De six, le nombre de scénarios pour les travaux dans le boisé Fabi est tombé à deux.
De six, le nombre de scénarios pour les travaux dans le boisé Fabi est tombé à deux.

Deux scénarios à l’étude pour le boisé Fabi

SHERBROOKE — Des six scénarios étudiés par la Ville pour le passage d’une rue et de conduites d’égout et d’aqueduc dans le boisé Fabi, il n’en resterait plus que deux, selon ce qu’a appris La Tribune. Ces scénarios doivent faire l’objet de discussions entre les élus municipaux lundi soir. 

Ces deux scénarios seraient ceux autorisés par le promoteur Jacques Vallée, propriétaire des terrains bordant le boisé. Il dispose aussi du droit, selon un contrat notarié en 2014, de construire une rue au milieu du boisé pour permettre un accès sécuritaire à ses quartiers et pour désengorger le boulevard Bertrand-Fabi.

À la Ville de Sherbrooke, on confirme que le promoteur peut réaliser le projet qui lui plaît davantage sans obligation de discuter avec la municipalité. On ajoute qu’il possède en réalité les droits pour le passage d’une rue, mais aussi pour la construction d’une conduite sanitaire au sud du boisé. Autrement dit, ce sont deux interventions dans le boisé qui sont autorisées.

La semaine dernière, l’Association citoyenne pour la protection du boisé Fabi affirmait ne pas avoir été consultée par la Ville dans l’élaboration des différents scénarios, mais indiquait préférer la construction d’un passage piétonnier à celle d’une rue asphaltée. Son président, François Villeneuve, a adressé une lettre au maire Steve Lussier vendredi dans laquelle il rapporte « avoir perdu confiance envers le conseiller [Pierre] Tremblay ». « Il y a un an, il nous parlait. À cette époque, il nous avait fait part d’une option prévoyant l’échange de terrains avec le promoteur. [...] Aujourd’hui, c’est le silence radio avec M. Tremblay! »

La même lettre a été envoyée à tous les élus lundi matin.

L’Association dit s’être opposée à un échange qui, selon elle, consistait à renoncer à « la plus belle [partie] du parc », soit une érablière. « M. Tremblay avait évoqué l’échange de terrains en mai l’an dernier. Il s’agissait de donner au promoteur une bande qui longe la rue Bertrand-Fabi contre des terrains plus hauts appartenant au promoteur. Mais la partie le long du boulevard est celle où la faune et la flore sont les plus intéressantes. On entend à travers les branches que ce serait encore sur la table. »

Le conseiller Pierre Tremblay se défend d’avoir été inactif dans le dossier. « Depuis le début de mon mandat, je travaille très fort pour que les gens puissent avoir plus qu’une option. Les discussions ne peuvent pas toujours se dérouler sur la place publique. Dans ce cas-ci, nous nous sommes entendus avec le promoteur pour que ça demeure privé jusqu’à ce que la Ville étudie les scénarios. Il doit ensuite y avoir une rencontre publique. Nous sommes très près de dévoiler les options sur la table. »

M. Tremblay ne veut pas préciser les détails des scénarios toujours envisagés, mais laisse entendre que l’échange de terrains pourrait bel et bien faire partie des options. « Le propriétaire peut faire ce qu’il veut de ces terrains puisqu’ils lui appartiennent. Je souhaite qu’il y ait une analyse objective du dossier. Une des options comporte plusieurs avantages et il faudrait nous laisser le temps d’en expliquer les détails. »

Le conseiller ajoute que cette situation ne peut être comparée à celle du parc Willie-Bourassa-Auger puisque dans ce cas-ci, des droits ont déjà été cédés au propriétaire des terrains.

François Villeneuve rejette l’argument selon lequel la Ville n’a aucun levier pour négocier.

La présidente du comité de l’environnement, Karine Godbout, rapporte qu’il s’agit d’un dossier politique auquel elle s’intéresse. « Ce qui est important, c’est que les citoyens soient consultés. C’est primordial. Ce genre de situation nous permet de regarder nos processus et de réaliser que nous pouvons les améliorer en travaillant en amont. »