigne d'une sensibilisation par rapport à votre préoccupation. Les membres du conseil prendront connaissance du document et je pense que nous cheminerons. »