Philippe Pagé estime que la décision de Récup Estrie crée deux classes de membres de la régie de récupération.
Philippe Pagé estime que la décision de Récup Estrie crée deux classes de membres de la régie de récupération.

Deux classes de villes membres à Récup Estrie?

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Le maire de Saint-Camille, Philippe Pagé, a très mal réagi à l’information selon laquelle la collecte des matières recyclables se poursuivrait normalement à Sherbrooke, dans les deux prochaines semaines, alors que les MRC des Sources et de Coaticook ont accepté de suspendre les leurs. « Visiblement, on ne travaille pas en équipe. »

Il a fait part de son mécontentement sur Facebook, entre autres, et compte donc envoyer une lettre à Récup Estrie pour demander que le partage des coûts ne touche pas les municipalités qui ont suspendu leur collecte. 

Rappelons que Récup Estrie doit interrompre ses activités de tri pendant deux semaines à partir du 29 mai pour procéder à l’outil de nouvelles chaînes de tri. Celles-ci permettront d’obtenir une plus grande qualité de papier et de carton à recycler. Alors que la Régie demandait aux municipalités membres de suspendre les collectes de matières recyclables le temps des travaux, de manière à éviter de devoir les entreposer, la Ville de Sherbrooke et le Haut-Saint-François se sont opposés. Leurs matières seront ramassées, mises en ballots, et traitées plus tard.

« Le problème, c’est que Sherbrooke semble crier plus fort. Il y a peut-être un lien avec le fait que notre président est un élu de Sherbrooke », dit M. Pagé. 

« Nous on paye 7 $ la porte comme toutes les autres villes membres et les citoyens de Sherbrooke recevront un service que Saint-Camille n’aura pas. Nous étions tous d’accord pour arrêter deux semaines. Même si je trouvais que ce n’était pas une bonne idée, je m’étais rallié. »

Philippe Pagé estime que Récup Estrie a manqué de leadership en accédant aux demandes de Sherbrooke. « Les Sources, on s’est parlé et on comprend les enjeux. On a regardé nos options et la dernière envisagée était de demander à nos citoyens de garder leurs matières à la maison. Nous avons pensé entreposer le recyclage, mais sans traiter la matière, il y avait des risques de contamination et d’odeurs. Nous devions prendre une décision ensemble à la MRC parce que c’est une autre régie qui ramasse nos matières recyclables. »

M. Pagé dit avoir expliqué à ses citoyens être allé au bout des choses et les avoir informés que la suspension de la collecte était la seule solution. « Quand j’ai vu dans La Tribune que Sherbrooke s’était négocié un deal et que le maire a l’air de nous le mettre dans la face, je me suis demandé où était notre entente. Les autres municipalités ont un traitement de faveur et ça m’a mis de mauvaise humeur. Je demande l’équité. Je trouve dommage que d’autres tirent la couverte sur leur bord. »

Selon lui, il est trop tard pour faire marche arrière dans la MRC des Sources pour la suspension de la collecte. « Le débat devrait se faire sur l’équité, surtout que la Régie a été restructurée pour permettre une plus grande collaboration. »

Philippe Pagé ne souhaite pas commenter la situation de Sherbrooke, où des blocs d’appartements risquaient de manquer d’espace pour entreposer les matières pendant deux semaines. « Je comprends que M. [Pierre] Avard (président de Récup Estrie) cherche des justifications, même si je les trouve mauvaises, mais je ne veux pas entrer dans une escalade d’arguments. Nous avons pris une décision de territoire et on apprend dans le journal qu’il n’y a pas de solidarité. »

M. Pagé s’attend à une réponse publique de M. Avard. « La balle est dans son camp pour rétablir un climat de confiance. »

Il n’a pas été possible de joindre Pierre Avard mercredi.