Le nombre de déversement s’est élevé à 1142 l’an dernier sur le territoire de la Ville de Sherbrooke.
Le nombre de déversement s’est élevé à 1142 l’an dernier sur le territoire de la Ville de Sherbrooke.

Déversements : Sherbrooke fait bonne figure, mais…

Alain Goupil
Alain Goupil
La Tribune
Même si Sherbrooke fait bonne figure en ce qui a trait aux déversements d’eaux usées, son bilan pourrait être bien meilleur si elle utilisait tous les outils à sa disposition, estime la Fondation Rivières qui vient de publier son palmarès 2019 des 50 pires municipalités du Québec en matière de déversements d’eaux usées.

Parmi les 10 plus grandes villes du Québec, Sherbrooke se classe en effet au 10e rang par rapport au nombre de déversements d’eaux usées enregistrés sur son territoire l’an dernier, avec 1142 déversements. Ce qui est loin derrière Québec (1er avec 3180 déversements) et Saguenay (2e avec 2931).

Sherbrooke fait aussi bonne figure au chapitre de l’intensité des déversements en se classant 39e sur 50 avec un indice d’intensité de 299 219, comparativement à 3,9 millions pour Québec et 2,1 millions pour Saguenay.

Mais cette « bonne performance » de Sherbrooke, que ce soit sur le plan du nombre de déversements que d’intensité des déversements, doit être mis en perspective, prévient André Bélanger, directeur général de la Fondation Rivières.

Selon lui, le nombre de 1142 déversements attribués à Sherbrooke est « probablement sous-estimé » compte tenu du nombre d’enregistreurs électroniques installés sur son réseau d’égouts.

« À Sherbrooke, sur les 100 ouvrages en place, on retrouve seulement 40 enregistreurs électroniques. La loi n’oblige pas la Ville à installer des enregistreurs sur tous ses ouvrages. Mais on sait qu’au cours des trois dernières années, 90 de ces 100 ouvrages ont débordé au moins une fois. Donc, théoriquement, il devrait y avoir un enregistreur électronique installé sur chacun de ces 90 ouvrages. »

Selon M. Bélanger, le ministère de l’Environnement aurait dû sanctionner la Ville afin qu’elle corrige cette situation.

D’autant plus que Sherbrooke n’a pas encore réclamé les 60 M $ auxquels elle a droit en vertu de la taxe sur l’essence et la contribution de Québec.

« Ce qui est clair, c’est qu’il y a de l’argent à Québec et Sherbrooke n’est pas allée chercher tout ce qu’elle pourrait avoir pour réaliser les travaux qui restent à faire. »

Parmi les autres municipalités de l’Estrie dont le nom apparaît au palmarès des déversements, notons celui de Windsor qui arrive au 45e rang avec 341 déversements, pendant qu’East Angus ferme la marche au 50e rang avec 313 déversements. Magog n’apparaît pas au palmarès.

À l’échelle du Québec, la Fondation Rivières dit avoir recensé 60 660 déversements en 2019. Ce bilan est basé sur quelque 8,5 millions de données extraites du Portail des connaissances sur l’eau, du ministère de l’Environnement (MELCC).

Fondée en 2002 par le comédien Roy Dupuis et le photographe de plateau Michel Gauthier, la Fondation Rivières s’est donnée pour mission de voir à la préservation, la restauration et la mise en valeur du caractère naturel et écologique des rivières, y compris la qualité de l’eau.