Les Rancourt-Giguère ont célébré Noël quelque part sur l’océan entre les îles Canaries et le Cap-Vert, pays africain composé d’archipels au large du Sénégal.
Les Rancourt-Giguère ont célébré Noël quelque part sur l’océan entre les îles Canaries et le Cap-Vert, pays africain composé d’archipels au large du Sénégal.

Deux années en mouvement pour les Rancourt-Giguère

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
C’est sous les chauds rayons du Cap-Vert que la famille de François Rancourt et d’Annik Giguère passera le jour de l’An, après avoir célébré Noël quelque part sur l’océan entre les îles Canaries et le Cap-Vert, pays africain composé d’archipels au large du Sénégal.

Les deux ex-Wottonnais et leurs enfants de 13, 11 et 9 ans ont quitté la Tunisie au début du mois d’août pour un périple d’environ deux ans en catamaran autour du globe, qui doit les mener en Australie.

François Rancourt et sa famille sont arrivés à Mindelo il y a quelques jours à peine, après six jours de traversée, la plus longue jusqu’ici. « Il fait beau, il fait chaud, c’est animé dans les rues. On est en Afrique, c’est plus du tout l’Europe! » La famille y séjournera environ deux semaines, avant de repartir en direction des Caraïbes.

« On a fêté Noël en mer, c’était magique! Les enfants voulaient absolument avoir une ambiance de Noël », raconte François. Ne manquaient que la musique de circonstance — qu’il n’avait pas téléchargée, précise-t-il — et... la neige.  

Le catamaran L’Alchimiste a quitté Tunis et a vogué en direction de Malte, de la Sicile et de la Sardaigne, en passant aux îles Baléares et aux abords de la Costa del Sol en Espagne. La famille Rancourt Giguère s’est arrêtée trois semaines au Maroc avant de poursuivre aux îles Canaries, pour ensuite reprendre la route en direction du Cap-Vert. Les 4600 milles nautiques parcourus depuis le départ lui ont permis de contempler des décors grandioses. « C’est magnifique », décrit François. Jusqu’ici, tout se passe bien.

Les Rancourt-Giguère ont quitté Tunis en août dernier à bord de leur catamaran L’Alchimiste, ce qui les a emmenés à découvrir les côtes de Malte, de la Sicile, les îles Baléares et Canaries... entre autres.

Apprendre sur un bateau

Les enfants vivent une « année scolaire » tout autre, teintée par la navigation et les nombreuses escales. 

« Le premier mois, on n’a pas fait d’école. Ensuite, on a commencé à en faire le matin », raconte le passionné de voile, qui rappelle du même coup que c’est sa conjointe qui a pris en charge l’éducation des enfants. « Elle s’était constitué un stock de livres par matière pour suivre le programme québécois. On vient de finaliser l’étape qui se termine aux Fêtes... Elle s’est assurée de suivre la matière selon le nombre de sujets à couvrir. C’est sûr que c’est un défi. Je ne veux pas parler au nom d’Annik, mais ce n’est pas évident! » 

Pas toujours facile de se concentrer sur les cahiers lorsqu’on peut aller faire de la plongée!

« Le désavantage, c’est d’être entouré de trop de belles choses. C’est drôle à dire... » lance François Rancourt en riant. 

L’école en bateau a cependant l’avantage, pour les enfants, de pouvoir poursuivre leur parcours à leur propre rythme, avec une maman qui leur offre un accompagnement personnalisé. « Il faut voir le bon côté des choses. Les opportunités qu’ils vivent, ça ne repassera pas. Ils apprennent beaucoup, autrement. » 

Vivre à cinq sur un bateau demande tout de même un peu d’adaptation.

Pendant ce que François Rancourt appelle « la phase d’adaptation », au début du séjour, les enfants étaient toujours dans la même pièce, et ce, même s’ils ont chacun leur chambre... et que l’embarcation compte plusieurs espaces communs. Le trio s’est fait une kyrielle d’amis, au gré des destinations. La famille en a rencontré d’autres, comme elle, qui parcourt le monde en bateau. Les équipages ont parfois fait un bout de chemin ensemble. « Ce sont des liens qui se sont créés rapidement. Même si on est resté ensemble une semaine ou deux, ce sont des gens à qui on va écrire pendant des années. »

La famille savait, bien avant le départ, que la promiscuité serait un enjeu. Et c’est le cas! « Quand ça ne va pas, au Québec, tu peux aller voir un ami, prendre une bière, voir ta mère. Ici, tu ne peux pas faire ça », illustre le père de famille. 

Comment entrevoit-il l’année 2020?  

L’année 2020 sera celle de deux grandes traversées, l’Atlantique d’abord et le Pacifique en juillet-août. 

« Ce sera une année en mouvement. Pour nous, une fois qu’on aura traversé l’Atlantique, ce sera un cap psychologique assez important. Je pense qu’on est déjà assez confiants dans nos capacités à naviguer et à gérer les conditions. Après le cap psychologique de l’Atlantique, on va être prêts pour continuer de bonnes traversées. »

Après le Cap-Vert, l’Alchimiste mettra le cap vers les Caraïbes pour les six prochains mois.

Au printemps prochain, François Rancourt et sa conjointe proposeront de l’hébergement à bord de leur catamaran sur la plateforme Airbnb. 

Pour suivre leur aventure, on peut consulter le blogue cata-lalchimiste.blogspot.com ou encore leur page Facebook Catamaran L’Alchimiste.