La situation au C.A. de Destination Sherbrooke suscite de vives réactions, entre autres d’Évelyne Beaudin, qui y voit un manque de confiance des administrateurs envers Annie Godbout, et de Rémi Demers, qui souhaite qu’on cesse de faire de la politique sur le dos de l’organisation paramunicipale
La situation au C.A. de Destination Sherbrooke suscite de vives réactions, entre autres d’Évelyne Beaudin, qui y voit un manque de confiance des administrateurs envers Annie Godbout, et de Rémi Demers, qui souhaite qu’on cesse de faire de la politique sur le dos de l’organisation paramunicipale

Destination Sherbrooke : « Ça n’a pas d’allure ce qui se passe! »

Inacceptable! C’est le mot employé par le conseiller Vincent Boutin pour décrire la gestion au conseil d’administration de Destination Sherbrooke et dévoilée dans La Tribune jeudi matin. Évelyne Beaudin se demande si Annie Godbout doit continuer de mener la charge en matière de développement économique alors que Rémi Demers estime qu’il faudra laisser Destination Sherbrooke travailler.

Rappelons que Destination Sherbrooke a défrayé les manchettes la semaine dernière après que l’ex-présidente, Annie Godbout, eut avoué avoir retenu des procès-verbaux. On apprenait cette semaine que le comité exécutif avait suggéré la démission d’un administrateur, Sylvain Beauséjour, qui s’était montré critique envers la Ville sur Facebook.

« Ça n’a pas d’allure ce qui se passe. Si Bernard Sévigny avait gardé un document secret jusqu’à ce qu’un vote soit pris ou s’il avait dit à des membres d’un conseil d’administration de se taire, imaginez le tollé qu’il y aurait eu au conseil municipal », lance Vincent Boutin.

« C’est inacceptable quand on demande à des bénévoles de s’impliquer de les traiter comme ça. On veut les entendre quand ça va bien, mais on veut aussi qu’ils s’expriment quand ça va mal. »

En conséquence, Vincent Boutin voit mal comment quelqu’un aurait envie de s’impliquer dans le développement du tourisme à Sherbrooke en ce moment.

Évelyne Beaudin comprend à la lecture des événements que la confiance n’est plus là, à Destination Sherbrooke, envers l’ex-présidente Annie Godbout. « Je comprends que les membres du C.A. ont voulu travailler dans le même sens qu’elle, mais qu’ils se sont sentis abandonnés en fin de parcours et qu’ils regrettent de lui avoir fait confiance. »

Dans ce contexte, Mme Beaudin s’interroge à savoir si Annie Godbout doit continuer de porter le dossier du développement économique. Le conseil municipal avait reporté en mars une décision qui devait permettre de nommer Mme Godbout à la présidence du comité du développement économique. Elle agit pour le moment à titre de coporte-parole avec le maire Steve Lussier.

« On parle de collaboration avec les organismes pour redéfinir les mandats, mais la collaboration repose uniquement sur la confiance. Il y a des gens un peu plus rassembleurs qui pourraient jouer ce rôle-là, comme Rémi Demers. Je trouverais important que le choix du conseil soit supporté par les acteurs du développement économique », dit Mme Beaudin. Vincent Boutin ne va pas aussi loin, mais convient qu’il sera préférable que ce ne soit pas Mme Godbout qui parle aux intervenants du tourisme. « Annie Godbout a fait son mea culpa. Pour le tourisme, il serait sage de partir avec une nouvelle dynamique. »

Évelyne Beaudin croit pour sa part qu’il faut respecter la liberté d’expression des membres des conseils d’administration. « La demande de démission ressemble à de l’utilisation du code d’éthique à des fins politiques. C’est symptomatique d’une dérive de vouloir judiciariser tous les débats politiques. »

Sans porter de jugement à propos d’un comité auquel elle ne siégeait pas, Mme Beaudin rapporte qu’il est important de créer un climat pour que les administrateurs soient à l’aise d’inscrire leur dissidence. « C’est malsain quand tout est toujours adopté à l’unanimité. Ça crée un inconfort quand il y a des opinions divergentes. »

