Félix Arguin (à gauche) et Guillaume Laporte (à droite), enseignants au Séminaire de Sherbrooke, ont reçu le Prix du premier ministre pour l’excellence dans l’enseignement.

Deux enseignants honorés à Ottawa

Pour Félix Arguin et Guillaume Laporte, deux têtes valent mieux qu’une. La méthode pédagogique novatrice des deux enseignants au secondaire au Séminaire de Sherbrooke a connu un tel succès qu’ils font partie des lauréats des Prix du premier ministre pour l’excellence dans l’enseignement en 2018.

Ces prix honorent les enseignants pour leurs réalisations exceptionnelles en éducation et pour leur engagement à aider la prochaine génération de Canadiens à acquérir les connaissances et les compétences dont ils ont besoin pour leur réussir dans un monde inspiré par les idées et propulsé par l’innovation.

« C’est un honneur incroyable, souligne Guillaume Laporte. Ça fait du bien de voir que notre travail est reconnu parce que souvent l’enseignement n’est pas nécessairement reconnu à sa juste valeur. Nous avons plus que jamais envie de poursuivre. Nous avons rencontré plein d’enseignants avec des idées géniales et j’espère vraiment qu’on va pouvoir garder le contact. »

Dans le cas de Félix et Guillaume, c’est grâce au projet Suivez nos traces, qu’ils ont pu serrer la main du premier ministre.

« C’est une philosophie différente, souligne Félix Arguin en entrevue téléphonique avec La Tribune. On dit souvent que ça prend un village pour élever un enfant et on pense souvent que ce village, c’est l’école, mais on veut l’étendre à toute la communauté. Pour vous donner un exemple, Guillaume enseigne la robotique et au lieu de commander des pièces sur Amazon, il a fait un partenariat avec Estrie Aide. Guillaume est débarqué avec sa classe et ils ont fait des ateliers de démontage d’appareils électroniques. Avec toutes les pièces qu’ils ont ramassées, ils ont bâti des kits pour les enfants qui veulent découvrir la robotique. Les élèves de Guillaume ont même fait des tutoriels sur YouTube. C’est un bel exemple d’entrepreneuriat étudiant. »

On peut penser que la robotique se prête plus facilement à ces méthodes d’enseignement, mais même les matières traditionnelles peuvent en bénéficier.

« J’enseigne le français donc c’est plus difficile d’intégrer les technologies, explique Félix Arguin. Mes étudiants ont des iPad et je leur ai fait faire un exposé oral dans une garderie devant un groupe de 4-5 ans au lieu d’une classe normale. Le thème était les contes et légendes. 

ls devaient s’adapter aux enfants qui ont de la difficulté de faire semblant d’aimer quelque chose. Ils ont donc dû apprendre et s’adapter. »

« On a aussi le projet Robin des pubs, poursuit-il. Traditionnellement, on faisait inventer un produit aux jeunes lorsque venait le temps d’enseigner la rédaction publicitaire. C’est un projet qui aboutissait inévitablement dans un classeur et il ne se passait plus rien par la suite. Ce que j’ai fait, c’est d’aller voir les organismes communautaires. Nos élèves sont allés les rencontrer et ils ont monté des affiches et des capsules vidéo pour faire la promotion. »

Les impacts sur la motivation des jeunes ont été immédiats selon M. Arguin.

« Ils n’ont pas nécessairement de comptes à rendre, mais on n’est plus dans le simulateur, c’est la vraie vie et c’est leur nom qu’ils associent à leur travail. Les consignes ne viennent pas du prof ou de l’école, le rapport est complètement différent. »

Tous les lauréats ont reçu une épinglette, ainsi qu’un certificat et une lettre de félicitations du premier ministre.

Jonction Éducation

Pour pousser leur idée encore plus loin, Félix et Guillaume ont décidé de franchir le pas et de mettre sur pied leur propre compagnie nommée Jonction Éducation.

Le mandat de l’entreprise : faire le lien entre la technologie et la population sur une base éducative.

« La technologie évolue rapidement et c’est très difficile de la démocratiser parce que souvent elle est assez dispendieuse, explique Félix Arguin. L’objectif final, c’est que les enseignants soient plus à l’aise avec les technologies. On veut aussi former les futurs enseignants. 

L’éducation mondiale se dirige dans cette direction. Il ne faut absolument pas passer à côté. La technologie offre trop d’avantages pour l’ignorer. »