Richard Tremblay et le Dr Javier Teijeira ont reçu la médaille du lieutenant-gouverneur jeudi à l’hôtel de ville de Sherbrooke. De gauche à droite, Michel Doyon, lieutenant-gouverneur du Québec, Richard Tremblay, président de l’Association canadienne des dons d’organes, Dr Javier Teijeira, chirurgien cardiovasculaire et thoracique, et Steve Lussier, maire de Sherbrooke.

Deux Sherbrookois reçoivent la médaille du lieutenant-gouverneur

Richard Tremblay, président de l’Association canadienne des dons d’organes, et Dr Javier Teijeira, chirurgien cardiovasculaire et thoracique ont reçu la prestigieuse médaille du lieutenant-gouverneur pour mérite exceptionnel jeudi après-midi à l’Hôtel de Ville de Sherbrooke.

Richard Tremblay s’est particulièrement illustré à travers l’Association canadienne du don d’organes. Sous sa gouverne, l’Association a effectué plus de 20 900 transports d’urgence à travers le Québec en plus de déployer 11 véhicules réservés au transport d’organes et d’équipes médicales et d’inaugurer un héliport au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke.

Pour ce qui du Dr Javier Teijeira, il est reconnu internationalement pour ses recherches médicales en chirurgie cardiaque. En plus d’enseigner à l’Université de Sherbrooke, l’éminent chirurgien a procédé à plus de 8000 interventions au cours de sa longue carrière de plus de 40 ans.

« De recevoir ce prix à l’aube de la semaine nationale du don d’organes, c’est une reconnaissance de la mission qu’on a mise sur pied il y a plus de 30 ans, mentionne Richard Tremblay en entretien avec La Tribune.

M. Tremblay est particulièrement fier du cénotaphe dédié aux donneurs d’organes situé au parc Jacob-Nicol à Sherbrooke.

« Les familles viennent se recueillir ici. La mémoire de ces gens-là dort ici éternellement. Pour moi, c’est important parce que ces gens-là méritent une reconnaissance. C’est le seul cénotaphe à l’honneur des donneurs d’organes et de tissus en Amérique du Nord. »

« C’est un grand honneur, mentionne pour sa part Dr Teijeira. Je ne m’y attendais pas du tout. Je le reçois avec humilité. Il y a eu beaucoup de premières à Sherbrooke comme la première greffe rénale. C’est moi qui l’ai fait. On est un chef de file au niveau provincial. »

40 ans de dons d’organes

Richard Tremblay et Dr Javier Teijeira œuvrent dans le domaine des dons d’organe depuis plusieurs décennies. La réalité a énormément changé en 40 ans.

« Quand le CHUS a fait les premières transplantations rénales, le Dr Teijeira était obligé d’envoyer ses organes en taxi, souligne Richard Tremblay. Le taxi souvent ne se rendait pas et on perdait l’organe. Aujourd’hui, au lieu de mobiliser des services ambulanciers, ce sont des policiers bénévoles qui viennent déplacer les organes. On fait entre 700 et 1000 transports par années au Québec. »

La Nouvelle-Écosse a fait les manchettes dernièrement en adoptant le « consentement présumé » pour le don d’organes. Quand la loi entrera en vigueur, tous les adultes de la Nouvelle-Écosse seront considérés comme des donneurs d’organes potentiels, à moins qu’ils ne mentionnent leur refus. Cette mesure ne réglera cependant pas tous les problèmes selon M. Tremblay.

« Je laisse le peuple prendre une décision, mais je suis obligé de vous dire que ce n’est pas le consentement présumé dans les autres pays qui a fait augmenter les donneurs d’organe, indique-t-il. Le problème des dons d’organes, c’est qu’il faut en parler avec les proches lorsqu’on prend la décision de devenir un donneur. Même si je suis un donneur présumé, si mes proches refusent, mes organes ne seront pas utilisés. Il faut que les proches soient au courant et c’est là que ça bloque. »