Le terrain Paul-Marin 2 sera fermé jusqu’à la fin de la saison. Il a été refait à neuf l’an passé.

Deux terrains fermés... et une surface inutilisée

Deux terrains de soccer à surface naturelle de Sherbrooke doivent être fermés en raison du piètre état de leur gazon. Ces terrains sont situés aux parcs Paul-Marin et de Saint-Alphonse-de-Liguori.

Le terrain Paul-Marin 2 sera fermé jusqu’à la fin de la saison, annonce la Ville de Sherbrooke par voie de communiqué. Cette surface peut accueillir un terrain de soccer à neuf joueurs ou deux terrains à sept joueurs. Les utilisateurs pourraient pouvoir être déplacés sur d’autres terrains disponibles.

Le terrain Saint-Alphonse 2 est quant à lui fermé temporairement pour l’instant. Il s’agit d’une surface pouvant accueillir deux terrains de soccer à sept joueurs.

La Ville de Sherbrooke dit rechercher des solutions afin de limiter les répercussions sur les utilisateurs, dont une ligue d’adultes. « Si les activités ne peuvent être déplacées, ce terrain de soccer sera rouvert jusqu’à la fin de la saison, à condition que la sécurité des joueuses et des joueurs ne soit pas compromise ».

La perte de l’utilisation de ces deux terrains complexifie la tenue des matchs et des entraînements du club de soccer le Mistral.

Devenu il y a un peu plus d’un an l’un des plus gros clubs au Québec, avec ses 5000 membres, le Mistral dit agir au mieux dans les circonstances.

« On doit trouver des plans B ; on a contacté le Triolet, il y a plus d’un mois, afin de connaître la disponibilité du terrain à surface synthétique du Stade RBC. On nous a renvoyés à la Ville de Sherbrooke. Mais comme il n’y a pas d’entente de partenariat entre la Ville et la CSRS (Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke), on ne peut pas utiliser ce terrain. On est donc en mode attente », a dit le directeur général du Mistral, Michel Couturier.

« On attend des réponses à nos questions ; on a des membres à faire jouer. La situation est là même avec le parc Bureau, qui n’est toujours pas accessible. Le parc Atto-Beaver n’est pas accessible non plus, puisqu’il a été abîmé lors de l’entretien. »

« Je trouve dommage que l’on doive avertir nos membres à la dernière minute. On n’a pas toute l’information nécessaire, pour l’instant », a-t-il déploré.

Utilisation du synthétique

Le Triolet est ouvert à l’utilisation de son synthétique

Le terrain synthétique de soccer-football du Stade RBC a été inauguré l’automne passé. Il représente des investissements de 3,2 millions et le projet a été réalisé en partenariat entre le gouvernement du Québec et la CSRS.

La Ville de Sherbrooke n’aurait pas investi dans ce projet.

Lors de la pelletée de terre inaugurant les travaux, en mai 2017, le député de Sherbrooke Luc Fortin précisait à La Tribune que : « Ce terrain viendra bien sûr bonifier l’offre concernant le programme sports-études du Triolet, mais il sera accessible aux autres étudiants et même à l’ensemble de la population, puisque la Ville pourra acheter une banque d’heures d’utilisation (...) ».

« La réalisation de ce terrain est une excellente nouvelle pour les usagers scolaires et pour l’ensemble des jeunes qui pourront bénéficier de cette infrastructure dans la partie ouest de la ville », avait mentionné alors le maire de Sherbrooke Bernard Sévigny, toujours lors de la même cérémonie.

Le terrain Saint-Alphonse 2 est fermé temporairement. Si les activités ne peuvent être déplacées, il sera rouvert jusqu’à la fin de la saison.

Aucune d’entente d’utilisation n’a été signée à ce jour entre la CSRS et la Ville de Sherbrooke.

Ce qui signifie que si la Ville veut utiliser la surface du Stade RBC, elle devra en débourser le prix de location habituel.

Ce qui n’est pas le cas pour le terrain à surface synthétique situé sur le chemin Sainte-Catherine, par exemple, lui qui est géré conjointement par la Ville et l’Université.

« Je crois comprendre qu’on est en processus de négociation pour le renouvellement d’une entente déjà existante, mais qui serait bonifiée et étendue. Pour l’instant, notre synthétique est réservé deux soirs par semaine, et donc, libre les trois autres soirs. On est très ouverts à offrir son utilisation », a dit Jean-Benoît Jubinville, directeur adjoint au 2e cycle Sports-études du Triolet, et responsable des infrastructures sportives.

« Le Mistral m’a contacté, il y a un mois, mais j’ai dû leur dire de s’adresser à la Ville, qui est mon interlocuteur en termes de location. On a un très beau terrain et tout ce qu’on veut, c’est de l’utiliser le plus possible. »

Des terrains mal entretenus ?

La fermeture pour la saison du terrain Paul-Marin 2 a de quoi faire sourciller. Sa surface a en effet été refaite en neuf l’an dernier à peine.

La Tribune a appris de différentes sources que la surutilisation de ce terrain expliquerait sa condition actuelle ; beaucoup de monde fréquente ce parc de quartier et bien souvent, ces activités ne sont pas encadrées.

Un terrain à surface naturelle ne peut être utilisé que 20 ou 25 h par semaine.

Des avertissements d’une dégradation accélérée de cette surface auraient même été envoyés à la Ville de Sherbrooke, dès l’an passé.

Ces sources ont également fait observer à La Tribune que le type de pelouse utilisé n’est peut-être pas la plus efficace pour un terrain de soccer.

De plus, l’arrosage des terrains à surface naturelle est soumis aux mêmes règles que celles dictées à la population pour l’arrosage du gazon en période estivale. Un terrain de soccer aurait besoin de beaucoup plus pour maintenir sa qualité, estiment ces mêmes sources.

Sur le site de la Ville, il est mentionné dans la section « Arrosage de pelouse et utilisation extérieure de l’eau », que l’arrosage est permis « les dimanches et les mercredis, entre 20 h et 23 h (...) et dimanche et les mercredis, entre 5 h et 7 h (matin). »

La Ville de Sherbrooke demande aux citoyens de ne pas utiliser ces terrains. « Des analyses sont en cours afin de déterminer ce qui a pu causer la détérioration de ces surfaces gazonnées de façon à ce que ce problème ne se reproduise pas », mentionne-t-on dans le communiqué.

« Tous les terrains de soccer de la Ville sont régulièrement inspectés afin d’assurer leur pérennité et leur utilisation sécuritaire. »

La Tribune avait appris que des entraînements ont dû être annulés en raison de l’état des surfaces de jeu.

La Ville de Sherbrooke n’a pas répondu à nos demandes d’entrevues. Avec Claude Plante