Les secours s’activent au Mozambique, dévasté par un cyclone et des inondations. Ci-dessus, une photo prise par Patrick Raymond, en mission avec la Croix-Rouge canadienne là-bas.

Deux catastrophes de front au Mozambique

L’infirmier sherbrookois Patrick Raymond a beau cumuler les missions humanitaires sur la planète et avoir vécu toutes sortes de catastrophes, de la guerre en passant par des tremblements de terre, les conditions dans lesquelles il travaille en ce moment au Mozambique sont les plus difficiles qu’il a connues. Le Sherbrookois est parti en mission il y a plus d’une semaine avec la Croix-Rouge afin de prêter main-forte à la population du Mozambique, dévasté à la fois par un cyclone et des inondations.

« Je pense que les gens ne saisissent pas l’ampleur de ce qui se passe (...) C’est comme s’il y avait eu deux catastrophes coup sur coup », lance-t-il en ajoutant que le choléra s’est mêlé de la partie.

Patrick Raymond et ses collègues se trouvent à Nhamatanda, à environ 100 km de Beira. Cette ville, située sur le bord de l’océan Indien, a été fortement touchée. L’équipe devait d’abord se rendre dans ce secteur, mais elle a finalement décidé de se rendre à environ 100 km à l’intérieur des terres, à Nhamatanda. « On supporte un hôpital rural où il y a un bloc chirurgical et un service de maternité. Il y a beaucoup d’endroits où le toit est arraché. Quand il pleut, il pleut sur les patients. La route qui relie Beira à Nhamatanda a été coupée. Ça prend environ trois heures pour faire 100 km... » Les dispensaires dans le secteur ont aussi gravement été touchés. L’hôpital de Nhamatanda est l’un des seuls hôpitaux de niveau 2 à offrir des chirurgies et un service de maternité dans les environs. 

« Initialement, on était censé supporter l’hôpital de Beira, mais comme tout le monde s’est lancé là-bas, on a décidé d’aller plus loin dans les terres. De plus en plus, les ONG viennent pas loin d’où on est. » Ils sont environ une quarantaine de délégués, dont plusieurs Québécois. 


L’infirmier sherbrookois du CIUSSS de l’Estrie-CHUS Patrick Raymond est actuellement au Mozambique avec la Croix-Rouge canadienne.

Choléra

Avec l’apparition du choléra, l’équipe met sur pied un centre de traitement du choléra. « L’épidémie est déjà commencée, il faut traiter les gens. »

Les journées de Patrick Raymond comptent rarement moins de 16 heures. « On a été une bonne partie de la journée sans électricité. Il n’y a pas d’eau dans une partie de la ville », racontait-il à la fin de sa journée, mardi. 

« On prend des camions et on fait livrer l’eau... Il fait chaud, il y a des maringouins, des cas de choléra et de diarrhée. C’est chaud, collant et humide. On prend une douche et tout de suite après on se remet à suer (...) On dort dans des chambres pourries, il n’y a pas d’air. C’est dans les conditions de vie les plus difficiles que j’ai connues », décrit celui qui occupe le poste de coordonnateur médical pour la Croix-Rouge canadienne dans cette mission et qui sera là jusqu’à la fin avril. 

« On va essayer de leur donner un minimum de fonctionnalités », lance-t-il en ajoutant qu’il ne peut pas utiliser le terme confort. 

Le Canada a annoncé le 23 mars une aide d’urgence initiale « pouvant atteindre 3,5 millions de dollars pour appuyer les organismes humanitaires qui interviennent » à la suite du passage dévastateur du cyclone tropical Idai.

Le cyclone Idai a frappé le Mozambique, le Malawi et le Zimbabwe le 15 mars. Le Canada a également fourni des approvisionnements de secours pour répondre aux besoins immédiats des personnes touchées par le cyclone. Des centaines de personnes ont perdu la vie et un grand nombre sont portées disparues, a rappelé le gouvernement canadien. 

En septembre dernier, Patrick Raymond s’est rendu en République démocratique du Congo à titre de spécialiste en prévention et en contrôle des infections en raison d’un foyer de cas d’Ebola. Il a aussi participé à plusieurs missions au Népal, en Somalie et en Haïti, entre autres.