Le Sherbrookois Jean-Yves Laflamme et sa conjointe Louise Allard aimeraient bien revenir chez eux le plus vite possible.
Le Sherbrookois Jean-Yves Laflamme et sa conjointe Louise Allard aimeraient bien revenir chez eux le plus vite possible.

Deux Sherbrookois coincés en Espagne

Jean-Yves Laflamme, un Sherbrookois coincé en Espagne faute de moyen de retour, souhaite que des vols soient offerts aux Québécois comme lui qui veulent rentrer à la maison.

« M. Legault demandait aux Québécois de revenir le plus tôt possible, mais le problème, c’est qu’il n’y a pas d’avion, déplore M. Laflamme. C’est vraiment compliqué. On est incapables de parler aux compagnies aériennes ni même à nos compagnies d’assurances. Personne ne répond nulle part. Je me suis même levé dans la nuit pour tenter de parler à mes assurances. Après une heure et quart d’attente, je suis tombé sur une boîte vocale où j’ai laissé mon numéro de téléphone. On ne m’a pas encore rappelé. »

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Jean-Yves Laflamme a donc écrit un courriel au premier ministre François Legault. « Je crois, monsieur le premier ministre, que si vous pouviez organiser un pont aérien entre Malaga et Montréal dans les prochains jours, je suis convaincu que des centaines de Québécois reviendraient au Québec avec empressement, prétend-il dans sa communication. Soyons clair, il ne s’agit pas pour le gouvernement du Québec de financer un avion, mais bien de mettre à la disposition des voyageurs québécois une alternative de transport à prix intelligent pour éviter d’amplifier la crise au Québec. »

Dispendieux

Actuellement, les vols disponibles coûtent cher. En exécutant une recherche rapide, La Tribune a constaté que pour deux allers simples de Malaga à Montréal pour le 16 mars, les prix oscillaient entre 8242 $ et 14 895 $. Ces voyages comprenaient deux escales. Le vol le moins cher était prévu pour le 21 mars, coûtait 1467 $ et faisait escale à Paris. Parti du Québec la dernière semaine de février, M. Laflamme était censé revenir le 15 avril.

« Il y a des avions qui viennent [en Espagne]. Air Transat vient deux fois par semaine, explique M. Laflamme, qui voyage avec sa conjointe. Il faudrait qu’ils ajoutent des vols. On comprend qu’ils viennent presque vides, car personne ne s’en vient par ici [...] Plus tu as d’escales, plus tu risques d’être dans le trouble, car tu peux arriver dans un pays qui vient de fermer ses aéroports. »

M. Laflamme a reçu une communication d’Affaires mondiales Canada avertissant ses citoyens dans ce pays qu’ils ne peuvent se déplacer, sauf pour certaines nécessités, comme l’épicerie.

« Plus on reste ici, plus on a de risques de ramener le virus au Québec, pense le Sherbrookois. On ne peut pas dire que le virus est très fort ici, il est surtout dans la région de Madrid. Mais ça s’en vient. On va être de plus en plus exposé. »

Sa conjointe et lui sont confinés dans leur appartement. « La police et l’armée se promènent. Le transport en commun est seulement pour les travailleurs. Si les gens se font prendre à aller se promener, ils ont une contravention salée. Au deuxième délit, c’est la prison. Tu as l’impression de vivre l’état de guerre. Il n’y a pas un chat dans les rues », affirme M. Laflamme.

« [Samedi], on est allés marcher ma conjointe et moi. On trouvait qu’il n’y avait pas beaucoup de monde. On est allés prendre une bière au restaurant en face de notre appartement. En ouvrant la télévision, on a appris que tout était fermé et qu’on ne pouvait plus sortir », raconte celui qui a rencontré plusieurs Québécois lors de cette promenade.


« Il n’y avait pas de consignes. »
Jean-Yves Laflamme

Pourquoi ne pas être parti avant que le virus se propage? « C’est facile à dire après, répond M. Laflamme. Ça dégénère vite. Il n’y avait pas de coronavirus quand on est arrivés en Espagne. On s’est inscrit sur le site du gouvernement canadien pour être averti s’il se produisait quelque chose. On ne parle pas espagnol, on écoute les nouvelles du Québec. »

« Il n’y avait pas de consignes. Tellement que des gens sont arrivés il y a trois jours. Il y a quatre jours, ils fermaient la ville de Madrid. À ce moment, ils auraient dû mettre l’Espagne en rouge », résume M. Laflamme.

Voyages

Samedi, la députée de Compton-Stanstead, Marie-Claude Bibeau, rappelait aux Canadiens d’éviter tout voyage non essentiel. « C’est vraiment important d’enregistrer ce message. Si on décide de voyager quand même, il faut se demander si on est prêts à prolonger le séjour advenant que ce ne soit pas possible de revenir au pays si certains vols commerciaux ne sont plus disponibles », explique-t-elle, ajoutant que « vendredi après-midi, tous les pays sont passés au troisième niveau ».

Dimanche en soirée, sur le site de voyages du gouvernement canadien, un avertissement global recommandant d’éviter tout voyage non essentiel était en entête. Cependant, précisément pour l’Espagne, il était conseillé de prendre « des mesures de sécurité normales ».