Amnistie internationale a tenu son marathon d'écriture à Sherbrooke.

Des vœux pour les prisonniers d'opinion

SHERBROOKE - La campagne Cartes de vœux est enclenchée. Amnistie internationale recueille les cartes postales signées par des citoyens pour les envoyer à des prisonniers d'opinion. Mots d'encouragement, vœux pour le Nouvel An, dessins ou pensées positives; toutes les formules sont bonnes pour envoyer du courage aux victimes de violation des droits humains partout dans le monde.

«C'est super important de donner un appui aux prisonniers politiques. Cette année, ce sont des prisonnières politiques. Elles reçoivent ça dans plusieurs langues et se rendent compte qu'elles ne sont pas seules, qu'il y a des gens qui pensent à elles. C'est un geste qui est simple. Ce qui est super, c'est qu'il y a un taux de réussite. Il y a des prisonniers d'opinion qui sont libérés à la suite des campagnes. On se demande ce qu'on peut faire pour eux? Bien, on sort et on écrit une carte. Des milliers de cartes ensemble peuvent faire pression sur des pays», partage Caroline Custeau, présente pour signer des cartes samedi à la Biblairie GGC de Sherbrooke.

«On s'aperçoit de la présence des femmes très souvent dans des situations où elles se mettent en péril pour leurs croyances ou leurs convictions. Il y a encore des pays où les femmes ne sont rien. On veut rehausser l'image des femmes et leur dire qu'elles ne sont pas seules», explique la bénévole Nicole Laurendeau.

À l'hôtel de ville

Un marathon d'écriture se tiendra aussi à l'hôtel de ville de Sherbrooke le 17 décembre prochain, le jour même où le budget de fonctionnement sera adopté par le conseil municipal. L'objectif sera d'obtenir justice pour la famille d'une politicienne brésilienne assassinée dans sa voiture en mars dernier.

«Un marathon d'écriture consiste à écrire directement à des personnes qui sont en danger ou persécutées, comme ç'a déjà été le cas pour Raif Badawi, ou aux familles de personnes disparues pour leur offrir notre soutien. Ce qui est génial avec ces campagnes d'écriture, c'est qu'elles fonctionnent dans 76 % de cas, où on réussit à entraîner la libération des gens ou à obtenir justice pour la famille dans le cas de personnes assassinées», explique la conseillère municipale Évelyne Beaudin.

«Le 17 décembre, on tentera de faire en sorte que justice soit rendue pour la famille et la conjointe de Mme Marielle Franco, une politicienne brésilienne. Elle a été conseillère parlementaire et a défendu les droits humains et la citoyenneté. Surtout, elle était conseillère municipale quand elle a été assassinée. Elle a été élue à Rio de Janeiro en 2016. Elle était issue des favelas, les quartiers pauvres d'Amérique latine, et son élection avait inspiré beaucoup d'espoir pour la population défavorisée. Elle a été assassinée dans son auto en pleine rue le 14 mars dernier, un crime qui demeure impuni malgré le soulèvement populaire dans le pays entier.»

Le marathon d'écriture se tiendra de 13 h 30 à 22 h dans le hall d'entrée de l'hôtel de ville.

Il sera aussi possible d'écrire des cartes postales au Café communautaire de Richmond, le 13 décembre, de 10 h 30 à 15 h 30. Il est également possible d'envoyer des mots de soutien à partir du site Web http://marathons.amnistie.ca.

L'objectif de la section canadienne-francophone est d'envoyer 80 000 cartes.