Annie Godbout

Laissez Destination Sherbrooke travailler

Rémi Demers a quant à lui défendu le tourisme à titre de président de Destination Sherbrooke pendant quatre ans. Il refuse de porter un jugement sur le travail de sa collègue Annie Godbout, mais estime qu’il faut cesser de s’acharner sur Destination Sherbrooke. « Le repositionnement des mandats a lieu d’être. Selon moi, les budgets demeurent importants. Je persiste à croire que c’est un organisme qui est bien géré et qu’il va falloir laisser les gens travailler. C’est toujours plus efficace quand on se parle entre quatre murs et qu’on évite de faire des débats publics sur le dos d’une organisation. On dénonce qu’un administrateur critique les élus, mais les élus ont fait la même chose en critiquant l’organisation. Le conseil que je donnerais à tout le monde serait d’être plus pondéré. »

M. Demers ne jette pas la pierre à Sylvain Beauséjour, qualifiant son apport de « contribution très positive à l’organisation ». « Dans un monde idéal, il faut éviter de faire de la politique dans ce sens-là, mais les élus ont fait beaucoup de politique sur le dos de Destination Sherbrooke, qui n’est pas moins performant que les autres. C’est Destination Sherbrooke qui a pris le blâme pour certains projets alors que la responsabilité revenait au conseil, parce que c’est nous qui donnons le mandat. »

Rémi Demers ne rapporte aucun comportement déplacé des administrateurs pendant sa présidence. « En 2015, on avait coupé 1 M$ et 12 postes. Il y avait eu une crise, mais il y a toujours eu une harmonie au C.A. Beaucoup des membres du C.A. sont des gens que j’avais suggérés. »

Chantal L’Espérance indique ne pas avoir pris connaissance des publications de M. Beauséjour, mais estime qu’il faut se demander ce qui est le mieux pour le tourisme : ce qui a été dit ou ce qu’il peut apporter au C.A.? « Des commentaires déplacés à propos de moi, j’en vois souvent sur les médias sociaux. Je ne m’en formalise plus. Il n’y a personne au conseil qui ne travaille pas pour les intérêts de la population. »

Elle juge, après réflexion, que les organisations paramunicipales auraient pu être mises à contribution plus tôt dans la réflexion. « Les décisions reviennent au conseil, mais il n’est pas mauvais de se laisser influencer. Si on n’est pas content des résultats à Destination Sherbrooke, c’est peut-être parce que nous ne leur avons pas donné les bons mandats. »

Rémi Demers

Des annonces lundi

Pour le maire Steve Lussier, les propos de Sylvain Beauséjour sont inacceptables, mais il se réjouit de savoir que celui-ci a « changé de comportement ». Il assure par ailleurs qu’il sera plus sévère à l’avenir et qu’il n’acceptera plus que des procès-verbaux soient déposés dans un délai déraisonnable, à moins d’une bonne raison.

Avait-il eu vent d’une certaine bisbille ou de certains inconforts au conseil d’administration de Destination Sherbrooke? « Nous avions mis des gens en place pour faire le travail et le travail a été fait. Il est normal qu’il y ait de l’échange au sein d’un C.A. Mais je veux que le travail se fasse. Nous sommes dans la relance et je demande à tout le monde d’être constructif. »

S’occupera-t-il lui-même des relations avec Destination Sherbrooke dans le futur? « Lundi, nous annoncerons exactement qui composera le comité de développement économique. Je ne commenterai pas d’ici là. »

Chantal L’Espérance rapporte que Danielle Berthold et elle, en tant que membres du comité exécutif et ex-administratrices de Destination Sherbrooke, ont été invitées à joindre le comité de développement économique. « En fonction des différents dossiers, il ne sera pas mauvais d’avoir des intervenants différents pour intervenir auprès des organisations paramunicipales. »