Keila Batko et Véronique Cabana souhaitent ouvrir le centre de services pour les jeunes avec des besoins particuliers La Libellule dès le mois d’avril.

Deux mamans en renfort à Brompton

Deux mamans, Keila Batko et Véronique Cabana, prennent les grands moyens pour offrir des services à des enfants avec des besoins particuliers. Elles ont acheté le presbytère de Bromptonville et veulent le transformer en centre de services. Le centre La Libellule devrait voir le jour au mois d’avril.

« On connaît en tant que maman la réalité au quotidien et la pénurie des services, souligne Keila Batko, éducatrice spécialisée et mère de trois enfants, dont un atteint d’autisme et de déficience intellectuelle. Les coupures en santé ont un impact direct sur ce que les enfants et les jeunes adultes reçoivent comme services. Quand j’ai commencé ma carrière, on se rendait dans les familles, les milieux de garde ou les écoles pour faire de la stimulation. Mais avec les coupures dans les systèmes, les familles se retrouvent à tout faire. Elles doivent couvrir le quotidien avec leur enfant, mais aussi répondre au niveau de la stimulation. »

La Libellule offrira des services de stimulation et de réadaptation à des enfants de 0 à 6 ans avec ou sans diagnostic, mais qui ont un cheminement particulier au niveau de leur développement.

« On prend en exemple un jeune de deux ans qui présente des symptômes d’autisme, explique Mme Batko qui est également mère d’accueil de trois enfants avec des besoins particuliers. Il va se retrouver sur une liste d’attente pendant un an ou un an et demi avant d’être vu en pédopsychiatrie. Si jamais il y a un diagnostic d’autisme, il y aura encore un an d’attente avant d’être pris en charge. Les parents se retrouvent démunis et doivent attendre des années avant d’être soutenus dans leur quotidien. On essaie de briser un peu ça. On peut démarrer des interventions et soutenir la famille en attendant que l’enfant soit pris en charge. »

Le centre offrira aussi un volet pour les 21 ans et plus et les jeunes d’âge scolaire.

« Après 21 ans, il n’y a plus beaucoup pour ne pas dire aucun service, donc nous allons aussi les accueillir, explique Véronique Cabana, mère de trois enfants, dont un enfant ayant le trouble du spectre de l’autisme et un enfant ayant un trouble du déficit de l’attention. On pourra accueillir des jeunes d’âge scolaire pendant les journées de planification, la semaine de relâche ou durant un camp d’été. On veut être la continuité de la famille. On veut que les parents se sentent bien de reconduire leurs enfants ici. »


« On souhaite avoir des petits ratios. On veut avoir une éducatrice pour cinq jeunes. »
Keila Batko

Keila Batko et Véronique Cabana prennent possession du presbytère le premier mars. Des rénovations et des travaux suivront. Les deux mamans souhaitent accueillir les premiers jeunes en avril.

L’objectif est d’avoir 15 enfants et 15 jeunes adultes au centre en septembre.

« On souhaite avoir des petits ratios, ajoute Keila Batko. On veut avoir une éducatrice pour cinq jeunes, mais ça peut aller à des ratios d’un pour trois et même un pour un. On veut être en réponse aux jeunes, on ne veut pas qu’ils viennent juste passer la journée quelque part. »

Objectif 30 000 $ avec La Ruche Estrie

Pour épauler les deux mamans dans ce projet, une campagne de financement participatif a été lancée mercredi matin sur la plateforme de La Ruche Estrie. L’objectif est d’amasser 30 000 $ pour l’aménagement d’une salle multisensorielle et pour équiper la cour extérieure de balançoires adaptées, de modules de jeux et matériels de jardinage. Il s’agit du plus gros projet de La Ruche Estrie.

« La campagne est très importante parce qu’en ce moment, on prend sur nous d’acheter le presbytère et de faire les adaptations, résume Keila Batko. On souhaite vraiment couvrir les enfants à mobilité réduite. Ça prend des rampes d’accès, des salles de bain adaptées, etc. Si on est capable de dépasser le montant, on va même pouvoir accueillir plus rapidement des enfants avec de plus grands besoins. »